Le 5 juillet 2026, Zendaya a fait une entrée remarquée à l’avant-première londonienne de L’Odyssée, le nouveau film de Christopher Nolan. Parmi les détails de sa tenue, une paire de boucles d’oreilles a concentré tous les regards. Ces bijoux, fabriqués à partir de médaillons en or vieux de près de 3 000 ans, ont déclenché une vive controverse bien au-delà des tapis rouges.
Des médaillons antiques transformés en bijoux de soirée
Pour l’avant-première londonienne, Zendaya portait une robe blanche et un foulard noué autour de la tête. En guise d’ornements, elle avait choisi deux imposants médaillons en or anciens, transformés en boucles d’oreilles par le joaillier londonien Glenn Spiro. Ces pièces auraient ainsi près de 3 000 ans d’histoire.
Dans le film, l’actrice incarne le rôle d’Athéna. Ce choix de bijoux résonnait donc avec l’univers antique du long-métrage. Pourtant, derrière l’esthétique soignée se cachait une question bien plus sérieuse sur la provenance de ces objets.
Les médaillons sont attribués au trésor de Ziwiye. Or, une partie des objets issus de ce trésor a circulé sur le marché des antiquités sans documentation archéologique complète, à la suite de pillages du site.
La question de la provenance au cœur du débat
Pour plusieurs archéologues, de tels artefacts devraient être conservés dans des musées ou étudiés par des chercheurs. Les voir portés sur un tapis rouge par une vedette hollywoodienne suscite, de fait, une profonde gêne dans la communauté scientifique.
Sur Instagram, l’archéologue connue sous le pseudonyme de Dr Z a pris position sans détour. Elle estime que ces artefacts ont probablement été pillés en Iran avant de se retrouver aux oreilles d’une actrice américaine.
«Le marché noir des antiquités n’a rien de cool.»
Une polémique qui enflamme les réseaux sociaux
Selon Dr Z, les célébrités et leurs stylistes contribuent, parfois malgré eux, à banaliser une forme de «néocolonialisme» culturel. Cet avis a trouvé un large écho en ligne, comme le relève le HuffPost.
Parmi les commentaires, on lit des réactions très vives. Des internautes, dont certains se présentent comme archéologues ou historiens, dénoncent une atteinte au patrimoine mondial.
- «Nos artefacts anciens ne sont pas destinés à être utilisés par n’importe qui.»
- «En tant qu’historienne iranienne : AHHHHHHH !!!»
- «Moi-même archéologue, cela soulève des questions d’ordre éthique.»
- «Cela contribue à perpétuer le commerce illégal des biens culturels.»
- «Cela discrédite le travail accompli par les experts du patrimoine pour protéger ces objets de manière éthique.»
Ainsi, la polémique dépasse largement le cadre de la mode. Elle touche à des enjeux de protection du patrimoine et de responsabilité des figures publiques face aux objets qu’elles arborent.
Par ailleurs, le contexte géopolitique alourdit encore le débat. Dr Z souligne que ces pièces se retrouvent «aux oreilles d’une actrice américaine, dont le pays vient justement de bombarder l’Iran». Un argument qui amplifie la charge symbolique de ces bijoux anciens.
Des voix qui défendent ces créations joaillières
Pourtant, tout le monde ne partage pas cette lecture. L’archéologue Annelise Baer dit avoir été fascinée en découvrant ces boucles d’oreilles. Dans une vidéo, elle les qualifie simplement de «magnifiques» et y voit le signe d’un intérêt croissant des grandes maisons de joaillerie pour les bijoux antiques.
Elle cite, par exemple, les récentes collections de Cartier ou de Van Cleef & Arpels, inspirées des civilisations anciennes. Selon elle, cette tendance s’inscrit dans un mouvement plus large de valorisation de l’esthétique antique dans la joaillerie contemporaine.
Certains internautes soulignent aussi que les médaillons n’ont pas été percés, mais simplement fixés sur une monture réversible. De plus, ils estiment que de telles créations contribuent à faire connaître ces objets au grand public.
Ni Zendaya ni Glenn Spiro ne se sont exprimés
Face à l’ampleur des réactions, le silence des parties concernées est frappant. Pour l’heure, ni Zendaya, ni son styliste Law Roach, ni Glenn Spiro ou Barron London n’ont réagi publiquement à la polémique.
Ce silence laisse donc le débat ouvert. D’un côté, des spécialistes du patrimoine alertent sur les risques de banalisation du trafic d’antiquités. De l’autre, certains voient dans ces boucles d’oreilles un hommage à l’artisanat ancien.
Au-delà du look de tapis rouge, cette affaire pose une question de fond. Qui a le droit de porter, d’exposer ou de transformer des objets chargés d’une histoire aussi ancienne ? La réponse, elle, ne se résume pas à une monture réversible.




