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Paris Design Week 2026 investit l’Arc de Triomphe, le Grand Palais et la Bastille

Paris Design Week 2026 investit l'Arc de Triomphe, le Grand Palais et la Bastille

Imaginez grimper jusqu’au sommet de l’Arc de Triomphe pour la première fois depuis 1836, ou vous asseoir au cœur d’un bouquet monumental dans la rotonde du Grand Palais. Du 10 au 19 septembre 2026, la Paris Design Week transforme les monuments les plus emblématiques de la capitale en terrains de jeu pour la création contemporaine, sans badge ni invitation.

Quatre lieux, quatre expériences à ne pas manquer pendant la Paris Design Week

Chaque année à la rentrée, la PDW déborde sur des centaines d’adresses parisiennes, du Marais à Bastille, et attire quelque 250 000 visiteurs. Son programme le plus spectaculaire reste Design sur cour, qui invite des créateurs, artistes et maisons d’édition à concevoir des œuvres taillées sur mesure pour des monuments historiques. Ce n’est donc pas une exposition posée là : chaque installation naît du lieu lui-même.

Pour cette édition, quatre sites se distinguent par l’audace des propositions et la singularité des rencontres entre patrimoine et design. Voici comment les aborder.

Au musée Bourdelle, un dialogue entre deux créateurs

Grande nouveauté de cette édition, le musée Bourdelle rejoint le parcours de la Paris Design Week. Ces anciens ateliers du sculpteur, où Bourdelle forma notamment Giacometti et Germaine Richier, comptent parmi les lieux d’art les plus précieux et les plus confidentiels de Paris. C’est donc une occasion rare de les (re)découvrir.

Le designer Anthony Guerrée y présente Contrepoint, une installation qui puise directement dans l’œuvre de Bourdelle. Il prélève lignes, courbes et tensions dans les sculptures du maître pour les faire réapparaître sur un paravent en vitrail, dans le jacquard d’une méridienne ou encore dans la terre cuite. Le parcours se glisse au fil des collections permanentes et jusque dans les jardins du musée, en parfaite harmonie avec l’esprit du lieu. Pour Guerrée, chaque objet est un fragment d’histoire à raconter, et cet exercice de dialogue entre deux univers créatifs lui va comme un gant : il a déjà dessiné les chaises des personnages de Proust, dans un projet intitulé Les Assises du temps perdu.

Place de la Bastille, un manifeste textile autour de la colonne de Juillet

Le collectif Studio 5.5, représenté ici par Claire Renard et Jean-Sébastien Blanc, pratique le réemploi comme principe créatif depuis plus de vingt ans. Dès 2004, leur projet Réanim posait des prothèses fluo sur des chaises cassées, au nom d’une médecine des objets. La place de la Bastille offre un cadre idéal à leur démarche, chargée qu’elle est de mémoire révolutionnaire.

Leur installation, intitulée Re-prise de la Bastille, se compose de 196 drapeaux fabriqués à la main à partir de vêtements usagés. Parmi eux, 195 représentent les pays membres et observateurs de l’ONU, auxquels s’ajoute un drapeau blanc. Hissées sur des mâts de six mètres autour de la colonne de Juillet, ces bannières forment un immense patchwork du monde, pensé comme un appel à la coexistence, à la paix et au réemploi textile. Un geste politique autant qu’artisanal, en plein cœur de Paris.

  • Arc de Triomphe : ouverture inédite de l’acrotère au public, pour la première fois depuis 1836
  • Grand Palais : installation florale monumentale d’Uchronia dans la rotonde d’Antin
  • Musée Bourdelle : dialogue entre Anthony Guerrée et les sculptures de Bourdelle, jusqu’aux jardins
  • Colonne de Juillet : 196 drapeaux en vêtements recyclés signés Studio 5.5
  • Accès : le programme Design sur cour est gratuit, sans badge ni invitation

À l’Arc de Triomphe, une fiction immersive et un acrotère enfin ouvert

Jérémy Pradier-Jeauneau avait déjà marqué l’édition 2025 de la Paris Design Week avec son Labyrinthe, une déambulation poétique imaginée à l’Hôtel de la Marine. Ancien producteur de cinéma devenu designer, il conserve un goût prononcé pour la dramaturgie. Cette année, il s’attaque à l’Arc de Triomphe avec La Tempête, conçue comme une fiction immersive.

Le visiteur monte depuis la base du monument jusqu’à son sommet, accompagné à chaque étape par des œuvres imaginées par l’artiste. Ce parcours initiatique culmine avec un événement patrimonial inédit : l’acrotère, ce couronnement resté orphelin du groupe sculpté prévu à l’origine, s’ouvrira au public pour la première fois depuis l’inauguration du monument en 1836. Un théâtre d’objets d’un genre nouveau, qui transforme la visite en expérience totale.

Au Grand Palais, Uchronia célèbre la fleur et les savoir-faire français

Julien Sebban, fondateur d’Uchronia, est une figure familière de la Paris Design Week. Son design français, décomplexé et volontiers pop, tourne autour d’un motif récurrent : la fleur. Après un bouquet gonflable monumental présenté au festival Coachella, il s’inspire cette fois des décors historiques de la rotonde d’Antin, au Grand Palais, pour concevoir un nouveau Grand Bouquet.

L’installation invite le public à s’installer autour de cette composition florale résolument optimiste, qui célèbre à la fois la joie et les savoir-faire français. L’expérience se prolonge à la boutique du Grand Palais, où une sélection d’objets, bougeoirs, carnets, assiettes, ainsi que des pièces de mobilier issues de l’univers du Grand Bouquet, sera proposée à la vente. De quoi repartir avec un fragment de cette édition dans ses bagages.