Cet été 2026, les expositions à Paris couvrent un spectre artistique rare : du brouillard sculptural à la photographie de mode, en passant par le graffiti et la physique quantique. Si la chaleur rend les rues difficiles à arpenter, six rendez-vous culturels offrent une bonne raison de pousser les portes des institutions parisiennes.
Quand la mode et la photographie prennent la rue
Parmi les expositions à Paris les plus attendues de la saison, celle de Christopher Barraja chez Saint Laurent Babylone retient l’attention. Né à Nice en 1996, ce photographe franco-australien a d’abord étudié l’architecture à Marseille avant d’intégrer l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs. Victime d’un AVC à l’âge de 20 ans, il oriente ensuite sa pratique vers les dimensions invisibles et émotionnelles de son environnement.
Lauréat du Prix Picto de la Photographie de Mode en 2022 et finaliste de la 37e édition du Festival International de Mode, de Photographie et d’Accessoires de Hyères la même année, Barraja attire l’attention d’Anthony Vaccarello, directeur artistique de la maison Saint Laurent. Ainsi naît l’exposition Daydreaming of Him, présentée au 9 Rue de Grenelle, 75007 Paris, jusqu’au 13 septembre 2026.
Dans le même registre photographique, la Maison Européenne de la Photographie consacre pour la première fois une rétrospective à Camille Vivier. L’artiste française retrace plus de vingt-cinq ans de création. Elle a débuté comme assistante pour Purple Magazine à la fin des années 1990, avant de signer des éditoriaux pour I-D, Dazed, Another Magazine ou The New Yorker. Ses images de femmes puissantes, traversées de silhouettes sculpturales et d’objets chargés de symboles, composent un univers à la fois sensuel et légèrement inquiétant. Cette rétrospective est à voir du 10 juin au 13 septembre 2026 au 5/7 Rue de Fourcy, 75004 Paris.
Le street art s’installe à La Villette
Lancée en 2018 à Los Angeles par le marchand d’art Roger Gastman, l’exposition Beyond The Streets a déjà traversé New York, Londres et Shanghai. Elle s’installe désormais pour la première fois à Paris, sur 3 600 m2 répartis sur deux étages de la Grande Halle de la Villette. Le projet s’articule autour du travail de Martha Cooper, avec des oeuvres de pionniers du graffiti comme Cornbread, TAKI 183, Lady Pink et Banksy.
« Il montre bien comment tous ces artistes ont commencé par l’interdit, et sont aujourd’hui exposés dans les plus grands musées. »
C’est Sarah Andelman, ancienne figure du concept store Colette qu’elle a animé de 1997 à 2017, qui pilote le gift shop de cette édition parisienne. On y trouve des lithographies en édition limitée, des collaborations avec Felipe Pantone ou CRUSH, des bracelets de Maripol portés par Madonna à 45 euros, et une oeuvre cachée de l’artiste Invader. Car, en réalité, Beyond The Streets fonctionne aussi comme une chasse aux détails : des millions de références fourmillent sous les yeux des visiteurs. L’exposition est à voir jusqu’au 31 août 2026 au 211 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris, en partenariat avec Longchamp.
Des expériences sensorielles au coeur de Paris dans des expositions à Paris
Parmi toutes les expositions à Paris cet été, celle de Fujiko Nakaya à la Bourse de Commerce est sans doute la plus immédiatement spectaculaire. A 93 ans, l’artiste japonaise est la pionnière des « Fog Sculptures ». Elle présente ce travail pour la première fois en 1970 lors de l’Exposition universelle d’Osaka, avec l’ingénieur Thomas Mee. Le principe repose sur un système de pompes à haute pression et de buses diffusant des microgouttelettes d’eau semblables à celles du brouillard naturel.
Sous la coupole de la Bourse de Commerce, l’installation Cloud #07156 se densifie puis se dissipe au fil des minutes. Les visiteurs ne la regardent pas depuis l’extérieur : ils la traversent. Car l’oeuvre se ressent davantage qu’elle ne s’analyse. Elle invite à ralentir et à accepter l’incertitude des formes qui apparaissent puis disparaissent. L’historienne de l’art Anne-Marie Duguet l’écrit dans le catalogue de l’exposition : « Sculpter à l’intérieur du musée, c’est aussi permettre un voyage à l’intérieur de soi. » L’installation est visible jusqu’au 14 septembre 2026 au 2 Rue Viarmes, 75001 Paris.
Du côté du Grand Palais, Laure Prouvost propose une expérience tout aussi immersive avec Nous, frissons d’étoiles. Après avoir consacré plusieurs oeuvres à la mer – notamment lors de son installation au pavillon français de la Biennale de Venise en 2019 et avec Deep Sea présenté au MAC de Marseille en 2025 – l’artiste déplace sa réflexion vers les astres et la physique quantique. L’installation multimédia mêle vidéo, sculpture, odeurs, son et lumière.
Deux ans de recherches derrière une oeuvre collective parmis les expositions à Paris
Nous, frissons d’étoiles est le fruit d’une collaboration entre Laure Prouvost, le philosophe Tobias Rees et le scientifique Hartmut Neven. Ces deux derniers ont coécrit en 2021 un article intitulé « Des robots dotés d’un processeur quantique peuvent-ils faire preuve de libre arbitre ? », qui explore la possibilité que des systèmes fondés sur des processeurs quantiques puissent présenter une forme d’agentivité ou de conscience artificielle. De ce travail commun, Prouvost tire une installation qui cherche à nous plonger dans un monde où nous ne ferions qu’un.
Cette exposition figure parmi les expositions à Paris les plus ambitieuses de l’été. Elle est présentée du 10 juin au 26 juillet 2026 au Grand Palais, Entrée Gabrielle Chanel – Nef Nord, 1 avenue Winston Churchill, 75008 Paris.
Une escapade hors de Paris pour clore l’été
Pour ceux qui souhaitent s’éloigner légèrement des expositions à Paris, la Fondation Arp à Clamart mérite le détour. Accessible en bus depuis le terminus de la ligne de métro 12, la fondation prend place dans l’ancienne demeure du sculpteur Jean Arp et de son épouse l’artiste Sophie Taeuber-Arp. La maison, construite à la fin des années 1920 par Sophie Taeuber-Arp elle-même, se déploie sur trois étages. Sa volumétrie sobre rappelle l’architecture moderniste, et ses grandes fenêtres s’ouvrent sur un théâtre de verdure.
Cet été, l’exposition Histoires naturelles met à l’honneur le sculpteur François Stahly, né en 1911 d’un père italien et d’une mère allemande. Etudiant à l’école d’arts appliqués de Zurich, il y croise Sophie Taeuber-Arp alors qu’elle y enseignait encore. Pourtant, c’est de Jean Arp que son travail sculptural semble le plus proche, du fait d’influences puisées dans les formes de la nature et d’une inscription dans le mouvement du biomorphisme.
La Fondation Arp propose ainsi, pour les expositions à Paris et ses alentours, l’un des cadres les plus singuliers de la saison. Histoires naturelles est à découvrir jusqu’au 31 juillet 2026 au 21 Rue des Châtaigniers, 92140 Clamart. L’ensemble de ces six rendez-vous dessine donc un panorama cohérent des expositions à Paris cet été : des propositions sensorielles, engagées et formellement diverses, qui confirment la vitalité de la scène artistique dans la capitale et ses proches environs.




