Imaginez dormir dans un cloître du XVIe siècle, traverser un escalier Beaux-Arts des années 1920 pour rejoindre une piscine sur les toits, et sentir la lumière des Caraïbes danser dans les patios en fin d’après-midi. C’est précisément ce que propose le Four Seasons Hotel and Residences Cartagena, ouvert dans le quartier de Getsemaní, au cœur de Carthagène des Indes.
Getsemaní, le quartier qui donne son âme au Four Seasons Cartagena
L’hôtel s’installe dans Getsemaní, que la directrice générale Annie Monnier décrit comme l’expression la plus authentique du caractère de la ville. Ce choix d’implantation n’est pas anodin : il place l’établissement au contact direct de l’énergie caribéenne qui irrigue Carthagène. Annie Monnier évoque une vitalité née de la rencontre entre l’âme historique des bâtiments et le rythme propre aux Caraïbes.
En fin d’après-midi, la lumière traverse les patios intérieurs et révèle les strates de pierre accumulées sur plusieurs siècles. Pour le visiteur, cette immersion dans le tissu vivant de la ville constitue une expérience bien différente d’un séjour dans un hôtel de luxe standard, isolé de son contexte urbain.
Quatre bâtiments historiques réunis en un seul projet
Le Four Seasons Cartagena repose sur l’assemblage de plusieurs édifices d’époques distinctes. Le plus ancien est le cloître San Francisco, datant du XVIe siècle. S’y ajoutent plusieurs anciens théâtres restaurés, ainsi que l’ancien Club Cartagena, construit dans les années 1920 selon les plans de l’architecte français Gaston Lelarge.
Ce dernier bâtiment abrite notamment un escalier de style Beaux-Arts, soigneusement restauré et visible dès le lobby. François Catroux, architecte d’intérieur décédé en 2020, a supervisé la décoration de cet espace en y intégrant des éléments issus des plans d’origine de Lelarge, des détails qui n’étaient pas techniquement réalisables lors de la construction initiale dans les années 1920.
Réunir ces bâtiments sans effacer leur identité respective a représenté un défi majeur. Laura Acevedo, directrice générale de San Francisco Investments et pilote du projet, souligne que chaque édifice a été étudié et mis en valeur dans le respect de son caractère propre. La cohérence architecturale d’ensemble, obtenue sans uniformisation, constitue selon elle la plus grande réussite de cette opération.
Plus de dix ans de chantier pour un résultat à la mesure de l’ambition
La réalisation du Four Seasons Cartagena a mobilisé une équipe étendue pendant plus de dix ans. Architectes, designers, ingénieurs, spécialistes de la conservation et de la restauration, consultants et artistes ont tous contribué à ce projet d’envergure. Cette durée témoigne de la complexité technique et patrimoniale d’une opération qui touchait à des bâtiments classés et à des matériaux anciens.
- Le cloître San Francisco, construit au XVIe siècle, constitue le bâtiment le plus ancien du complexe.
- L’ancien Club Cartagena, conçu par l’architecte français Gaston Lelarge, date des années 1920.
- François Catroux, décédé en 2020, a défini l’esthétique générale de l’hôtel.
- Le projet a nécessité plus de dix ans de travail et une équipe pluridisciplinaire.
- L’hôtel compte deux piscines situées sur le toit.
Pour le voyageur, cette durée de gestation se traduit par un niveau de finition et d’attention au détail rarement atteint dans ce type de reconversion patrimoniale.
131 chambres entre héritage colonial et minimalisme contemporain
Le Four Seasons Cartagena propose au total 131 chambres, réparties en deux univers distincts. D’un côté, 27 chambres d’inspiration coloniale, conçues par François Catroux, dont une suite présidentielle de deux chambres dotée de son propre ascenseur et ornée d’une fontaine en faïence réalisée par une céramiste locale. De l’autre, 104 chambres au style minimaliste et contemporain, qui offrent une alternative plus sobre tout en restant ancrées dans le cadre historique de l’établissement.
Ce double registre permet au Four Seasons Hotel and Residences Cartagena de s’adresser à des profils de voyageurs variés. Ceux qui souhaitent une immersion totale dans le patrimoine colombien trouveront dans les chambres coloniales des détails artisanaux uniques. Ceux qui préfèrent un cadre épuré pourront opter pour les chambres contemporaines, sans renoncer à la richesse du contexte architectural.
Carthagène des Indes, ville liée à la vie et à l’œuvre de Gabriel García Márquez, offre ainsi en 2026 un nouvel établissement qui fait de son patrimoine colonial une expérience concrète et habitable, plutôt qu’un simple décor.




