Neuf personnalités aux trajectoires radicalement différentes, réunies autour d’un même objectif : choisir les lauréats de la 52e édition du Festival du cinéma américain de Deauville. Cette année, c’est Roschdy Zem qui préside ce jury d’exception, dont la composition mêle acteurs, réalisateurs, écrivains et metteurs en scène.
Un jury construit autour de la diversité des regards
Ce qui frappe d’emblée dans la composition de ce jury, c’est l’étendue des disciplines représentées. Le Festival du cinéma américain de Deauville a réuni des personnalités venues du théâtre, du cinéma d’auteur, de la littérature et même de la réalisation émergente. Chacun apporte une grille de lecture propre, ce qui promet des délibérations riches et nuancées.
Ainsi, Simon Abkarian incarne le lien entre les planches et l’écran. Formé au Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine, il a ensuite construit une carrière cinématographique solide, notamment sous la direction de Cédric Klapisch. En 2001, son rôle dans Une bête sur la Lune lui vaut le Molière du meilleur comédien, une récompense qui témoigne de son ancrage profond dans le monde du spectacle vivant.
De son côté, Camille Chamoux représente une autre facette du parcours artistique. Formée au Conservatoire, elle s’est d’abord imposée sur scène avant d’écrire son premier one-woman-show en 2006. Au cinéma, elle franchit un cap supplémentaire avec Les Gazelles, qu’elle coécrit et dans lequel elle tient le premier rôle, affirmant ainsi une double compétence d’autrice et d’interprète.
Des parcours internationaux et engagés au service du festival de Deauville
Cécile de France apporte au jury une dimension internationale indéniable. Révélée par L’Auberge espagnole de Cédric Klapisch, elle décroche le César du meilleur espoir féminin en 2003. Par la suite, elle collabore avec des cinéastes aussi différents que les frères Dardenne et Clint Eastwood, ce qui lui confère une vision large du cinéma mondial.
Euzhan Palcy, originaire de Martinique, représente quant à elle une cinéaste dont l’œuvre a marqué l’histoire du septième art. En 1983, elle réalise Rue Cases-Nègres, adapté du roman de Joseph Zobel. Elle signe ensuite Une saison blanche et sèche, avec Donald Sutherland et Marlon Brando. Son cinéma engagé a largement dépassé les frontières, ce qui en fait une voix particulièrement précieuse au sein de ce jury.
Mohamed Mbougar Sarr, lui, apporte un regard littéraire rare dans ce type d’instance. Né au Sénégal, il reçoit le prix Goncourt en 2021 pour La Plus secrète mémoire des hommes, son quatrième roman. Son œuvre interroge la création, la mémoire, l’histoire et les rapports entre l’Afrique et l’Europe. Sa présence au sein du jury du Festival du cinéma américain de Deauville illustre la volonté d’ouvrir le regard cinématographique à d’autres territoires de la pensée.
Roschdy Zem, un président qui connaît le cinéma de l’intérieur
Présider un jury du Festival du cinéma américain de Deauville suppose une connaissance intime du métier. Roschdy Zem répond pleinement à cette exigence. Révélé au début des années 1990, il a travaillé avec des cinéastes comme André Téchiné, Xavier Beauvois et Arnaud Desplechin. Il reçoit le César du meilleur acteur pour Roubaix, une lumière, avant de passer lui-même à la réalisation avec des films tels que Mauvaise Foi, Omar m’a tuer, Chocolat et Les Miens.
Cette double expérience d’acteur et de réalisateur lui permet d’aborder les films en compétition avec une perspective complète. Il sait ce que représente le travail devant la caméra, mais aussi les choix qui se font derrière.
Les membres du jury en un coup d’œil
- Roschdy Zem, président, acteur et réalisateur, César du meilleur acteur pour Roubaix, une lumière
- Cécile de France, actrice, César du meilleur espoir féminin en 2003
- Euzhan Palcy, réalisatrice martiniquaise, autrice de Rue Cases-Nègres
- Mohamed Mbougar Sarr, écrivain sénégalais, prix Goncourt 2021
- Lola Quivoron, réalisatrice, diplômée de La Fémis, autrice de Rodeo présenté à Cannes en 2022
- Laura Smet, actrice et réalisatrice, prix Romy-Schneider pour Les Corps impatients
Une nouvelle génération de cinéastes représentée
Raphaël Personnaz, formé au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris, a su s’imposer dans des registres variés. On l’a vu dans La Princesse de Montpensier, Trois Mondes et Quai d’Orsay, tout en menant une carrière théâtrale parallèle. Sa capacité à naviguer entre comédie et drame en fait un juré attentif aux nuances d’interprétation.
Lola Quivoron représente, elle, la génération la plus récente. Diplômée de La Fémis en réalisation en 2016, elle signe en 2022 son premier long-métrage, Rodeo, présenté à Cannes dans la section « Un certain regard ». Son cinéma s’intéresse aux marges et à la jeunesse, notamment à travers le monde des rodéos urbains. Enfin, Laura Smet complète ce jury avec un parcours qui l’a conduite de l’interprétation à la réalisation. Elle débute au cinéma dans Les Corps impatients de Xavier Giannoli, ce qui lui vaut le prix Romy-Schneider. En 2018, elle passe derrière la caméra avec Thomas, son premier court-métrage.
Du 4 au 13 septembre 2026, ce jury aux profils complémentaires aura donc la charge de départager les films présentés lors de cette 52e édition du Festival du cinéma américain de Deauville, offrant au public une garantie de regards croisés et d’exigence artistique.



