Sur l’avenue Montaigne, certaines adresses traversent les années sans jamais vraiment se renouveler. Le Manko, lui, a choisi de tout recommencer en 2025, avec un nouveau décor, un nouveau chef et une ambiance repensée de fond en comble.
Une cuisine nikkei au cœur du Triangle d’Or
La gastronomie nikkei repose sur une histoire précise. Elle naît des vagues migratoires japonaises vers le Pérou, où deux cultures culinaires se sont fondues en une seule.
Aux commandes des fourneaux, Melio Oriundo Chavez incarne cette double hérédité avec un regard décomplexé. Ce jeune chef péruvien marie les marinades acidulées au piment ají amarillo, la puissance des braises sud-américaines et la finesse des découpes japonaises.
En salle, tiraditos, crudos et ceviches prennent forme à la minute, sous les yeux des convives. Ainsi, la fraîcheur des produits n’est pas seulement promise, elle devient un spectacle à part entière.
Par ailleurs, la carte dépasse le registre poisson cru pour intégrer des braises péruviennes. Cette diversité de cuissons offre une vraie progression dans le repas.
Le bar de l’avenue Montaigne et son soleil doré
Dès l’entrée, le grand bar central capte l’attention. Butler Collection, qui pilote ce renouveau depuis fin 2025, a fait dessiner ce bar autour d’un imposant soleil doré, référence directe au Dieu Soleil inca dont le nom inspire le restaurant.
Derrière ce comptoir, le Pisco occupe une place centrale. Cet alcool de vin péruvien s’exprime notamment dans le Pisco Sour, cocktail de référence de la maison.
La carte des boissons s’étend cependant au-delà du Pérou. Mezcal et tequila, deux spiritueux sud-américains bien distincts, viennent compléter une sélection épicée et de caractère.
La designer Sophie Lacroix face au défi du décor
Repenser un lieu sans le trahir demande une main ferme. Sophie Lacroix, du Bureau Lacroix, a pris ce pari en redessinant entièrement l’espace pour une centaine de couverts.
Elle a choisi d’ancrer le Pérou et le Japon dans chaque matériau. Les assises en velours bleu profond et les dorures évoquent la chaleur andine, tandis que les claustras ajourés et la lumière tamisée renvoient à l’atmosphère feutrée des tables nippones.
La pièce maîtresse reste la mosaïque du bar à ceviche. La maison artisanale italienne SICIS a assemblé des milliers de tesselles bleu et or qui ondulent sous la lumière, comme une surface d’eau rappelant les fonds du Pacifique.
Or cette mosaïque n’est pas seulement décorative. Elle situe immédiatement le visiteur entre deux océans, deux continents, deux façons de cuisiner.
Des soirées structurées pour prolonger le repas sur l’avenue Montaigne
Le Manko ne s’arrête pas quand les assiettes disparaissent. La programmation musicale prend le relais avec une organisation précise du mercredi au samedi.
- Mercredi – la soirée Macaron, animée par Sané, ouvre la semaine festive.
- Jeudi – House of Manko lance officiellement le week-end avec une identité sonore propre.
- Vendredi – Manko Loko prend possession de la nuit pour sa soirée la plus connue du lieu.
- Samedi – le DJ résident partage les platines avec un saxophoniste et des percussionnistes en live, autour d’une house aux accents latins.
Chaque soir obéit donc à une logique différente. Cela permet à chaque type de client de trouver la soirée qui correspond à son rythme.
Ce que ce renouveau change concrètement pour le visiteur
Avant fin 2025, le Manko existait déjà sur cette adresse depuis 2016. Pourtant, le lieu est reparti de zéro, ce qui est rare pour un restaurant aussi établi dans le Triangle d’Or.
De fait, le visiteur qui y retourne aujourd’hui n’y retrouve rien de l’ancienne scénographie. Il découvre en revanche un espace où le décor, la carte et la programmation musicale forment un ensemble cohérent et délibéré.
Le Manko se trouve au 15 avenue Montaigne, 75008 Paris. Cette adresse du 8e arrondissement place le restaurant à moins d’un pas des maisons de couture et des galeries du quartier, ce qui en fait une étape naturelle pour une soirée complète dans ce périmètre.



