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Accessoires

Audemars Piguet lance 19 bijoux de haute joaillerie inspirés de la Royal Oak

Audemars Piguet lance 19 bijoux de haute joaillerie inspirés de la Royal Oak

Audemars Piguet vient de franchir un seuil que peu attendaient de la manufacture du Brassus. La maison présente pour la première fois une collection de haute joaillerie entièrement autonome, sans aucune montre.

Quand la géométrie horlogère devient parure

Tout part d’une forme née en 1972 sous le crayon de Gérald Genta. Le boîtier octogonal de la Royal Oak, avec ses vis apparentes et ses maillons intégrés, portait déjà en lui une logique de bijou.

Audemars Piguet exploite désormais ces codes dans une ligne baptisée Royal Oak Joaillerie. Elle rassemble 19 créations réparties entre boucles d’oreilles, manchettes et colliers.

Chaque pièce reprend la lunette octogonale comme structure centrale. Par conséquent, le passage de la montre au bijou ne relève pas d’un simple emprunt esthétique, mais d’une continuité formelle assumée.

La manufacture produit ces créations en éditions très limitées, certaines en exemplaires uniques. Dès lors, chaque pièce s’adresse à un collectionneur autant qu’à un amateur de bijouterie.

Trois lignes pour trois atmosphères du Jura

La collection puise autant dans l’héritage horloger que dans le paysage de la vallée de Joux, berceau historique d’Audemars Piguet. Chaque ligne traduit une saison, une lumière, un état de ce territoire suisse.

Les créations Dream of Joux s’ornent de saphirs bleus évoquant les hivers jurassiens. Ces pierres imposent une palette froide et profonde, ancrée dans l’identité géographique de la maison.

Les manchettes Frosted Gold affichent, en revanche, une retenue de surface qui contraste avec la densité de gemmes des autres pièces. Sunburst et Tree of Life évoquent quant à elles les autres saisonnalités, sans que la source précise davantage leurs matériaux.

Enfin, les créations Risoud Eclipse associent le titane noir à des émeraudes taille pain de sucre. Ces émeraudes s’entourent de diamants, créant un contraste de matières particulièrement tendu entre la minéralité sombre du métal et l’éclat vert intense des pierres.

Audemars Piguet et la joaillerie, une relation bien plus ancienne qu’il n’y paraît

La manufacture n’arrive pas en terrain vierge. Elle travaille la joaillerie depuis 1990 et a collaboré avec des maisons aussi diverses que Bulgari, Cartier et Tiffany & Co.

Ces partenariats ont permis à Audemars Piguet d’affiner ses savoir-faire sans jamais signer de collection propre. Or, cette nouvelle ligne rompt précisément avec ce modèle, en portant pour la première fois la griffe seule.

La différence est notable. Les montres de haute joaillerie existaient déjà dans le catalogue, mais elles restaient liées au garde-temps. Ici, la maison s’émancipe du cadran pour proposer des bijoux purs.

Un nouveau bâtiment pour soutenir cette ambition

Cette collection arrive dans un contexte de croissance mesurable. La directrice générale Ilaria Resta a évoqué en décembre dernier, dans les colonnes de Bilanz, un chiffre d’affaires 2025 en hausse de +10% sur un an.

Pour accompagner cette dynamique, Audemars Piguet a inauguré en début d’année un nouveau site au Brassus, nommé L’Arc. Ce bâtiment de 23 700 m² accueille près de 700 personnes et conçoit ses espaces pour favoriser les synergies entre métiers.

L’Arc ouvre ses portes à l’issue du 150e anniversaire de la manufacture. Il traduit concrètement la volonté de la maison d’aller au-delà de l’horlogerie, tout en restant ancrée dans son territoire du Jura suisse.

La collection Royal Oak Joaillerie marque ainsi un tournant structurel, autant qu’une prise de position créative. Audemars Piguet choisit de s’affirmer dans la haute joaillerie non pas par opportunisme, mais en s’appuyant sur une géométrie, un lieu et un savoir-faire qui lui appartiennent depuis plus d’un demi-siècle.