Mellerio, la plus ancienne maison de joaillerie du monde, fait parler d’elle en ce printemps 2026 d’une façon inattendue. Son immeuble historique du 9 rue de la Paix, à Paris, s’est transformé en toile géante sous la main de Jean-Charles de Castelbajac. Une rencontre entre patrimoine joaillier et création contemporaine qui mérite qu’on s’y arrête.
Joyeux Joyaux : une œuvre monumentale sur la façade de Mellerio
La maison de joaillerie indépendante, fondée en 1613 et toujours dirigée par la famille Mellerio, a confié au créateur français Jean-Charles de Castelbajac une mission singulière. Il s’agissait de concevoir une œuvre monumentale baptisée Joyeux Joyaux, déployée directement sur la bâche de chantier qui recouvre l’immeuble. Ainsi, la contrainte des travaux est devenue une occasion de prise de parole artistique.
L’œuvre met en scène neuf figures féminines ayant marqué l’histoire de la maison. Parmi elles, on reconnaît des souveraines et personnalités patrimoniales comme Marie-Antoinette ou encore l’impératrice Eugénie. De plus, chaque figure est parée de joyaux et habillée des couleurs vives qui caractérisent le style de Castelbajac.
La bâche habille ainsi l’intégralité de la façade du 9 rue de la Paix, là où l’immeuble restera en travaux jusqu’à l’automne. Par conséquent, les passants qui longent ce tronçon emblématique du luxe parisien se retrouvent face à une véritable installation à ciel ouvert.
Un lien personnel inattendu entre Castelbajac et la maison joaillière
Ce qui rend ce projet encore plus fort, c’est la dimension intime qui le sous-tend. Jean-Charles de Castelbajac a découvert que le bracelet de sa grand-mère, Marguerite de Castelbajac, ayant appartenu à Marie-Antoinette, figurait parmi les collections patrimoniales de Mellerio. Ainsi, la collaboration prend une résonance personnelle bien au-delà de la commande artistique.
Cette découverte a nourri la vision du créateur pour l’œuvre. De fait, convoquer ces figures historiques sur la façade de la rue de la Paix prend tout son sens quand l’artiste lui-même est lié, par le sang et par l’histoire, à l’une d’elles.
« Faire revivre ces figures féminines historiques sur la façade de la rue de la Paix. Convoquer ces âmes, les orner de joyaux joyeux dans une installation où les couleurs prennent le pouvoir sur le temps. » – Jean-Charles de Castelbajac
L’Art dans la Ville : transformer un chantier en musée à ciel ouvert
L’installation a été produite avec L’Art dans la Ville, une agence de conseil artistique et régie culturelle spécialisée dans ce type d’interventions urbaines. Cette structure a déjà accompagné des maisons comme Bottega Veneta ou Valentino dans des démarches similaires. De cette façon, Mellerio s’inscrit dans une pratique qui gagne du terrain dans le monde du luxe.
L’idée centrale est de dépasser la simple fonction d’habillage de chantier. La bâche n’est pas un cache-misère, mais une œuvre pensée pour dialoguer avec l’espace urbain et ses habitants. Par conséquent, chaque passant devient, le temps d’un regard, le spectateur d’une galerie improvisée en plein cœur de Paris.
Cette approche répond aussi à un enjeu de visibilité pour la maison. Pendant toute la durée des travaux, la façade reste ainsi un point de contact fort entre la joaillerie et son public, sans recourir à la publicité classique.
- Mellerio est la plus ancienne maison de joaillerie du monde, fondée en 1613.
- L’œuvre Joyeux Joyaux est déployée sur la façade du 9 rue de la Paix à Paris.
- Neuf figures féminines historiques, dont Marie-Antoinette et l’impératrice Eugénie, y sont représentées.
- L’installation est produite avec l’agence L’Art dans la Ville, déjà partenaire de Bottega Veneta et Valentino.
- La collaboration laisse entrevoir la possibilité d’une future collection joaillière entre Mellerio et Jean-Charles de Castelbajac.
Une visibilité désirable plutôt que publicitaire
David-Hervé Boutin, président de L’Art dans la Ville, résume bien l’enjeu de ces interventions pour les grandes maisons. Selon lui, elles offrent « une visibilité plus désirable et plus mémorable que la publicité traditionnelle, tout en rendant l’art accessible au plus grand nombre ». De plus, il décrit ce format comme « une forme de musée à ciel ouvert où la marque, l’artiste et les passants trouvent chacun leur place ».
Pour Mellerio, cette logique fait sens. La maison familiale, indépendante depuis plus de quatre siècles, n’a pas vocation à se fondre dans les codes de la communication de masse. En revanche, affirmer son identité à travers une œuvre d’art monumentale correspond bien à son positionnement singulier.
Une première collaboration Mellerio qui ouvre des perspectives
Cette association entre Mellerio et Jean-Charles de Castelbajac est une première. Pourtant, la dimension personnelle du projet, la cohérence des univers et la résonance de l’histoire commune laissent entrevoir des suites possibles. La source évoque ainsi la possibilité d’une future collection joaillière, qui prolongerait le dialogue amorcé sur la façade de la rue de la Paix.
La maison joaillière démontre, par ce geste, qu’un héritage de plus de quatre siècles peut coexister avec la création d’aujourd’hui. De fait, associer des figures comme Marie-Antoinette ou l’impératrice Eugénie aux couleurs franches de Castelbajac, c’est aussi rappeler que les joyaux ont toujours été des objets de leur temps.
Jusqu’à l’automne 2026, la façade du 9 rue de la Paix reste donc un rendez-vous à ne pas manquer pour qui passe dans ce quartier. Mellerio, le temps d’un chantier, s’est offert une scène à la hauteur de son histoire.



