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Gastronomie

Viandes, légumes et savoir-faire : la nouvelle recette de 175°C

175°C : quand la rôtisserie traditionnelle prend un nouveau souffle

Une odeur de poulet rôti flotte dans la rue de Charonne. Derrière une façade en bois rouge, les rôtissoires tournent déjà. À première vue, 175°C ressemble à une rôtisserie de quartier comme il en existait autrefois. Pourtant, derrière ce commerce se cache une nouvelle vision de la restauration, où tradition familiale, produits locaux et cuisine contemporaine se rencontrent.

À l’origine du projet, Baptiste Huet, 28 ans, n’a pas choisi ce métier par hasard. Il a grandi dans la Boucherie Huet, à Boulogne-Billancourt, tenue pendant plus de trente ans par ses parents. Très jeune, il accompagne son père aux halles de Rungis et découvre les exigences du métier. Après des études à Vatel et Ferrandi, puis des expériences dans des établissements prestigieux comme le Ritz Paris ou le Marriott de Hong Kong, il revient à son premier amour : la rôtisserie.

Mais loin de reproduire le modèle familial à l’identique, Baptiste souhaite le faire évoluer. Chez 175°C, la viande reste au cœur de la carte, mais les légumes occupent une place tout aussi importante. Deux rôtissoires distinctes permettent de cuire séparément viandes et légumes afin de respecter leurs saveurs. Chou-fleur, chou vert ou carottes sont travaillés avec le même soin que le poulet ou la poitrine de porc, une approche qui répond aux nouvelles habitudes alimentaires, notamment celles des consommateurs flexitariens.

En cuisine, le chef Jules Sevenet apporte une touche plus personnelle. Formé auprès de grands chefs, il mêle techniques françaises et influences asiatiques. Les marinades et les sauces deviennent une véritable signature : herbes de Provence, miel, moutarde, persil ou encore gochujang viennent relever les produits sans masquer leur goût.

L’établissement mise également sur un approvisionnement local. Les volailles proviennent de producteurs situés à moins de 300 kilomètres de Paris, tandis que les fruits et légumes sont sélectionnés selon les saisons. Une démarche qui traduit la volonté de proposer une cuisine de qualité tout en soutenant les producteurs français.

À l’heure du déjeuner, la clientèle se compose d’habitants du quartier comme de salariés venus chercher un repas rapide. Sandwichs préparés à la minute, plats à emporter et desserts maison répondent aux nouveaux rythmes de vie sans renoncer au fait maison. Le service, inspiré des commerces d’autrefois, privilégie le conseil et la proximité avec les clients.

À travers 175°C, Baptiste Huet ne cherche pas seulement à ouvrir une nouvelle adresse parisienne. Il souhaite montrer qu’un métier traditionnel peut évoluer avec son époque, en conciliant héritage familial, innovation culinaire et nouvelles attentes des consommateurs. Plus qu’une simple rôtisserie, 175°C illustre le renouveau des commerces de bouche, où la tradition continue de vivre tout en se réinventant.