En 2026, la haute joaillerie se réinvente avec une audace rare. Louis Vuitton dévoile Mythica, une collection qui réinterprète les mythes sans les copier, et pose une question qui intrigue autant qu’elle fascine : peut-on encore croire aux récits fondateurs à l’ère des réseaux sociaux ?
Une constellation de cent-dix pièces uniques
Mythica ne se lit pas comme une épopée classique. La collection réunit cent-dix pièces uniques, réparties en onze chapitres distincts. Chaque bijou devient ainsi un fragment de récit, à rebours du parcours héroïque linéaire.
Pourtant, les références aux grandes figures antiques sont absentes. Le malletier choisit une grammaire contemporaine du récit de soi. Rien n’oblige à commencer par la conquête ni à finir par la victoire.
Dans le chapitre Conquest, par exemple, les flèches ne désignent pas une cible à atteindre, mais une direction à inventer. De même, Totem convoque la protection, sans folklore. Le « V » signature de la griffe structure chaque pièce et crée une tension graphique forte.
Des symboles maison réinterprétés avec précision
La maison s’appuie aussi sur ses codes les plus reconnaissables. Le damier, la fleur de Monogram et la corde sont ainsi présents, réinterprétés de façon ultra-précieuse et savamment twistés.
Ces symboles ne sont pas de simples ornements. Ils ancrent chaque pièce dans une identité forte, tout en ouvrant l’imaginaire à toutes les interprétations.
« Les mythes ne s’invoquent plus comme des postulats millénaires ; ils se posent comme une lucarne vers l’imagination. »
Des pierres rares qui bousculent la hiérarchie du précieux chez Louis Vuitton
Ce qui surprend avant tout dans Mythica, c’est le choix des pierres. La collection fait la part belle à des gemmes peu conventionnelles en haute joaillerie, mais d’une rareté exceptionnelle. La parure Enigma en est l’exemple le plus frappant : une topaze œil de chat de 127 carats y capte la lumière, presque insaisissable.
Dans le chapitre Spell, des diamants fluorescents rarissimes révèlent leur éclat uniquement sous une lumière spécifique. Ce choix sous-entend que ce qui compte n’est pas forcément ce qui est visible, mais ce qui apparaît quand on modifie son regard.
Le collier Fortitude pousse cette logique encore plus loin. Son zircon d’un bleu profond, formé il y a des millions d’années, dépasse les 80 carats. Une gemme extrêmement rare à ce niveau de pureté et de taille, qui introduit une forme de doute dans la hiérarchie traditionnelle du précieux.
- Topaze œil de chat de 127 carats dans la parure Enigma
- Zircon bleu profond de plus de 80 carats dans le collier Fortitude
- Collier Sirius totalisant 249,27 carats de gemmes : tourmalines, tanzanites, aigues-marines
- Diamant Fancy Vivid Pink de 3,31 carats et émeraude de Colombie de plus de 17 carats dans le collier Sirius
- Collier Victory orné de 38 diamants de couleurs, dont la réunion a nécessité près de trois ans
Le collier Sirius, camaïeu de bleus hypnotique
Le collier Sirius réinterprète la corde emblématique de la maison. Il relie 249,27 carats de gemmes formant un camaïeu de bleus hypnotique : tourmalines, tanzanites et aigues-marines se mêlent avec harmonie.
On y trouve aussi un diamant Fancy Vivid Pink de 3,31 carats d’une intensité extraordinaire. De plus, une remarquable émeraude de Colombie de plus de 17 carats vient compléter cet ensemble vibrant.
La collection Mythica, entre volume, transformation et arc-en-ciel chez Louis Vuitton
La griffe propose aussi des pièces transformables, des colliers torques ou seconde peau, ainsi que des jeux de volumes pensés pour susciter l’émerveillement. Parmi ces créations, un collier choker réunit 25 perles gold totalisant 511,28 carats. Rien n’est gravé dans le marbre, mais tout est conçu pour surprendre.
Le collier Victory reste pourtant la pièce la plus spectaculaire. Figurant une couronne de lauriers, il ose un arc-en-ciel de 38 diamants de couleurs, convoquant toutes les nuances du spectre chromatique. Il a fallu près de trois ans pour réunir ces pierres rarissimes.
Ainsi, Louis Vuitton propose une collection qui ne cherche pas à ressusciter les mythes antiques. La maison les transforme en outils poétiques, capables de révéler ce qui nous échappe encore. Mythica est, en ce sens, une invitation à regarder différemment ce que l’on croit connaître.




