Street food brésilienne : après le pão de queijo et la coxinha, Paris succombe à l’esprit Trigo
Longtemps associée aux incontournables pão de queijo, ces petits pains au fromage moelleux, ou encore aux coxinhas croustillantes garnies de poulet, la street food brésilienne continue de conquérir les palais parisiens. Une cuisine solaire, généreuse, qui s’inscrit aujourd’hui dans une nouvelle génération plus créative et métissée.

Dans la rue Papillon, dans le 9e arrondissement de Paris, Trigo apporte un souffle nouveau à cette scène gourmande. Ce spot de street-food franco-brésilienne imaginé par Ághata Le Lay et Dani Bogoricin s’inscrit dans un quartier déjà marqué par des influences latines et une vie nocturne conviviale. Si les adresses ont évolué au fil des années, la rue a longtemps été un point de rencontre festif, notamment autour de soirées brésiliennes qui animaient le quartier certains soirs de semaine et de week-end, laissant une empreinte durable dans la mémoire locale.

C’est dans ce décor vivant que Trigo déploie aujourd’hui son énergie. Derrière le comptoir, les deux fondatrices défendent une cuisine qui nourrit autant le corps que les souvenirs, portée par une envie simple : partager.
Car Trigo signifie « blé » en portugais. Une céréale humble mais essentielle, symbole de transmission et de diversité culinaire. À l’image du sandwich, ce plat universel capable de raconter mille histoires en quelques bouchées.
Parmi ces histoires, celle du Bauru occupe une place centrale dans la culture brésilienne.
Le Bauru, sandwich mythique de São Paulo

Véritable icône de la street food brésilienne, le Bauru est né dans les années 1930 à São Paulo. Son origine est liée à un jeune étudiant originaire de la ville de Bauru, venu poursuivre ses études de droit dans la métropole pauliste.
Habitué à une cuisine simple et généreuse, il aurait demandé dans un restaurant du centre-ville un sandwich personnalisé, composé uniquement des ingrédients qu’il affectionnait. De cette demande spontanée est née une recette devenue culte : rosbif, fromage fondu, tomates, cornichons et mayonnaise, réunis dans un pain chaud et croustillant.

Le succès est immédiat. Le sandwich se diffuse dans toute la ville et prend naturellement le nom de sa ville natale : Bauru. Il devient alors un symbole de la cuisine populaire pauliste, incarnant une gastronomie accessible, conviviale et profondément ancrée dans le quotidien brésilien.
Aujourd’hui encore, il reste une référence incontournable à São Paulo, décliné dans de nombreuses versions selon les établissements, entre tradition et réinterprétation.
Chez Trigo, à Paris, ce classique trouve une nouvelle résonance, fidèle à son esprit d’origine tout en s’adaptant à un nouveau territoire gastronomique.
Crédits photos : ©Daniela Moretto / ©Johanna Alam



