Un sac en forme de céleri, des chaussures en paille, des cravates ornées d’un smiley jaune : pendant deux ans et demi, la griffe italienne Moschino a vécu au rythme d’une créativité décalée et joyeuse. Ce chapitre se referme ce 19 juin 2026, avec le départ d’Adrian Appiolaza, annoncé avec effet immédiat par la maison.
Un bilan en six défilés et des créations qui restent en mémoire
Adrian Appiolaza a signé six défilés à la tête de Moschino. Chacun portait sa marque : un goût du jeu, une anarchie douce, des pièces volontiers loufoques. Ainsi, le designer argentin a imaginé des sacs en forme de bidon de lessive, des sacs spaghetti, des chapeaux superposant trois chapeaux en un seul, ou encore des vestes imitant des tables.
Car Adrian Appiolaza ne cherchait pas la sobriété. Il défendait, au contraire, une mode légère et engagée, attentive aux enjeux écologiques. Son parcours lui avait donné les outils pour cela : il avait travaillé au sein de maisons comme Loewe, Chloé, Louis Vuitton, McQueen et Miguel Adrover avant de rejoindre la marque italienne.
« J’ai eu la chance extraordinaire de pouvoir exprimer ma créativité pour une grande marque italienne au patrimoine créatif exceptionnel. »
De son côté, Moschino a salué sa contribution significative au développement de la griffe, tout en lui souhaitant plein succès dans ses projets futurs. Les deux parties se séparent donc sur des mots mesurés et respectueux.
Un poste qui porte une histoire douloureuse
Pour comprendre l’arrivée d’Appiolaza, il faut se souvenir du contexte difficile dans lequel il a pris ses fonctions. En octobre 2023, David Renne avait été nommé directeur artistique de la maison. Pourtant, il décédait dix jours plus tard des suites d’une maladie. Un drame qui avait profondément secoué la griffe.
C’est donc dans un moment de fragilité que Moschino accueillait Adrian Appiolaza, en janvier 2024. Le designer argentin apportait avec lui son expérience solide et son sens de l’humour créatif. Par ses choix esthétiques, il choisissait d’affirmer une identité claire : celle d’une mode qui ne se prend pas au sérieux, mais qui prend ses convictions très au sérieux.
Moschino dans le groupe Aeffe : une marque aux épaules solides
La griffe appartient au groupe Aeffe, qui détient aussi Alberta Ferretti et Philosophy di Lorenzo Serafini. Ce cadre industriel structuré donne à Moschino une stabilité réelle, même en période de transition créative. Ainsi, la marque n’en est pas à son premier changement de cap et sait gérer ces moments de bascule.
La communication officielle du groupe reste brève et cordiale. Aucun désaccord n’est mentionné, aucune tension ne transparaît dans les déclarations. Par conséquent, le départ d’Appiolaza ressemble davantage à une fin de cycle qu’à une rupture brutale.
Un successeur attendu, des noms qui circulent pour la suite chez Moschino
Moschino n’a pas encore révélé le nom du prochain directeur artistique. La maison a simplement indiqué que cette annonce interviendrait très prochainement. Les rumeurs, pourtant, s’activent déjà dans les coulisses de la mode.
Ainsi, les noms de Simone Rizzo et Loris Messina, les designers derrière la marque Sunnei, circulent avec insistance. Aucune confirmation n’a pour l’instant suivi ces spéculations. La griffe garde donc le mystère sur ce nouveau chapitre.
Quel héritage pour cette parenthèse créative ?
Les deux ans et demi d’Adrian Appiolaza à la tête de Moschino laissent une trace nette. Il a choisi d’incarner l’esprit fondateur de la marque : l’ironie, la légèreté, le refus du conformisme. De fait, ses créations les plus marquantes – le sac céleri, le sac spaghetti, les chaussures en paille – résument bien cette philosophie.
En revanche, la question de la durée se pose. Six défilés en deux ans et demi : c’est le temps qu’il aura fallu à la griffe pour tourner la page. Ce rythme reflète une tendance plus large dans l’industrie, où les directions artistiques se raccourcissent et où les maisons cherchent sans cesse un nouveau souffle.
Pour Moschino, l’enjeu est désormais de trouver un créateur capable de s’inscrire dans cet héritage espiègle tout en ouvrant une perspective nouvelle. Le nom attendu devra porter à la fois la fantaisie qui fait l’identité de la griffe et une vision capable de traverser les saisons à venir.




