Imaginez descendre d’un train et tomber immédiatement sous le charme d’un village perché à flanc de montagne, entouré de paysages que l’on croyait réservés aux cartes postales. C’est exactement ce que vivent depuis cet été des milliers de visiteurs à Tende, dans la vallée de la Roya, où 4 400 personnes ont afflué en l’espace de trois mois.
Un village perché qui attire bien au-delà des frontières régionales
Tende compte 1 775 habitants et se dresse à 800 mètres d’altitude, à la croisée du Parc national du Mercantour, de la Vallée des Merveilles et du Piémont italien. Ce positionnement géographique exceptionnel en fait un carrefour naturel entre France et Italie, entre montagne et culture. Pourtant, pendant longtemps, ce bourg médiéval restait méconnu du grand public.
Désormais, le bouche à oreille fait son œuvre. Gérard et Marie, venus de Cavalaire, l’illustrent parfaitement : ils ont fait le déplacement après avoir entendu parler du lieu par des proches. Stefan, lui, est arrivé d’Irlande et envisage carrément d’y acheter une maison, séduit par la fraîcheur du climat, les balades en VTT, les promenades au bord de la rivière et la vie à la campagne.
Ce village perché attire donc des profils très variés, des habitués du littoral azuréen qui fuient la canicule aux voyageurs européens en quête d’authenticité. Car rejoindre Tende demande un effort : 1 heure 15 en voiture depuis Menton pour 55 kilomètres, 2 heures en train ou encore 3 heures 25 à vélo. Cet effort, loin de décourager, semble au contraire renforcer l’attrait du lieu.
Le retour du train des Merveilles, moteur de la fréquentation
Après plus d’un an de travaux importants, la ligne Nice-Tende a rouvert ses portes le 15 décembre 2025. Cet été, les voyageurs ont massivement choisi ce mode de transport pour rejoindre ce bourg perché. Le résultat est sans appel : +35 % de voyageurs par rapport à 2024.
Le trajet lui-même constitue une expérience à part entière. Au départ de Nice, au niveau de la mer, le train traverse successivement les vallées du Paillon, de la Roya et de la Bévéra avant d’atteindre Tende, proche des 1 000 mètres d’altitude. Ce parcours somptueux contribue directement à l’engouement pour la destination.
Jordi Porqueres, gérant du bar l’Edelweiss situé face à la gare, observe que 200 personnes descendent à chaque passage du train. Selon lui, ces voyageurs font travailler l’ensemble des restaurateurs du village. Certains séjournent trois jours au camping ou à l’hôtel et reviennent régulièrement manger à midi comme le soir.
Des chiffres records pour le musée et le patrimoine local
À Tende, les visiteurs ne manquent pas d’occupations. Les ruelles médiévales, le patrimoine lié à la famille Lascaris et la Collégiale Notre Dame de l’Assomption constituent autant d’étapes incontournables dans ce village perché. Mais c’est le musée des Merveilles qui concentre l’attention.
- Le musée des Merveilles a enregistré 62 % de visiteurs supplémentaires par rapport à l’année précédente.
- Il a décroché une étoile au Guide Michelin Voyage et Cultures grâce à ses gravures rupestres.
- Les collections retracent la vie des hommes du Néolithique et de l’âge de bronze dans la vallée des Merveilles.
- Tende figure au palmarès des plus beaux détours de France depuis 2023.
Ces gravures rupestres issues de la vallée des Merveilles constituent un trésor archéologique rare, et leur mise en valeur au sein du musée a clairement convaincu les visiteurs. La distinction obtenue au Guide Michelin a sans doute renforcé la visibilité de ce village perché auprès d’un public plus large.
L’économie locale portée par un double effet frontière et train
La dynamique touristique de cet été repose sur deux leviers distincts. D’un côté, la réouverture du tunnel de Tende en août, accessible de 6 heures à 23 heures, a permis aux visiteurs italiens de traverser la frontière pour passer quelques heures ou quelques jours en France. De l’autre, le retour du train des Merveilles a ouvert la porte à une clientèle française et européenne qui n’aurait peut-être pas fait le trajet en voiture.
Pour les commerçants, les chiffres officiels manquent encore, mais le constat de terrain est unanime. Les terrasses se remplissent, les hébergements affichent complet et les restaurants tournent à plein régime. Ce village perché de la Roya, longtemps confidentiel, s’impose progressivement comme une destination à part entière dans l’arrière-pays azuréen. Les 4 400 visiteurs accueillis en trois mois en sont la preuve la plus concrète.




