McLaren n’a pas choisi d’effacer son passé pour se réinventer. La marque britannique a fait exactement l’inverse, en fouillant ses archives jusqu’aux origines néo-zélandaises de son fondateur pour construire une nouvelle identité visuelle.
Une station-service d’Auckland au cœur du nouveau logo McLaren
Tout commence à Remuera, quartier d’Auckland en Nouvelle-Zélande. C’est là que Les et Ruth McLaren tenaient une station-service familiale.
Leur fils Bruce y construisit la voiture qui lui offrit sa première victoire en compétition. Ce lieu fondateur inspire désormais directement le nouveau logo de la marque.
Le détail le plus frappant est subtil. Un « c » apparaît en format réduit, perché sur un trait horizontal qui lui sert de socle, répliquant l’enseigne originelle de cette station.
Ce choix graphique n’est pas décoratif. Il ancre la marque dans une généalogie concrète, celle de Bruce McLaren, pilote fondateur de Bruce McLaren Motor Racing Ltd en 1963, dont l’esprit continue d’irriguer les deux entités du groupe, à savoir McLaren Automotive et McLaren Racing.
Speedmark, kiwi et papaye – trois symboles que l’écurie conserve
Cette refonte ne repart pas de zéro. Trois éléments visuels traversent le temps et réapparaissent dans la nouvelle identité.
D’abord, le Speedmark. Ce symbole, apparu pour la première fois en 1997, évoque les tourbillons générés par l’aileron arrière d’une voiture de course. La marque le préserve tel quel.
Ensuite, le Speedy Kiwi. Deuxième logo officiel de l’écurie, il a circulé de 1967 à 1980. Il représente le kiwi, oiseau incapable de voler mais réputé pour sa vitesse à la course, animal emblématique de la Nouvelle-Zélande natale de Bruce.
Enfin, la couleur papaye. Présente depuis les premières saisons de compétition, elle reste au centre de la palette, désormais entourée de teintes puisées dans les archives visuelles de la marque.
Ce que révèle ce choix sur la stratégie du groupe
Lou McEwen, directeur marketing de McLaren Racing, a mis en mots la logique de cette démarche. Il a expliqué que la vision et l’esprit de Bruce McLaren imprègnent encore l’entreprise aujourd’hui, et que cette identité renouvelée établit le lien entre cet héritage et les ambitions futures.
Ce discours s’appuie sur des actes concrets. En 2026, l’écurie a célébré son 1 000e Grand Prix de Formule 1. Par ailleurs, elle a annoncé l’engagement d’une Hypercar en championnat du monde d’endurance, le WEC, avec la Triple Couronne comme objectif.
Du côté route, McLaren Automotive a confirmé un programme d’investissement de 500 millions de livres sterling pour renforcer ses capacités de production et d’ingénierie au Royaume-Uni.
- 1 000e Grand Prix de Formule 1 célébré en 2026
- Engagement d’une Hypercar en WEC, Triple Couronne en ligne de mire
- 500 millions de livres sterling investis dans la production au Royaume-Uni
- Arrivée annoncée sur le segment des SUV, au-delà des sportives biplaces
- Présentation de la McL 6GT, héritière directe de la M6GT de Bruce McLaren
McLaren entre SUV et héritage – une expansion qui interroge
Le plan des 500 millions de livres vise à soutenir une phase de croissance inédite. Cela inclut notamment l’arrivée de la marque sur le segment des SUV, catégorie jusqu’ici absente de sa gamme de sportives biplaces.
Ce pivot vers un marché plus large ne coupe pas le fil avec l’histoire. La marque a présenté la McL 6GT, directement héritière de la M6GT que Bruce McLaren avait lui-même développée.
Or, c’est précisément là que la nouvelle identité visuelle prend tout son sens. Refonder son image sur des racines documentées permet d’élargir son offre sans perdre la cohérence de son récit.
De la station-service familiale d’Auckland aux circuits du WEC, en passant par les routes où circuleront bientôt ses premiers SUV, la marque trace ainsi une ligne continue entre un garage néo-zélandais des années soixante et ses ambitions mondiales de 2026.




