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Expositions

À Nice, l’influence secrète de Matisse sur Yves Saint Laurent révélée en 160 œuvres

À Nice, l'influence secrète de Matisse sur Yves Saint Laurent révélée en 160 œuvres

Imaginez une robe haute couture face à une toile éclatante de couleurs : c’est exactement ce que propose le musée Matisse de Nice cet été 2026, en réunissant Yves Saint Laurent et Henri Matisse dans une exposition qui révèle une filiation artistique aussi inattendue que profonde. Photographie, peinture, sculpture et mode se croisent ainsi tout au long des routes de Provence, dans une saison particulièrement riche pour les amateurs d’art.

Matisse et Yves Saint Laurent, une alchimie créative au musée de Nice

Tout commence par une photographie prise en 1983 dans l’appartement parisien du couturier, au 55 rue de Babylone. On y voit Yves Saint Laurent dominé par une œuvre textile de Matisse, Les Coucous, tapis bleu et rose. Cette image sert de point d’entrée à l’exposition du musée Matisse Nice, qui rassemble cent soixante œuvres : robes haute couture, peintures, dessins, étoffes et documents d’archives.

Le propos est clair : Matisse, virtuose des couleurs, a nourri la vision de Saint Laurent, qui puisait dans l’audace chromatique de son aîné pour réinventer le vêtement comme une toile abstraite. Leurs ateliers respectifs, riches de voyages et de lectures, révèlent des dialogues inattendus avec des écrivains comme Aragon, Proust ou Baudelaire. C’est d’ailleurs un texte de Baudelaire qui a inspiré le titre de cette exposition. Les collections du musée Matisse Nice et de la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent constituent le socle de cet accrochage, complétées par d’importants prêts extérieurs. L’exposition est visible jusqu’au 28 septembre.

Des expositions qui jouent sur la couleur et la matière

La couleur est aussi au cœur de plusieurs autres rendez-vous méridionaux. À Hyères, le musée du Niel propose une relecture de l’abstraction d’après-guerre sous un angle lumineux, en mettant en avant des artistes comme Dewasne, Mathieu, Poliakoff, Hartung, Shirley Jaffe ou Sam Francis. En réaction aux tonalités sombres souvent associées à cette période, l’exposition affirme que le coloris peut être la composante essentielle d’une démarche abstraite, jusqu’au 1er novembre.

À Saint-Rémy-de-Provence, le musée Estrine accueille une soixantaine de peintures de Marine Wallon. Ses paysages abstraits, construits à grands coups de pinceaux empâtés, évoquent la matérialité des éléments naturels avec une intensité chromatique marquée. L’exposition est ouverte jusqu’au 20 septembre.

Mode, photographie et figuration : un été pluridisciplinaire

À Saint-Paul-de-Vence, la Fondation Maeght donne carte blanche au photographe Peter Knapp, ami du couturier André Courrèges. Durant vingt-cinq ans, Knapp a immortalisé la mode architecturée de Courrèges. Le cœur de l’exposition repose sur une série de clichés publiés dans Elle en mars 1965, montrant des modèles de la collection haute couture printemps-été 1965 libérés de l’apesanteur. Des archives, dont une brochure Courrèges photographiée à la Fondation Maeght devant des sculptures de Giacometti, complètent l’ensemble, jusqu’au 8 novembre.

À Cannes, La Malmaison retrace quarante années de création d’Hervé Di Rosa, cofondateur de la Figuration Libre. Figures hybrides, narration foisonnante et palette vive caractérisent ce parcours qui va des années 1980 aux œuvres les plus récentes, en passant par les productions nées de ses voyages à travers le monde, jusqu’au 8 novembre.

  • Cotignac : figuration narrative avec Adami, Arroyo, Erró, Klasen, Monory, Rancillac et Télémaque, jusqu’au 19 septembre
  • Avignon : trois artistes d’Asie et du Moyen-Orient à la Collection Lambert, jusqu’au 20 septembre
  • Grasse : une trentaine d’œuvres de Fragonard sur le thème de l’enfance, jusqu’au 18 octobre
  • Le Muy : une dizaine d’œuvres historiques de Dan Flavin à la Venet Foundation, jusqu’au 3 octobre
  • Les Baux-de-Provence : dialogue entre Bernard Buffet et Yves Brayer, jusqu’au 9 novembre

Patrimoine antique et regards contemporains sur la Méditerranée

Draguignan accueille l’une des expositions les plus ambitieuses de la saison. L’Hôtel départemental des expositions du Var réunit deux cent trente-cinq chefs-d’œuvre issus de collections internationales, dont celles du musée Larco au Pérou, du British Museum de Londres et du musée du Quai Branly-Jacques Chirac. Le parcours retrace trois mille ans d’histoire des civilisations précolombiennes andines, des cultures Mochica, Nazca, Chimu, Tiahuanaco et Wari jusqu’à l’Empire inca. Il aborde les rituels, l’orfèvrerie et la manière dont ces peuples percevaient leur place dans l’univers, jusqu’au 27 septembre.

À L’Isle-sur-la-Sorgue, la Fondation Villa Datris réunit les œuvres de soixante-quatorze artistes originaires de vingt pays, parmi lesquels Miró, Barceló, Hatoum ou Fatmi. L’exposition met en dialogue histoire des migrations, traditions méditerranéennes et réalités contemporaines, jusqu’au 1er novembre. De son côté, Bormes-les-Mimosas célèbre le centenaire de son musée avec quatre-vingts œuvres allant des paysages néo-impressionnistes d’Henri-Edmond Cross aux compositions de Roberta González, jusqu’au 7 mars 2027.

De Nice à Cotignac, de Draguignan à Avignon, cet été 2026 offre ainsi un itinéraire artistique dense, où Yves Saint Laurent et Matisse occupent une place centrale, mais où chaque étape apporte sa propre surprise visuelle et culturelle.