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Entretien avec l’artiste Dedo

Entretien avec Dedo pour son spectacle en stand up au Grand Point-Virgule!

Aujourd’hui on vous propose de découvrir ou de redécouvrir l’artiste Dedo à travers un entretien exclusif pour Fresh Mag Paris, à l’occasion de son spectacle “Biafine” en stand up au Grand Point-Virgule à Paris..

On te connaît humoriste suite à tes débuts avec le Jamel Comedy Club en 2006. Peux-tu nous raconter comment a commencé cette aventure ?

Je suis comédien depuis que j’ai 22 ans. J’ai suivi une formation théâtrale et, entre-temps, j’ai fait du stand up alors qu’à l’époque, ce n’était pas la forme d’humour la plus représentative en France. J’ai fait des scènes ouvertes, j’ai fait des pièces de théâtre, de créations à droite à gauche…

J’ai profité d’un soir dans un théâtre, le Théâtre des 3 Bornes, où j’étais devenu un peu pote avec le directeur qui m’avait laissé son théâtre gratuit pour une soirée. J’en avais profité pour faire capter ce qui était mon vrai tout premier spectacle qui s’appelait Pélican et Tronçonneuse, que j’ai joué une quinzaine de fois et qui m’a permis au moins d’avoir quelque chose je m’étais toujours dit bon ça me ferait une carte de visite éventuelle et en 2005 j’ai croisé Abd-el-Kader Aoun à la Fnac des Halles qui était le coauteur et le metteur en scène de Jamel Debbouze. Je savais que c’était donc je suis allé le voir et je lui ai demandé s’il y avait une possibilité, si jamais il jouait quelque part, de le contacter.
Il m’a donné son numéro de téléphone et son adresse et en me disant « voilà si tu as un truc à me proposer, appelle-moi ». Je suis rentré chez moi après le spectacle. J’ai fait une bande annonce avec un pote qui était en école de réalisation cinéma en prenant quatre minutes de mon spectacle
Je l’ai ensuite envoyé en recommandé avec accusé de réception pour être bien sûr qu’il le reçoive et il m’a rappelé le lendemain en me disant : « Ben écoute, j’ai trouvé ça vachement bien, tu es fait pour ça. Si un jour il y a un truc qui se met en place je t’appellerai ».

J’avais déjà entendu ça beaucoup de fois mais là c’était Abd-el-Kader Aoun ,donc c’était quand même quelque chose de plus motivant et de plus concret. Et, 6 mois après, ils m’ont appelé pour me dire qu’il travaillait sur une émission avec Jamel, le
Jamel comedy club. Il m’a demandé si je voulais en être. Et j’ai dit” oui je veux faire ça, tout à fait ça !” Et puis ça a démarré comme ça, la mise en lumière de mon travail par le biais du stand up. C’est vraiment par l’émission qui a été diffusée en juillet 2006, il y a 16 ans donc. La mise en lumière à ce moment-là, même si ça faisait déjà longtemps que je gravitait dans le milieu de la comédie.

Qu’est-ce qui t’a amené à faire du stand up ? Est-ce suite à ta formation théâtrale ?

Alors justement, ce n’est pas tout d’abord la formation théâtrale qui m’a donné l’envie du stand-up, c’est plutôt le contraire.

J’ai découvert le stand up parce que j’avais un de mes meilleurs potes dont le père travaillait aux États-Unis, en faisant des aller-retours réguliersDedo stand up vers la France. Ce dernier avait ramené un jour une VHS de Richard Pryor , un très grand comédien outre atlantique. J’ai découvert le stand-up comme ça.
Avant, je connaissais l’humour via Coluche, les Inconnus, Desproges… Et là, j’ai vu qu’il y avait une possibilité de casser ce qu’on appelle le quatrième mur et de parler directement aux gens du public. Je trouvais ça fou : Il n’y avait pas de « noir-lumière » entre différents sketchs et les personnages, c’était vraiment lui qui parlait tout le temps comme s’il était simplement lui-même face aux gens. Je me suis dit : » -Tiens, ça c’est vraiment une forme de spectacle que j’aimerais pouvoir expérimenter si je devais faire de la scène. C’est ça qui m’a motivé à creuser un peu ce qui était le stand-up et à vouloir en faire moi-même.

Après la formation théâtrale s’est faite car je me suis dit que ça pourrait être intéressant de gagner en technique, d’avoir un premier contact avec la scène et de prendre de l’expérience. C’est le stand up qui reste est mon moteur principal et qui l’est toujours aujourd’hui.

Peux-tu nous parler de ton dernier spectacle “Biafine”, qui se joue actuellement sur Paris ?

Dedo Biafine« Biafine » est mon troisième spectacle en solo sur scène. L’idée de ce spectacle est partie de son affiche, qui est quand même assez cool.
Je suis assis sur une chaise avec une sorte de décor de maison et tout brûle autour de moi et je suis en train de boire un thé. C’est le détournement d’un méme assez connu sur internet que je trouve assez drôle et qui permet d’illustrer le propos général du spectacle.
Il y a l’idée de donner du sens par rapport à tout ce qui se passe aujourd’hui, à ce monde qui semble être dans le maximum de la décadence. Ça traite un peu en sous-texte d’une certaine collapsologie que j’essaye de détourner avec de l’humour absurde. Et malgré tout d’essayer de faire en sorte de se dire qu’il faut prendre du recul pour tenir psychologiquement face à tout ça.
Le choix du titre « Biafine » évoque le fait de se servir de l’humour pour éviter de ressentir les brûlures psychologiques face au monde en flammes.

On te connaît humoriste, mais tu es également musicien. Peux-tu nous parler de ton parcours musical ?

Comme beaucoup de jeunes, j’ai été dans un groupe au lycée où l’on faisait différents covers. J’étais à la gratte et je faisais aussi un peu de chant, C’est quelque chose qui était anecdotique à l’époque. Par la suite, en bossant, j’ai eu l’occasion de rencontrer plein de gens dont Antoine
Schoumsky qui m’a proposé de participer au projet qu’on a actuellement qui s’appelle Princesses Leya.
C’est à la fois un groupe qui fait de vrais concerts Lives avec des moments théâtralisés. C’est donc à la fois une pièce de théâtre et aussi une comédie musicale. Je suis au chant et Antoine à la guitare, Cléo Bigontina à la basse et Xavier Gauduel à la batterie. Dans le spectacle, on suit les aventures du
groupe : comment ils se sont rencontrés, comment ils se sont formés, vers quoi ils veulent aller… Il y a un gros arc narratif autour du groupe.
On le joue depuis 3 ans maintenant. On a pu faire la tournée dans différents festivals pour finir au Zénith de Nantes avec beaucoup de groupes. Un premier album est sorti en mars 2022. On travaille actuellement sur le deuxième album cet été. Le groupe est actuellement en tournée. Avec des captations prévues de ce concert spectacle le 3 décembre 2022 à la Maroquinerie à Paris.

Je continue toujours avec Antoine à travailler sur ce projet en parallèle avec le stand up et de pas mal d’autres trucs. Princesses Leya et le spectacle de stand up sont mes deux plus gros travaux actuellement.

Tu es également un passionné de cinéma, dont tu parles à travers le podcast “Fucked Up Movies” avec Urbain. Souhaites-tu nous parler de cette passion ?

Oui, Urbain qui fait également du stand up au Point-Virgule actuellement. On a vite très bien sympathisé. Comme je lui ai expliqué que je suis un grand fan de cinéma depuis tout petit, en particulier du cinéma de genres. Un jour, il m’a dit : « Mais ce serait bien qu’on fasse un podcast autour de ce sujet. »

On s’est dit que ce serait un bon axe de traiter de films un petit peu « déviants » ou considérés tels quels. On y parle de  films d’horreur, de sciences fictions… Des films souvent taxés de cinéma dit « d’adrénalines ». Mais très souvent, quand on creuse les sujets de ces films, il y a très souvent du fond derrière ou même des messages qui peuvent être politiques. Dans chaque épisode, on décrypte un film choisi.

Il y a pas mal de vannes dans les épisodes, mais on essaye quand même d’avoir du fond et de la réflexion autour des films abordés. Ce n’est pas « Le Masque et La Plume », mais ce n’est pas non plus juste deux personnes qui disent n’importe quoi. On se veut assez large dans le choix des films. On a eu l’occasion de parler de « La Grande Bouffe » de Marco Ferreri, on a fait dernièrement « Cannibal Holocaust » de Ruggero Deodato…

On en est pour l’instant à sept épisodes. Urbain et moi y retournerons très bientôt. On a prévu le prochain sur « Brain Dead » de Peter Jackson. Ce podcast me permet de balancer ma cinéphilie et mon amour pour le septième art, que les films soient bizarres ou non. On est contents car il marche bien, on a de bons retours. Si jamais les écoutes continuent de grimper, on espère pouvoir un jour faire un enregistrement live avec de pouvoir partager ça avec le public. Même si parfois je manque de temps avec mes autres projets en parallèle, notamment le stand up. J’ai prévu de consacrer avec Urbain du temps aussi pour le podcast.

Tu as pu explorer différents domaines artistiques : humour, audiovisuel, cinéma, musique… Est-ce qu’il y a un autre domaine qui te tenterait d’expérimenter ?

J’ai déjà eu la chance de pouvoir bosser dans pas mal de domaines que j’affectionne. J’ai notamment écrit un scénario pour une BD sortie aux éditions Delcourt. Un scénario qui rendait hommage aux œuvres américaines des éditions EC Comics. Notamment à l’œuvre la plus connue du catalogue : « Les Contes de la Crypte ». J’ai été très content de pouvoir le faire grâce à Davy Mourier . La BD a été publiée dans la collection qu’il a créé chez Delcourt.

La réalisation cinématographique est quelque chose auquel je peux penser. Mais j’ai encore trop de respect pour cet art pour pouvoir commencer sereinement. Et je sais aussi que c’est une somme de travail immense qui peut s’étaler sur plusieurs années . Je ne sais pas si j’ai envie de consacrer autant de temps pour un seul projet sachant que j’ai la possibilité d’être périphérique sur pas mal d’autres trucs.
Je suis par exemple actuellement sur un programme court pour France TV qui s’appelle « Space Game », crée par Frédérick Sigrist avec qui je bosse régulièrement dans son émission « Blockbusters » sur la radio France Inter. J’y joue et je co-écris sur la saison 2.

J’ai la chance d’avoir une pluralité qui fait que je ne me sens pas frustré dans ce que je fais. Et puis, si les opportunités se présentent parfois, on se jette à l’eau. En tout cas, pour l’instant, je ne ressens pas ce besoin. Ça viendra peut-être plus tard et c’est tant mieux. Car ça voudra dire que j’ai encore plein d’autres envies et d’autres choses à découvrir. Mais je vais déjà développer ce que je fais maintenant, ce qui prend déjà beaucoup de temps !

Quels sont tes prochains projets ?

Il y a tout d’abord la date supplémentaire à Paris au Point-Virgule pour le spectacle « Biafine », le 30 juin 2022 ! Je jouerais aussi au festival d’Avignon le spectacle cet été du 7 au 30 juillet 2022.

Dans le court terme, il y a le tournage de la saison 2 de « Space Game » qui se fera entre fin juin et début septembre. Il y a aussi le format court sur YouTube « L’Histoire inventé par les chaussettes » que j’ai créé en 2007 avec Yacine Belhousse . On va tourner cinq nouveaux épisodes avant la fin de l’année. On y est marionnettistes, comédiens, auteurs et scénaristes. C’est un projet qui prend du temps mais sur lequel Yacine et moi on s’éclate beaucoup.
Et avec le groupe Princesses Leya, on fera des festivals cet été dont le festival Motocultor le 20 août 2022.

Quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un souhaitant se lancer dans la comédie et les arts du spectacle en général ?

Sur le secteur du stand up, il faut surtout jouer autant que possible. Faire des scènes ouvertes, d’apprendre soi même en apprenant sur le terrain… Je pars du principe que la théorie ne remplacera jamais la pratique. Afin de mieux comprendre ce qui marche, ce qui ne marche pas. Pouvoir réécrire en fonction des réactions, des retours du public. C’est un travail très particulier qui ne se fait qu’en étant sur scène. Notamment sur Paris, il y a pas mal de lieux où faire des scènes ouvertes.

Pour l’art de la comédie, une formation est toujours bénéfique car on y gagne en technique. On y apprend beaucoup de choses : à poser sa voix, à occuper l’espace… Des choses qui pourront servir dans le stand up pour proposer plus encore que d’être dans le texte. On peut y proposer une autre interprétation de différents personnages ou afin d’étoffer son propos.

Retrouver Dedo au Grand Point-Virgule à Paris le 30 juin 2022 ! Pour en savoir plus, cliquez ici !

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