Double Impact, le nouveau récit gastronomique du 9e arrondissement
À quelques pas des Grands Boulevards, une nouvelle adresse entend réinventer l’expérience du restaurant gastronomique. Ouvert en avril 2026, Double Impact n’est pas une table de plus sur la scène parisienne : c’est un lieu où la cuisine, le service et la narration avancent d’un même pas.

Derrière ce projet, deux amis de longue date. Étienne Dupuy, en cuisine, et Mickaël Robinault, en salle, se sont rencontrés il y a quinze ans sur les bancs d’un lycée hôtelier en Bretagne. Après avoir suivi des parcours distincts, ils se retrouvent à Paris, travaillent ensemble dans plusieurs établissements, multiplient les événements et les pop-up, avant de partir cuisiner une dizaine de jours en Inde. Ce voyage agit comme un déclic. À leur retour, le rêve souvent évoqué prend forme : ouvrir leur propre restaurant.
Le nom Double Impact résume leur philosophie. D’abord parce qu’ils sont deux, avec une implication égale dans l’expérience proposée. Ensuite parce que chaque création repose sur un jeu de contrastes : puissance et délicatesse, technique et spontanéité, cuisine d’auteur et accueil décontracté.
Une gastronomie pensée comme un récit

La singularité de Double Impact réside dans son concept de « Chapitres ». Ici, les menus ne changent pas simplement au fil des saisons. Ils racontent une histoire. Chaque chapitre devient un univers complet qui influence les assiettes, mais aussi le rythme du service, la sélection des boissons et même l’ambiance sonore.
Le premier chapitre, intitulé L’Odyssée, invite les convives à une traversée imaginaire de la Méditerranée. Dès les premières lignes du menu, le ton est donné : « Chaque assiette, une escale possible. » Le repas devient un voyage ponctué de rencontres et de découvertes plutôt qu’une succession de plats.
L’escale en cinq temps

Nous avons découvert le menu L’Escale, déclinaison en cinq services de cette première Odyssée.
Le voyage débute avec une brioche grecque à la tomate et à la pistache. Une entrée en matière tout en douceur où le moelleux de la brioche dialogue avec la fraîcheur de la tomate et le croquant de la pistache.
Vient ensuite Chimère, autour de l’aubergine et du tyrokafteri, cette spécialité grecque à base de feta relevée. Le plat joue sur les textures et les contrastes, fidèle à la philosophie du restaurant.

La troisième escale est sans doute la plus surprenante : une association de moule, frite et tajine. Une rencontre inattendue entre des références populaires et des influences méditerranéennes, où les saveurs familières sont réinterprétées avec précision.
Le plat principal met à l’honneur la lotte, accompagnée de lentilles et de céleri. La cuisson maîtrisée révèle toute la finesse du poisson, tandis que les légumes apportent profondeur et équilibre.

Le dessert autour de la figue, de la vanille et du kadaïf prolonge le voyage jusqu’aux rivages orientaux, avant une dernière douceur, la Portokalopita, traditionnel gâteau grec à l’orange, qui conclut cette traversée sur une note fraîche et généreuse.
Une cuisine de contraste
La cuisine d’Étienne Dupuy s’appuie sur un parcours particulièrement riche. Formé chez Georges Blanc, passé par Alinea à Chicago, Noma à Copenhague puis les cuisines de Yannick Alléno, il conjugue aujourd’hui techniques françaises et influences internationales. Fermentation, maturation, cuisson lente ou barbecue ne sont jamais des démonstrations techniques, mais des outils au service du goût.

Les produits restent au cœur de l’assiette : poissons issus d’une pêche responsable, légumes de saison, céréales anciennes, viandes maturées et ingrédients parfois modestes trouvent ici une nouvelle expression.
Une salle qui raconte autant que la cuisine
Chez Double Impact, le service n’est pas un simple accompagnement. Mickaël Robinault revendique une hospitalité pensée comme une composante du récit. Les explications accompagnent chaque assiette sans lourdeur, la cuisine ouverte crée une proximité immédiate avec les cuisiniers et le rythme du repas participe pleinement à l’immersion.
Dans ce théâtre de seulement trente couverts, l’atmosphère reste étonnamment détendue malgré l’exigence gastronomique. On est loin du cérémonial parfois intimidant des grandes tables ; ici, l’échange et la convivialité prennent autant de place que la précision technique.
Dans un paysage parisien particulièrement concurrentiel, cette volonté de raconter une histoire plutôt que de simplement servir un menu constitue sans doute sa plus grande force. Si L’Odyssée est le premier chapitre, il donne déjà envie de revenir découvrir les suivants.
Double Impact
57, rue Claude Rodier, Paris 9e
Ouvert du mardi au samedi, uniquement le soir.
Menus dégustation : 75 € (5 temps) et 95 € (7 temps), avec accords boissons en supplément.




