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Gastronomie / L'Art de Vivre

Salted Boy : pourquoi Paris craque pour le salted bread

SALTED BOY : le petit pain venu de Séoul qui fait craquer Paris

À deux pas des Arts-et-Métiers, une nouvelle adresse parisienne ne mise ni sur le croissant ni sur le cinnamon roll, mais sur un petit pain doré, généreusement beurré et délicatement salé. Chez Salted Boy, le salted bread, star des bakeries coréennes, s’installe dans le paysage gourmand parisien. Nous sommes allés le goûter.

Il y a les adresses que l’on découvre par hasard. Et puis celles dont on entend parler avant même d’y avoir mis les pieds.

Depuis quelques semaines, un drôle de petit pain fait parler de lui dans le Marais. Doré, légèrement croustillant, tout en rondeur, il ne ressemble ni tout à fait à une brioche, ni vraiment à un pain, encore moins à une viennoiserie traditionnelle.

Son nom ? Le salted bread. Et son nouveau terrain de jeu : Paris.

Direction le 3e arrondissement, au 4 rue Réaumur, où Salted Boy vient d’installer sa première adresse permanente. Après un premier pop-up remarqué dans le Marais — plus de 1 000 pièces auraient été vendues en seulement deux jours — le concept passe désormais à la vitesse supérieure.

À l’intérieur, même décor dépouillé et contemporain : inox, bois, quelques tables, une vitrine où les petits pains s’alignent, encore tièdes.

L’atmosphère tient autant de la bakery que du coffee shop.

Et surtout, tout tourne autour d’un seul produit. Le salted bread.

LE PETIT PAIN QUI A TOUT D’UN GRAND

Le phénomène mérite que l’on s’y attarde.

Appelé shio pan au Japon, le salted bread a ensuite rencontré un immense succès en Corée du Sud, où il est devenu un incontournable des bakeries et coffee shops.

Son charme tient justement à sa simplicité.

Une pâte travaillée avec du levain. Du beurre. Du sel. Et une cuisson parfaitement maîtrisée.

À la sortie du four, la surface est dorée et croustillante. À l’intérieur, la mie reste incroyablement moelleuse et aérienne. Le beurre, lui, fond pendant la cuisson et crée une cavité caractéristique — cette fameuse « butter cave » — tout en donnant une base particulièrement croustillante.

Puis vient le sel. Juste ce qu’il faut. Celui qui réveille le beurre et donne envie de reprendre une bouchée. Et une autre.

NOTRE TEST : LE NATURE, D’ABORD

Il fallait commencer par le commencement.

Le Salted Bread Nature — 3,50 €.

Encore légèrement chaud, il se croque presque comme une viennoiserie… mais avec quelque chose de plus franc, de plus iodé, de plus addictif.

La croûte craque.

La mie est tendre.

Le beurre arrive ensuite.

Puis le sel.

Trois sensations en quelques secondes.

C’est simple, mais précisément parce que c’est simple, tout se joue dans l’exécution.

Chez Salted Boy, la philosophie revendiquée est d’ailleurs celle du produit unique : faire moins, mais le faire parfaitement. Les pains sont fabriqués sur place et cuits tout au long de la journée.

ET SI ON TREMPAIT ?

C’est là que l’expérience devient franchement ludique.

Le salted bread peut se déguster nature, mais Salted Boy propose aussi plusieurs dips.

Pandan-coco.

Chocolat.

Cream cheese.

On arrache un morceau encore tiède et on le plonge directement dans la sauce.

Le pandan-coco apporte une douceur végétale et exotique.

Le chocolat transforme immédiatement le petit pain en gourmandise régressive.

Quant au cream cheese, il joue la carte du contraste salé-onctueux.

Le geste paraît presque enfantin.

Le résultat, lui, est terriblement efficace.

On trempe. On croque. Et on recommence.

C’est d’ailleurs tout le principe de la maison : « Le pain, le dip, le café. Tu trempes, tu mords, tu recommences. »

UNE HISTOIRE ENTRE PARIS ET SÉOUL

Derrière Salted Boy, trois associés : Maxime Gaffory, Stéphane Ung et Anthony Nguyen.

Trois univers réunis autour d’une même intuition : apporter à Paris un produit encore peu présent dans nos habitudes, mais déjà profondément installé dans la culture food coréenne.

Le pari n’était pourtant pas de reproduire à l’identique une spécialité découverte en Asie.

Avant l’ouverture parisienne, plusieurs mois ont été consacrés à mettre au point la recette : fermentation, façonnage, beurre, cuisson, textures.

Puis direction Séoul pour aller comprendre le produit à sa source.

L’équipe s’est notamment formée chez Tenne Bakery, avant d’y organiser son propre pop-up. Une immersion destinée à appréhender les codes du salted bread avant de lui donner une interprétation parisienne.

Le résultat ? Une rencontre assez séduisante entre le savoir-faire français et une tendance venue d’Asie.

PEU D’INGRÉDIENTS, BEAUCOUP DE PRÉCISION

Chez Salted Boy, pas de carte interminable.

Le concept repose sur une idée presque radicale : prendre un produit très simple et travailler chaque détail.

La farine, le beurre, le levain, le temps de fermentation.

Tout compte.

Et à l’heure où Paris croule sous les concepts toujours plus sophistiqués, cette simplicité a quelque chose de rafraîchissant.

Le salted bread n’essaie pas de devenir autre chose.

Il reste un petit pain.

Mais un petit pain particulièrement bien pensé.

LE COUP DE CŒUR : QUAND LE BEURRE RENCONTRE LE SEL

C’est probablement là que réside son pouvoir d’attraction.

Le salted bread joue sur quelque chose de très instinctif : le beurre, le croustillant, le moelleux et le sel.

Des textures familières.

Des saveurs immédiatement réconfortantes.

Mais réunies dans un format nouveau.

Il peut se manger au petit-déjeuner, accompagner un café, se glisser dans une pause gourmande ou devenir une petite obsession à emporter.

Et c’est peut-être précisément pour cela qu’il a toutes les chances de trouver son public à Paris.

SALTED BOY 

4 rue Réaumur
75003 Paris

Du mardi au dimanche, 9 h – 18 h. Sur place et à emporter.