Dom Pérignon et Baccarat ont uni leurs savoir-faire pour créer une pièce hors du commun, née de trois années de travail et d’une rencontre inattendue avec l’artiste Mathias Kiss. Cette sculpture-écrin en cristal, limitée à dix exemplaires numérotés et signés, raconte une histoire qui commence bien avant les ateliers de l’Est de la France.
Une rencontre humaine au cœur d’un projet d’exception
Tout commence par une visite à l’Abbaye d’Hautvillers, berceau de la maison de champagne. C’est là qu’est enterré Dom Pierre Pérignon, le moine bénédictin qui posa les fondations de la maison à partir de 1668. Pour Mathias Kiss, artiste parisien d’origine hongroise formé auprès des Compagnons du Devoir, ce lieu fut une révélation.
« Je ne savais pas que derrière Dom Pérignon, il y avait une personne », confie-t-il. De cette émotion naît une envie de matérialiser la mémoire d’un homme et d’une maison. Ainsi, le projet prend forme autour du cristal de Baccarat, seul matériau jugé capable de traduire cette charge symbolique.
Pour Charlotte Joyeux, Directrice Marketing de Dom Pérignon, la rencontre avec Mathias Kiss s’imposait naturellement. « Dans son œuvre, il y a quelque chose de très authentique qui fait écho à la façon dont nous travaillons le vin. » De plus, Mathias Kiss est un ancien Compagnon du Devoir, peintre spécialisé dans la restauration de monuments historiques pendant une dizaine d’années.
« Cette pièce n’aurait pas de sens pour une autre Maison. C’est un trait d’union entre mon passé de restaurateur et mon travail d’artiste. » – Mathias Kiss
L’abbaye, le glaçon et l’ombre d’un fantôme
La pièce imaginée par Mathias Kiss est une structure en cristal posée sur un socle en bois. En son centre, elle abrite un jéroboam du Dom Pérignon Vintage 2012. L’artiste y a synthétisé trois directions nées de sa visite à Hautvillers : la notion de glaçon, l’élévation architecturale de l’abbaye, et une présence fantomatique.
« Il y a une évocation de l’abbaye, du clocher. On ne sait pas si c’est une ruine ou si c’est un souvenir – durant ma visite, j’avais l’impression que l’ombre de Dom Pérignon me regardait. » Le cristal s’impose ainsi comme le seul matériau capable de rendre cette qualité à la fois protectrice et spectrale.
- 10 exemplaires numérotés et signés dans le monde
- 30 kilos de cristal par pièce
- 3 années de développement entre Dom Pérignon, Mathias Kiss et Baccarat
- Un jéroboam du Dom Pérignon Vintage 2012 abrité au centre de la structure
- Une fabrication par formage à chaud selon la technique de la cire perdue, dans les ateliers de Baccarat dans l’Est de la France
Le défi technique des maîtres verriers de Baccarat
La cristallerie Baccarat est entrée dans le projet pour relever le défi qu’imposait l’échelle monumentale de la pièce. Charlotte Joyeux se souvient d’un « mélange d’excitation intense et de doute » à la découverte du projet. Le développement a par ailleurs nécessité plusieurs mois de dialogue entre les équipes.
Clément Houssiaux-Proust, directeur des produits, marketing et communication pour Baccarat, détaille la méthode retenue : un formage à chaud selon la technique de la cire perdue, où chaque moule unique est sacrifié lors du démoulage. La pièce est à la fois très grande et très fine, ce qui rend chaque étape particulièrement délicate.
Le processus exige quinze heures de four. Vient ensuite un travail entièrement manuel, facette par facette. Les artisans de Baccarat portent une attention toute particulière aux arêtes verticales, élancées et fines de la sculpture. « Les lignes tendues sont toujours un challenge dans le travail du cristal, il faut tout re-polir à la main pour retrouver de la pureté dans le dessin », précise Clément Houssiaux-Proust.
Pourtant, au-delà de la technique, c’est la rigueur partagée qui rend cette édition possible. Baccarat ne livre pas une pièce en deçà de ses standards, de même que Dom Pérignon ne déclare pas un millésime qui ne répond pas à ses exigences.
Trente kilos de cristal Baccarat polis à la main, arête par arête
Une fois la pièce démoulée, le travail de finition commence. Chaque ligne est retravaillée à la main afin de retrouver le dessin imaginé par l’artiste. Ce soin du détail, caractéristique du savoir-faire de Baccarat, est aussi ce qui garantit la cohérence visuelle de la sculpture avec la vision de Mathias Kiss.
La structure finale pèse trente kilos. Ce poids traduit concrètement l’ampleur du projet et la densité du cristal utilisé. Chaque exemplaire est ainsi un objet unique dans sa fabrication, même si dix pièces composent l’édition.
Patrimoine, audace et refus du compromis avec Baccarat
Ce qui unit les trois acteurs de ce projet, c’est un rapport identique à l’exigence. Dom Pérignon ne déclare pas un millésime qui ne répond pas à ses critères. Mathias Kiss, de son côté, ne signe pas ce qui ne lui ressemble pas. Par conséquent, cette édition tient autant de la transmission que de la création pure.
Pour Charlotte Joyeux, « les plus belles choses naissent de la rencontre entre le patrimoine, l’audace, et surtout le dialogue humain. » Mathias Kiss, lui, voit dans cette pièce le prolongement direct de son parcours de restaurateur. « Mon travail s’inscrit dans une volonté de prolonger, continuer un héritage, mais aussi de le réparer, d’innover, et surtout de faire sens. »
Ainsi, cette sculpture-écrin en cristal de Baccarat dépasse le statut d’objet de luxe. Elle devient un objet-mémoire, porteur d’une histoire qui remonte à 1668, réinterprétée avec les gestes d’aujourd’hui. C’est précisément ce dialogue entre les siècles qui donne à la pièce sa force singulière.




