Ce mercredi 4 novembre 2026, Dior bouleverse les codes du film de fêtes en dévoilant sur ses plateformes digitales un court-métrage d’animation de plus de sept minutes. Derrière ce projet inattendu, le réalisateur Sylvain Chomet signe une œuvre qui transforme l’histoire de la maison en conte hivernal.
Sylvain Chomet donne vie au 30 avenue Montaigne
L’histoire de Christian Dior’s Night in Color débute une nuit d’hiver en 1949. Tout est silencieux au 30 avenue Montaigne quand le téléphone sonne, et une certaine Marlene Dietrich réclame une nouvelle robe de toute urgence.
Ce choix de l’animation n’est pas anodin. Sylvain Chomet, réalisateur connu pour Les Triplettes de Belleville et L’Illusionniste, possède un style graphique à la fois mélancolique et espiègle. Ces deux films lui ont valu une reconnaissance internationale, et sa sensibilité pour les atmosphères nocturnes et feutrées épouse naturellement l’esprit Dior.
La maison lui a donné carte blanche. Ce type de collaboration illustre une tendance plus large, celle des grandes griffes qui cherchent à ancrer leur communication dans une démarche artistique affirmée plutôt que dans un simple dispositif promotionnel.
Un casting vocal qui réunit les proches de Dior
Robert Pattinson endosse le rôle de narrateur, donnant au récit une profondeur feutrée et grave. Sa voix traverse le film comme un fil conducteur, reliant chaque scène à la suivante avec une élégance retenue.
Louis Garrel incarne Christian Dior lui-même, tandis que Camille Cottin prête ses intonations à Marlene Dietrich. Rihanna, de son côté, donne voix à la figure de la « bonne étoile », personnage symbolique au cœur du conte.
Le casting ne s’arrête pas là. Josh O’Connor prête sa voix à une chaise Médaillon, objet mythique de la maison ainsi promu personnage à part entière. LaKeith Stanfield, Greta Lee, Nine d’Urso et Nadia Tereszkiewicz complètent cet ensemble.
Cette distribution réunit ambassadeurs et personnalités proches de Dior depuis plusieurs saisons. Elle transforme un film de fin d’année en véritable objet culturel, à mi-chemin entre la fable animée et le casting de prestige.
Jonathan Anderson, l’animation et la stratégie culturelle de Dior
Jonathan Anderson, directeur créatif des collections Dior depuis l’année dernière, n’en est pas à son premier pari sur le dessin animé. Chez Loewe, il avait déjà impulsé une collaboration avec les studios japonais Ghibli, référence mondiale de l’animation d’auteur.
Ce goût assumé pour l’image animée n’est pas une coquetterie esthétique. Anderson y voit manifestement un territoire d’expression capable de réenchanter une communication parfois trop lisse. L’animation permet une liberté narrative que le film de mode traditionnel n’autorise pas toujours.
Par ailleurs, ce projet s’inscrit dans une stratégie culturelle que Dior construit patiemment depuis plusieurs mois. En septembre, la maison avait annoncé un partenariat de deux ans avec le studio américain indépendant A24, dont la filmographie récente inclut des titres comme Babygirl et Marty Supreme. Ce même accord intègre le Cherry Lane Theatre, salle new-yorkaise centenaire dont la programmation mêle projections, pièces de théâtre et événements scéniques.
L’animation comme nouveau territoire du luxe
Dior n’est pas seule à explorer ce format. La campagne Holiday 2026 de Prada avait elle aussi misé sur l’animation, avec un succès remarqué dans le secteur. Cette convergence révèle une tendance de fond, celle des maisons de luxe qui cherchent à se positionner comme des acteurs culturels à part entière.
La période des fêtes représente un enjeu commercial décisif pour ces maisons. Or le film d’animation offre quelque chose que la publicité classique ne garantit plus, à savoir une circulation organique sur les réseaux sociaux, portée par l’attachement émotionnel que suscite le dessin animé.
Avec Christian Dior’s Night in Color, la maison du 30 avenue Montaigne ne vend pas une collection. Elle raconte une nuit imaginaire de 1949, animée par Chomet, habitée par Pattinson, Garrel et Cottin, et traversée par la lumière particulière que seul le dessin peut produire.



