Dans les salles dorées de Buckingham Palace, une histoire scintillante attend d’être dévoilée. À partir de juin 2027, le palais royal britannique ouvrira ses portes à une exposition sans précédent, celle d’un trésor familial traversant cinq siècles de pouvoir.
Cinq siècles de joyaux au cœur de Buckingham Palace
Le Royal Collection Trust, organisation caritative de la Maison royale, a annoncé en 2026 cet événement exceptionnel. L’exposition s’intitule Bijoux royaux : des couronnements aux souvenirs et investira la King’s Gallery du palais pendant neuf mois.
Plus de 300 pièces y seront rassemblées, diadèmes, broches et pendentifs confondus. Nombre d’entre elles n’ont jamais été montrées au public.
Des documents et peintures issus des Archives et de la Collection royales accompagneront chaque joyau. Ce double regard – objet et contexte historique – distingue cette exposition d’un simple écrin de vitrine.
La période couverte s’étend du XVIe siècle à nos jours, d’Henri VIII à Elizabeth II en passant par la reine Victoria. Car ces bijoux n’ont pas seulement orné des silhouettes royales – ils ont accompagné des alliances, des deuils et des couronnes.
Des maisons prestigieuses, des histoires humaines
Parmi les créateurs représentés figurent Garrard, Cartier, Boucheron et Fabergé. Chacune de ces maisons illustre une époque et un rapport différent à la joaillerie royale britannique.
Les co-commissaires Caroline de Guitaut et Kathryn Jones ont voulu aller au-delà de la splendeur des pierres. Selon elles, chaque joyau porte en lui une histoire d’amour, de perte, de pouvoir et de foi.
Cet angle humain structure l’ensemble de l’exposition. On ne contemple pas une vitrine de pierres précieuses, on lit une chronique familiale sur plusieurs générations.
Les XVI et XVIIe siècles britanniques, marqués par de profondes tensions politiques, ont forgé une monarchie qui utilisait les bijoux comme langage. Loyauté, légitimité, ambition s’exprimaient à travers les parures.
- Le diadème d’État de George IV, orné de plus de 1 300 diamants, commandé en 1821
- La broche de saphirs offerte par le prince Albert à Victoria la veille de leurs noces
- La parure de grenats de la reine Charlotte, rarissime pièce ancienne
- Le bracelet serpent de la reine Alexandra, jamais exposé auparavant
- Le collier d’émeraudes et de diamants Greville, légué à la reine Mère en 1942
Trois pièces qui racontent la couronne britannique
Le diadème de George IV, de Buckingham Palace au couronnement de Camilla
Le diadème d’État de George IV concentre à lui seul plusieurs générations de la couronne. Hérité par la reine Victoria après sa création en 1821, il a ensuite traversé le XXe siècle sur la tête d’Elizabeth II lors de son propre couronnement.
En 2023, la reine consort Camilla le portait lors du couronnement du roi Charles III. Ses 1 300 diamants font de cette pièce l’une des plus lourdes de sens dans toute la collection.
La broche de saphirs, du mariage royal au baptême de William
Le prince Albert avait offert cette broche à Victoria la veille de leurs noces. Après la mort de la reine, les reines Alexandra puis Mary l’ont tour à tour portée.
C’est Elizabeth II qui lui a donné une nouvelle visibilité, notamment lors du baptême du prince William en 1982. La défunte reine arborait la même broche lors de sa rencontre avec Jackie Kennedy à Buckingham Palace en 1961.
Le collier d’émeraudes, de Marie-Antoinette à la reine Mère
Ce collier d’émeraudes aurait des origines dans la collection de Marie-Antoinette, selon les rumeurs. Il a ensuite rejoint la collection de Dame Margaret Greville, fille de domestique devenue l’une des grandes protectrices des bijoux royaux modernes.
Greville a habillé presque toutes les femmes de la couronne de ses parures de diamants. En 1942, elle léguait cet ensemble à la reine Mère, qui le transmit plus tard à Elizabeth II.
Ce que les visiteurs ne verront pas à Buckingham Palace
Les joyaux de la Couronne restent, eux, à la Jewel House de la Tour de Londres. Cette exposition ne les inclut pas. En revanche, elle met en lumière des pièces jusqu’alors inaccessibles.
La grande majorité des 300 joyaux présentés n’avait jamais fait l’objet d’une présentation publique. C’est précisément ce qui rend ce rendez-vous de juin 2027 si attendu des amateurs de joaillerie historique.
La King’s Gallery de Buckingham Palace accueillera cette plongée dans cinq siècles d’orfèvrerie royale, le temps d’une saison de neuf mois où l’histoire britannique reprend corps, pierre par pierre.




