The Setai, Miami Beach : Miami en mode slow
À Miami, le matin appartient encore au silence. Avant que les voitures ne se pressent sur Collins Avenue, avant que les terrasses ne se remplissent et que South Beach ne retrouve son goût pour la fête, quelques silhouettes avancent sur le sable. Des joggeurs, des promeneurs, parfois un chien. Face à eux, l’Atlantique s’éclaire peu à peu.
Depuis The Setai, il suffit de quelques pas pour rejoindre cette plage. Une situation presque paradoxale pour un hôtel installé au cœur de South Beach : ici, la ville semble soudain loin. Le bruit se dissout dans celui des vagues et le programme de la journée peut tenir en quelques mots : marcher, nager, pédaler, déjeuner, recommencer.
C’est une autre façon de découvrir Miami. Une version plus lente, plus contemplative, à rebours de l’image d’une ville qui ne s’arrête jamais.
Quand South Beach ralentit

Installé sur Collins Avenue, The Setai occupe un bâtiment Art déco historique auquel s’est ajoutée une tour contemporaine. Son décor joue sur une rencontre entre l’héritage de Miami Beach et des influences asiatiques : bois sombre, lignes épurées, matières naturelles et briques anciennes venues de Shanghai composent une atmosphère étonnamment sereine. Forbes Travel Guide décrit d’ailleurs l’établissement comme une oasis de calme au milieu de South Beach.
À l’extérieur, trois piscines prolongent cette sensation de retrait. Leur particularité est de ne pas être à la même température : environ 24 °C pour le bassin destiné à la nage, 29 °C pour la piscine centrale et 32 °C pour la piscine familiale. Une idée simple, mais qui résume assez bien la philosophie du lieu : ne rien imposer, laisser chacun choisir son rythme.
Le matin, l’hôtel propose également du yoga sur la plage du vendredi au dimanche. Face à l’océan, la séance commence à 8 h 30, avant que la chaleur et l’animation de South Beach ne prennent véritablement possession du quartier.
South Beach, version deux roues

Pour comprendre cette autre Miami, il faut aussi quitter l’hôtel.
The Setai met à disposition de ses clients une flotte de vélos personnalisés. Une manière de parcourir South Beach à une vitesse suffisamment lente pour observer ce que l’on ne voit pas depuis une voiture : les façades pastel, les palmiers, les détails des immeubles Art déco, les passants et la lumière qui change au fil de la journée.
À vélo, Miami cesse d’être une succession d’adresses à cocher. On longe l’océan, on s’arrête quand une architecture attire l’œil, on poursuit jusqu’à Lincoln Road ou dans les rues de South Beach. Le déplacement devient lui-même une expérience.
C’est peut-être là que le concept de « slow travel » prend le plus de sens : non pas renoncer à découvrir une destination, mais accepter de ne pas tout voir.
Le luxe de ne rien faire

De retour au Setai, le temps peut à nouveau se dilater.
Le Valmont Spa propose une parenthèse entièrement consacrée au bien-être. Le lieu dispose notamment de sept salles de soins, dont cinq suites pour les couples, ainsi que de saunas, de douches vapeur et d’un bassin froid d’hydrothérapie.
Ici, le luxe ne tient donc pas seulement à la sophistication du décor ou au niveau de service. Il tient aussi à une forme de disponibilité mentale : celle de pouvoir consacrer une heure, deux heures ou une après-midi entière à ne rien faire d’autre que prendre soin de soi.
Après un massage ou quelques longueurs dans la piscine, la ville paraît encore un peu plus loin.
Déjeuner face à l’Atlantique
À l’heure du déjeuner, inutile de reprendre la voiture.
Installé directement face à l’océan, l’Ocean Grill propose une cuisine aux accents méditerranéens et italiens. La terrasse ouverte sur la plage invite davantage à s’attarder qu’à avaler un déjeuner entre deux rendez-vous.
Le soir, changement d’atmosphère. Dans la cour intérieure du Setai, Jaya mêle influences sud-asiatiques et décor tropical. Le restaurant propose notamment des spécialités inspirées des cuisines chinoise, indienne, thaïlandaise et balinaise.
Et puis il y a Japón, l’adresse japonaise contemporaine de l’hôtel, pensée comme une expérience immersive. Le restaurant figure parmi les établissements distingués dans la sélection du Prix Versailles des plus beaux restaurants du monde.
Même ici, le « slow » ne signifie donc pas austérité ou retrait du monde. Il s’agit plutôt de transformer le temps passé à table en véritable moment de voyage.
Une autre idée du luxe
Le paradoxe du Setai est finalement celui de toute expérience slow à Miami : il n’est pas nécessaire de quitter l’effervescence pour y échapper.
South Beach reste là, à quelques mètres. Ses restaurants, ses boutiques, son architecture Art déco, ses nuits et son énergie continuent de vivre autour de l’hôtel. Mais depuis cette adresse, il devient possible de choisir quand les retrouver.
C’est peut-être cela, finalement, le vrai luxe : ne pas avoir besoin de courir.
À Miami, le slow travel ne consiste pas à faire moins pour faire moins. Il consiste à regarder davantage. À prendre le temps d’un lever de soleil, d’une balade à vélo, d’un déjeuner qui s’éternise ou d’une heure passée face à l’océan.
Et à découvrir, derrière la ville spectaculaire que tout le monde connaît, une Miami beaucoup plus douce.




