Septembre et octobre 2026 s’annoncent comme une période exceptionnelle pour les amateurs de cinéma : entre grands retours attendus, premières réalisations prometteuses et films primés à Cannes, le calendrier des sorties regorge de rendez-vous à ne pas manquer. Voici comment naviguer dans cette rentrée cinématographique particulièrement dense.
Des films événements qui marquent le retour de franchises cultes
Près de trente ans après l’original, Les Ensorceleuses 2 de Susanne Bier ouvre le bal dès le 9 septembre. Nicole Kidman et Sandra Bullock avaient incarné les sœurs Owens en 1998, dans une comédie romantique teintée d’ésotérisme qui, malgré un échec commercial retentissant à sa sortie, s’est imposée comme un film culte au fil des années. Ce reboot devra donc relever un défi de taille : convaincre un public désormais acquis à la légende du premier opus.
Le même jour, Adieu monde cruel de Félix de Givry propose une tout autre expérience. Milo Machado-Graner, révélé dans Anatomie d’une chute, y joue un adolescent harcelé qui, après avoir tenté de mettre fin à ses jours, choisit de rester dans l’ombre plutôt que de réapparaître. Porté par la voix de Françoise Lebrun et cosigné par Ugo Bienvenu, le récit assume un héritage de la Nouvelle Vague tout en laissant affleurer un besoin irrépressible de vivre.
Dix jours plus tard, le 10 septembre, c’est le grand retour de Dix pour cent sur Netflix. La série avait remporté en 2021 le prix de la meilleure comédie aux Emmy Awards. Ce film réalisé par Émilie Noblet permet de retrouver Andrea, Matthias, Hervé et Noémie, six ans après la fin de la série, aux côtés d’invités comme Laetitia Casta, Vincent Macaigne et Eva Longoria.
Films primés à Cannes et œuvres d’auteur à surveiller
La rentrée 2026 est aussi celle des films qui ont marqué la 79ème édition du Festival de Cannes. Parmi eux, Notre Salut d’Emmanuel Marre, récompensé du Prix du scénario, sort le 30 septembre. Swann Arlaud y incarne un personnage ordinaire pris dans l’engrenage de la Collaboration, en septembre 1940 à Vichy. Le cinéaste s’intéresse non pas aux figures célèbres mais à son propre grand-père, Henri Marre, ingénieur aux ambitions troubles. La mise en scène, comparée à un The Office en pleine Seconde Guerre mondiale, a emballé la Croisette.
Hope de Na Hong-jin, attendu le 28 octobre, est lui aussi venu secouer Cannes. Ce long-métrage coréen de près de trois heures se déroule dans une petite ville portuaire où la vie bascule après la découverte de vaches massacrées sans explication. Le cinéaste, à qui l’on doit The Chaser (2008), signe une œuvre de genre difficile à définir, déjà considérée comme l’un des grands chocs de l’année.
Le 14 octobre, Minotaure d’Andreï Zviaguintsev marque le grand retour du cinéaste russe, neuf ans après Faute d’amour. Tourné en Lettonie, le film suit un chef d’entreprise dont la vie est bouleversée par un coup de téléphone annonçant la mobilisation. Sans montrer la guerre frontalement, Zviaguintsev, qui vit désormais en exil en Europe, la fait peser sur chaque scène d’un psychodrame bourgeois qui tourne au tragique.
Premières réalisations et retours de cinéastes confirmés
- La Gradiva de Marine Atlan (21 octobre) : premier long-métrage de la directrice de la photographie, qui suit un voyage scolaire de lycéens à Naples.
- Mémoire de fille de Judith Godrèche (30 septembre) : adaptation du récit autobiographique d’Annie Ernaux, second long-métrage de la réalisatrice après Toutes les filles pleurent (2010).
- Garance de Jeanne Herry (23 septembre) : porté par Adèle Exarchopoulos et Sara Giraudeau, le film suit une actrice dont la consommation d’alcool croissante mène jusqu’à frôler la mort.
- Histoires de la nuit de Léa Mysius (16 septembre) : troisième long-métrage de la réalisatrice d’Ava, adapté du roman de Laurent Mauvignier, avec Monica Bellucci et Benoît Magimel.
- Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun (17 septembre) : troisième volet de la trilogie de la cinéaste non-binaire, avec Hannah Einbinder et Gillian Anderson, présenté à Biarritz.
Adaptations littéraires et productions à grand spectacle
La littérature française s’invite massivement dans les salles cet automne. Fred Cavayé s’attaque aux Misérables de Victor Hugo le 14 octobre, avec Vincent Lindon, Camille Cottin, Tahar Rahim et Noémie Merlant. Le réalisateur entend rester proche de l’intrigue originale tout en mettant davantage en lumière les personnages féminins, souvent relégués au second plan dans les adaptations précédentes.
Le Fantôme de l’Opéra d’Alexandre Castagnetti arrive quant à lui le 28 octobre, avec Deva Cassel dans le rôle principal. Dans cette version, son personnage est une danseuse de ballet plutôt qu’une chanteuse, et l’intrigue se déroule autour d’une réinterprétation de l’opéra Orphée. Romain Duris et Julien De Saint-Jean complètent le casting.
Du côté des adaptations de Jane Austen, Raison et sentiments de Georgia Oakley sort le 23 septembre avec Daisy Edgar-Jones, connue pour son rôle de Marianne dans la série Normal People. L’actrice rejoint ainsi la longue liste des comédiennes qui se sont essayées aux classiques de la romancière anglaise, après Anya Taylor-Joy dans Emma (2020) et Dakota Johnson dans Persuasion (2022).
Événements cinéphiles et sorties très attendues en octobre
Le 7 octobre, The Social Reckoning d’Aaron Sorkin prolonge l’univers de The Social Network. Jeremy Strong incarne Mark Zuckerberg, Jeremy Allen White joue le journaliste Jeff Horowitz à l’origine des Facebook Files, et Mikey Madison, oscarisée pour Anora, interprète la lanceuse d’alerte Frances Haugen. Sorkin, qui assume ici la réalisation, s’est inspiré des événements du 6 janvier 2021 au Capitole.
Enfin, le 28 octobre voit aussi la sortie des Diables de Ken Russell, restauré en 4K dans sa version director’s cut à partir du négatif caméra original. Ce film de 1971, souvent cité parmi les plus controversés de l’histoire du cinéma, avait été présenté dans la sélection Cannes Classics lors de la 79ème édition du festival. La restauration a été réalisée par Clockwork, nouvelle filiale de Warner Bros. pilotée par Christian Parkes.
Le 23 septembre réserve encore une surprise avec Primetime de Lance Oppenheim, premier long-métrage de fiction produit par A24, attendu à la Mostra de Venise 2026. Robert Pattinson y joue Chris Hansen, journaliste de NBC dont les opérations télévisées contre les prédateurs sexuels ont marqué le milieu des années 2000. La chanteuse Phoebe Bridgers y fait ses débuts au cinéma.



