Partir en voyage hors de la zone euro réserve parfois de mauvaises surprises sur le relevé de compte. Les frais bancaires à l’étranger s’accumulent discrètement, à chaque paiement par carte ou retrait au distributeur, et peuvent peser bien plus lourd que prévu sur votre budget estival.
Une facture qui grimpe sans qu’on le voie venir
Le comparateur Panorabanques chiffre à 42,60 euros en moyenne les frais bancaires à l’étranger pour chaque tranche de 1 000 euros dépensée, selon des données portant sur 2025. C’est une hausse de 1,2 % par rapport à l’année précédente. Ainsi, pour un séjour de deux semaines où vous dépensez 2 000 euros, ce sont plus de 85 euros qui partent en commissions.
Car votre banque applique en réalité deux types de ponctions hors zone euro. D’un côté, une commission fixe, de quelques centimes par paiement ou quelques euros par retrait. De l’autre, une commission variable, souvent autour de 2 à 2,5 % du montant total de chaque transaction. Ces deux couches se cumulent, ce qui explique pourquoi les prélèvements, bien que discrets sur chaque opération, finissent par alourdir sérieusement l’addition.
Pourtant, plusieurs solutions concrètes permettent de réduire ou même d’éliminer ces coûts. Tout dépend du niveau d’engagement que vous souhaitez adopter avant le départ.
Adapter ses habitudes de retrait pour limiter les coûts
Si vous ne souhaitez pas changer de compte ni souscrire à une offre spécifique, une règle simple réduit déjà les frais bancaires à l’étranger : privilégiez les retraits en espèces peu fréquents mais importants. Puisque la commission fixe s’applique à chaque opération, un seul retrait d’un montant élevé revient moins cher que plusieurs petits retraits successifs.
De plus, commander vos devises avant de partir, directement auprès de votre agence bancaire en France, reste souvent plus avantageux que de changer de l’argent sur place. Les bureaux de change dans les aéroports, les gares ou les centres-villes étrangers appliquent des taux moins favorables, avec des marges importantes et parfois des frais fixes élevés. Prévoyez cette démarche plusieurs jours à l’avance, car elle n’est pas immédiate.
Si vous devez malgré tout changer de l’argent à l’étranger, privilégiez des établissements hors des zones touristiques. Comparez toujours les taux affichés et vérifiez s’il s’agit d’un taux d’achat ou d’un taux de vente.
Les options proposées par les banques traditionnelles
Vous tenez à garder votre banque habituelle ? Certains établissements ont conçu des formules pour voyager sans subir les frais bancaires à l’étranger habituels. La Société Générale propose ainsi l’option « Voyageurs », facturée 26 euros par an, qui couvre l’ensemble des paiements et retraits à l’étranger et inclut des avantages comme l’accès à des salons d’aéroport.
BNP Paribas et LCL offrent quant à elles des formules mensuelles, comprises entre 10 et 15 euros. Ces offres deviennent rentables si vous partez plusieurs semaines, à condition de penser à résilier l’option à votre retour. Le CIC et certaines caisses du Crédit Mutuel proposent, eux, une dizaine de paiements illimités et trois retraits hors zone euro pour un forfait annuel d’environ 20 euros.
Ces formules conviennent donc bien aux voyageurs réguliers ou à ceux qui partent pour de longues périodes. En revanche, pour un court séjour, le calcul mérite d’être fait au préalable.
- Société Générale : option « Voyageurs » à 26 euros par an, paiements et retraits couverts à l’étranger
- BNP Paribas et LCL : formules mensuelles entre 10 et 15 euros
- CIC et Crédit Mutuel : forfait annuel d’environ 20 euros pour une dizaine de paiements et trois retraits hors zone euro
- Revolut Standard : retraits gratuits limités à 200 euros par mois
- Sumeria : plafond gratuit à 250 euros par mois ou trois retraits
- N26 : paiements en devises gratuits, retraits facturés à 1,7 % sans option supplémentaire
Ce que valent vraiment les néobanques pour voyager
Les néobanques, non affiliées à des groupes bancaires existants, séduisent de plus en plus de voyageurs qui veulent éviter les frais bancaires à l’étranger. Elles permettent de payer en devises sans commission et proposent soit une carte physique, soit une carte virtuelle intégrée au téléphone via Apple Pay ou Google Pay.
Chez N26, les paiements en devises sont gratuits, mais les retraits hors zone euro sont limités ou surtaxés selon l’offre : sans option, ils coûtent 1,7 % du montant. Revolut et Sumeria fixent des plafonds mensuels gratuits, de 1 000 à 3 000 euros selon l’offre, avant d’appliquer des commissions.
Ces plafonds suffisent pour la plupart des séjours classiques. Pourtant, un voyageur qui dépense davantage ou effectue de nombreux retraits peut se retrouver à payer des frais bancaires à l’étranger comparables à ceux d’une banque classique passé ce seuil.
Banques en ligne : une alternative solide pour les voyageurs fréquents
Les banques en ligne constituent une autre piste sérieuse pour supprimer les frais bancaires à l’étranger. Contrairement aux néobanques, elles sont adossées à de grands groupes bancaires français. Ainsi, BoursoBank appartient à la Société Générale, Fortuneo au Crédit Mutuel Arkéa, Hello bank ! à BNP Paribas, Monabanq au Crédit Mutuel Alliance Fédérale et BforBank au Crédit Agricole.
Ces établissements proposent des cartes gratuites avec paiements et retraits sans surcoût hors zone euro, selon leurs offres respectives. C’est donc une solution particulièrement adaptée pour les personnes qui voyagent régulièrement ou qui séjournent longtemps hors de France.
Ouvrir un compte dans une banque en ligne demande un peu de temps, mais cela ne nécessite pas de fermer son compte principal. Beaucoup de voyageurs utilisent ainsi les deux en parallèle : leur banque habituelle au quotidien, et une banque en ligne dès qu’ils franchissent la frontière de la zone euro. C’est une façon simple et efficace de ne plus subir les frais bancaires à l’étranger sans bouleverser toute son organisation financière. Cette stratégie reste l’une des plus souples pour maîtriser ses dépenses, quel que soit le type de voyage envisagé.




