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LVMH et Kering interdisent les mannequins de moins de 18 ans dès 2027

LVMH et Kering interdisent les mannequins de moins de 18 ans dès 2027

En 2026, LVMH et Kering franchissent un cap décisif dans la protection des mannequins. Dix ans après un premier engagement commun, les deux groupes remettent leur charte sur la table et durcissent le ton.

Quand la mode se regarde dans le miroir

La dernière Semaine de la mode de Paris a ravivé une controverse tenace. La maigreur excessive de certains modèles sur les podiums a de nouveau défrayé la chronique.

C’est dans ce contexte que LVMH et Kering publient conjointement un texte remanié. Celui-ci succède à la charte originale signée en 2017, et ses exigences vont nettement plus loin.

Antoine Arnault, en charge de l’Image et de l’Environnement chez LVMH, place cet engagement dans une dynamique collective. Il précise que la protection des mannequins relève d’un engagement partagé par l’ensemble des acteurs de la filière, des maisons aux agences, en passant par les directeurs de casting et les mannequins eux-mêmes.

De son côté, Marie-Claire Daveu, Directrice du Développement durable et des affaires institutionnelles de Kering, va plus loin encore. Elle pose le respect, la sécurité et la dignité des mannequins comme des principes non négociables.

LVMH et Kering fixent des règles concrètes sur les podiums

Premier levier actionné, l’âge minimum d’engagement. Désormais, aucun mannequin de moins de 18 ans ne pourra prendre part aux défilés ou aux séances photo des collections adultes des deux groupes.

Cette règle s’impose à toutes les agences travaillant avec les maisons de LVMH, dont Louis Vuitton, Dior, Fendi et Celine. Elle vaut également pour celles qui collaborent avec Gucci, Saint Laurent et Balenciaga, du côté de Kering.

Par ailleurs, la charte introduit des tailles planchers strictes. Les agences partenaires devront présenter des mannequins femmes portant au minimum du 34, et des mannequins hommes à partir du 44.

Ces seuils s’inscrivent dans un principe plus large d’inclusion. Les deux groupes entendent ainsi refléter une plus grande diversité de profils sur leurs podiums et dans leurs campagnes.

Tolérance zéro et nouveaux garde-fous sur les tournages

La charte pose également un principe de tolérance zéro face au harcèlement, aux abus et aux violences, notamment sexistes ou sexuelles. Ce principe concerne l’ensemble des situations de travail, défilés comme shootings.

Les scènes impliquant nudité ou semi-nudité font désormais l’objet d’un protocole précis. Un accord préalable et formel est exigé, un espace réservé doit être aménagé, et aucun mannequin ne peut être laissé seul avec un membre de la production.

Pour s’assurer du respect de ces engagements, les deux groupes prévoient plusieurs dispositifs. Voici les principaux mécanismes mis en place.

  • Des actions de sensibilisation et de formation à destination des équipes
  • Un contrôle accru à chaque étape de la collaboration
  • Une procédure de signalement renforcée pour les mannequins
  • Des vérifications inopinées directement sur les lieux de travail

Ces outils transforment la charte en dispositif vivant, et non en simple déclaration d’intention. C’est là toute la différence avec le texte de 2017.

Au-delà du podium, des conditions de travail encadrées de bout en bout

La charte remaniée ne s’arrête pas aux questions de sécurité physique ou de harcèlement. Elle intègre également des règles relatives au transport, au logement et au temps de travail des mannequins.

Le texte aborde par ailleurs la question de la reconversion des modèles. Cet aspect, souvent négligé dans les chartes sectorielles, traduit une vision à plus long terme de la responsabilité des groupes.

Car accompagner un mannequin dans l’après-carrière, c’est reconnaître que son engagement dépasse le temps d’un défilé. C’est une perspective que ni LVMH ni Kering n’avaient formalisée avec une telle netteté auparavant.

Une entrée en vigueur calée sur la Fashion Week de Paris 2027

L’ensemble de ces dispositions prendra effet dès la prochaine Fashion Week de Paris, en 2027. Ce calendrier donne aux agences et aux maisons partenaires le temps de s’organiser et de former leurs équipes.

Dès lors, chaque casting, chaque plateau de tournage et chaque coulisse de défilé devront répondre aux nouvelles exigences communes des deux groupes. La mode de luxe s’impose ainsi ses propres règles du jeu, avant même que la loi ne l’y contraigne.