Autrice : France Marie Myriam Larriere
À Paris, certaines adresses ne se contentent pas d’exister : elles composent un décor, insufflent une allure, redéfinissent une manière d’habiter la ville. Avec Monsieur Bassano, Christophe Leroy imagine bien plus qu’un lieu de restauration : une signature esthétique et sensorielle, à quelques pas des Champs-Élysées.

Une table, deux atmosphères : La signature Leroy
Pensé comme un diptyque, l’ensemble se déploie en deux espaces qui dialoguent subtilement. Le Restaurant Club, dissimulé dans une cave voûtée, évoque l’intimité feutrée des salons privés. Matières enveloppantes, lumières tamisées, lignes élégantes : tout concourt à créer une atmosphère suspendue. Le temps semble s’y ralentir, laissant place à une expérience où la gastronomie devient un élément du décor global. Les assiettes — homard bleu rôti, bar sauvage grillé, foie gras inspiré de la tradition de La Tour d’Argent — s’inscrivent dans cette recherche d’épure et de justesse.

Et puis, c’est aussi le temps d’un instant, un moment pour soi, de se couper du monde dans un petit salon intimiste qui traverse l’histoire entre livres et expérience de vie d’un chef pas comme les autres. Des photos de célébrités que le chef a pu servir lors de dîners privés sur la Côte d’Azur évoquent la nostalgie d’une belle époque, dans la lumière des bougies qui illumine, entre autres, Brigitte Bardot, Jean-Paul Belmondo ou encore Johnny Hallyday.

En vis-à-vis, le Bistrot affirme une tout autre énergie. Plus ouvert, plus lumineux, il capte le rythme de la rue et l’élégance nonchalante du Paris contemporain. Terrasse vivante, circulation fluide, esprit convivial : ici, l’espace invite au mouvement autant qu’à la dégustation. La carte, généreuse et instinctive, prolonge cette sensation de liberté avec des plats à partager, des viandes maturées ou encore des créations de saison. Et puis, avec les terrasses extérieures, c’est le retour des beaux jours : propice au soleil, la cuisine méditerranéenne envahit la table et laisse place aux saveurs du printemps.
Fidèle à son goût pour les lieux habités,
Christophe Leroy compose des espaces où chaque détail — du mobilier à l’assiette — participe à une même narration : celle du plaisir et du partage. Monsieur Bassano s’inscrit ainsi dans la tradition des grandes maisons parisiennes, où l’on vient autant pour l’atmosphère que pour ce qui s’y joue.

Une adresse pensée comme un intérieur, un moment chez soi, réconfortant, apaisant et emblématique, à vivre autant qu’à goûter.
