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Cet été, dix expositions mode envahissent les musées de France avec Yves Saint Laurent, Lacroix et Courrèges

FreshMagazine - Cet été, dix expositions mode envahissent les musées de France avec Yves Saint Laurent, Lacroix et Courrèges

Cet été 2026, les expositions mode s’invitent dans les musées de toute la France. De Draguignan à Calais, en passant par Arles, Nice ou Marseille, neuf villes proposent des rendez-vous textiles et créatifs qui mêlent haute couture, arts plastiques et patrimoine.

Draguignan et Clermont-Ferrand : deux siècles de vêtement estival et de dentelle contemporaine

À la chapelle de l’Observance de Draguignan, l’exposition « L’Été à la mode. Histoire de la mode estivale 1780-1980 » est visible jusqu’au 20 septembre. Elle rassemble plus d’une centaine de pièces textiles, dont une cinquantaine de costumes historiques mannequinés, des robes de promenade, de jardin ou de bain de mer. Ainsi, le parcours retrace deux siècles de silhouette féminine, du panier vertugadin de l’Ancien Régime au New-look de Christian Dior en 1947.

De Pierre Balmain à Nina Ricci, de Jacques Fath à Madame Grès, la rose et les couleurs pastel servent de fil conducteur. La mise en scène s’organise en vingt-six tableaux chronologiques, de la période Louis XVI jusqu’à la fin du XXe siècle, en dialogue avec les grands courants artistiques français.

« La mode est un métier qui n’est pas tout à fait un art mais qui a besoin d’un artiste pour exister. » – Yves Saint Laurent, 1989

À Clermont-Ferrand, la salle Gilbert-Gaillard accueille jusqu’au 20 septembre la carte blanche 2026 à Annie Bascoul, présentée en écho à la Biennale textile 2026. L’artiste associe fils de coton ou de laiton, impression 3D et découpe laser pour créer des sculptures en dentelle monumentales et aériennes. De plus, son parcours imaginé comme une promenade dans un jardin propose des colonnes tricotées et des robes sculptures où l’ombre et la lumière jouent entre les mailles.

Nice et Arles : Matisse, Yves Saint Laurent et le geste graphique de Lacroix

Au musée Matisse de Nice, l’exposition « Henri Matisse – Yves Saint Laurent. Le beau, la mode et le bonheur » est ouverte jusqu’au 28 septembre. Elle réunit 160 œuvres issues des collections du musée Matisse Nice et de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent : vêtements haute couture, peintures, dessins, textiles et archives. Matisse, né dans un milieu marqué par l’industrie textile, a développé tôt un goût pour les étoffes. Saint Laurent, lui, admirait chez le peintre l’audace des couleurs et le goût de l’ornement.

Les deux créateurs partagent une pratique commune : le dessin. Chez Matisse, il élimine le superflu. Chez Saint Laurent, il constitue l’acte fondateur de toute création. Par conséquent, cette rencontre entre peinture et couture prend ici toute sa profondeur.

À Arles, le musée Réattu présente du 4 juillet au 4 octobre l’exposition « Lacroix dessins. Gribouillages & graffitis ». Pour la troisième fois, le musée collabore avec Christian Lacroix, cette fois autour du dessin. Le fonds présenté réunit des dessins conservés depuis l’enfance, 69 dessins pour la haute couture déposés au musée, ainsi que des illustrations sur des supports variés : carnets d’hôtels, enveloppes, post-it ou boîtes de médicaments.

  • Draguignan – « L’Été à la mode. Histoire de la mode estivale 1780-1980 » – jusqu’au 20 septembre, chapelle de l’Observance
  • Nice – « Henri Matisse – Yves Saint Laurent. Le beau, la mode et le bonheur » – jusqu’au 28 septembre, musée Matisse
  • Arles – « Lacroix dessins. Gribouillages & graffitis » – du 4 juillet au 4 octobre, musée Réattu
  • Saint-Paul-de-Vence – « Peter Knapp. Le temps Courrèges » – jusqu’au 8 novembre, Fondation Maeght
  • Marseille – « Mossi Traoré, la mode aussi » – jusqu’au 16 novembre, Mucem

Saint-Paul-de-Vence, Montauban et Marseille : de Courrèges à Ingres, en passant par Mossi Traoré

À la Fondation Maeght de Saint-Paul-de-Vence, le photographe Peter Knapp bénéficie d’une carte blanche jusqu’au 8 novembre. L’exposition « Peter Knapp. Le temps Courrèges » revient sur la collection haute couture printemps-été 1965 d’André Courrèges, qualifiée de « bombe » par la presse. Dans le numéro 1002 du magazine Elle, en mars 1965, Knapp avait présenté la nouvelle femme Courrèges en faisant voler ses modèles dans l’espace. Ainsi, quatre grands tirages de cette série forment le cœur de l’exposition, complétés par des archives et des tenues photographiées à l’époque.

À Montauban, le musée Ingres Bourdelle propose du 3 juillet au 8 novembre l’exposition « Ingres et la mode ». À travers 200 pièces – peintures, dessins, textiles et accessoires -, le parcours montre comment Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) sublimait la matière textile dans ses portraits. De plus, l’influence de sa peinture sur des créateurs des XXe et XXIe siècles, comme Castelbajac, Saint Laurent ou Issey Miyake, est abordée.

Au Mucem à Marseille, les expositions mode prennent un visage plus engagé avec « Mossi Traoré, la mode aussi », visible jusqu’au 16 novembre. Ce styliste, lauréat 2020 du prix Pierre Bergé et fondateur de l’école de haute couture Les Ateliers Alix, présente 105 œuvres dont la moitié sont ses propres créations. Le parcours immersif invite le visiteur à toucher les matières et à se projeter dans la reconstitution de son atelier.

Calais, Jouy-en-Josas et Château-Chinon : le textile entre art, industrie et mémoire

À Calais, la Cité de la dentelle et de la mode et le Musée des beaux-arts présentent conjointement, jusqu’au 3 janvier 2027, l’exposition « Maurizio Galante & Tal Lancman : haute couture, design, art ». Dans un espace noir, soixante vêtements de haute couture dialoguent avec autant d’objets de design. Dans l’atrium, une installation autour du Tigre nuage, composée de 2 500 feuilles de tulle découpées à la main et assemblées par des perles, reproduit la silhouette d’un tigre en taille réelle. Cette pièce rappelle la menace qui pèse sur certaines espèces animales.

Au Musée de la toile de Jouy à Jouy-en-Josas, l’exposition consacrée à Amédée Couder (1800-1864) est accessible jusqu’au 10 janvier 2027. Cet artiste, pionnier du design de motifs en studio indépendant, a transposé les palmettes et boteh des châles cachemires pour les manufactures d’impression textile. Ainsi, plus de 50 œuvres textiles, graphiques et techniques retracent l’émergence du design textile moderne au XIXe siècle.

Château-Chinon : un musée de la mode réouvert, trois siècles d’histoire du vêtement

À Château-Chinon, la Cité des présents – François Mitterrand a ouvert en mai 2026. Elle réunit le musée des cadeaux présidentiels et le Musée de la mode, dont les origines remontent à 1970, quand François Mitterrand, alors maire, avait acquis la collection de Jules Dardy. Depuis, les donations enrichissent régulièrement les collections, dont celle du couturier neversois Pascal Millet.

Le parcours actuel déroule plus de trois siècles de mode, de la robe à la française en taffetas de soie aux silhouettes contemporaines. Des pièces signées Yves Saint Laurent, Balenciaga, Jean Paul Gaultier ou Carven côtoient des tenues de haute couture portées par Lady Gaga ou Rihanna. En revanche, un gilet masculin du XIXe siècle ou un carré Hermès inspiré de la tapisserie de Bayeux rappellent que les expositions mode parlent aussi d’usages quotidiens et de codes sociaux.

Ces rendez-vous répartis dans toute la France montrent, ainsi, que les expositions mode de l’été 2026 ne se limitent pas aux grandes métropoles. De la Provence au Nord, du Morvan à la Côte d’Azur, chaque musée propose une lecture singulière du vêtement comme art, comme mémoire et comme geste créatif. Ces manifestations consacrées aux expositions mode confirment la richesse du patrimoine textile français et l’actualité d’une discipline qui continue d’interroger notre rapport au corps et à la société.