Vingt-cinq ans après avoir envoyé son CV sans succès, Cyril Lignac va enfin poser ses valises dans l’une des adresses les plus emblématiques de la gastronomie parisienne. Le Lucas Carton, restaurant mythique de la place de la Madeleine, dans le 8e arrondissement de Paris, rouvrira ses portes sous sa direction le 21 septembre prochain.
Un rêve de jeunesse pour Cyril Lignac, enfin concrétisé
Tout commence par une anecdote que le chef a confiée au Figaro. Jeune cuisinier aveyronnais fraîchement débarqué à Paris, il avait envoyé son CV à plusieurs grandes maisons en même temps : chez Senderens, au Lucas Carton, chez Passard et chez Gagnaire. C’est finalement Passard qui l’avait retenu. Pourtant, le Lucas Carton n’avait jamais quitté ses pensées.
Des décennies plus tard, c’est donc l’établissement lui-même qui frappe à sa porte. Ce retournement de situation donne à ce projet une dimension personnelle forte, bien au-delà d’un simple contrat professionnel. Pour le chef, il s’agit d’une forme de revanche douce, construite patiemment au fil d’une carrière.
Benjamin Patou, nouveau propriétaire, mise sur un grand nom
Derrière ce projet se trouve Benjamin Patou, patron de Lapérouse Holding, qui a récemment fait l’acquisition du Lucas Carton. Ses ambitions pour cet établissement centenaire sont clairement affichées. En annonçant l’ouverture sur Instagram, il a exprimé sa volonté de « continuer à faire briller ce lieu légendaire, un siècle après sa création ».
Dans sa publication, il décrit le projet comme « sublime » et qualifie le Lucas Carton de « maison historique, iconique, institutionnelle et indémodable ». En choisissant Cyril Lignac pour tenir les fourneaux, il mise sur l’un des chefs les plus populaires et les plus reconnus de France, dont la notoriété dépasse largement les cercles gastronomiques grâce à des émissions comme Tous en cuisine ou Le Meilleur Pâtissier.
Ce que le chef promet dans l’assiette
La vision culinaire annoncée par le chef est précise. Il parle d’une cuisine « française, gourmande et portée par les produits », qu’il décrit comme « résolument classique » tout en affirmant qu’elle « vit avec son temps ». La fraîcheur et la légèreté sont aussi au programme.
- Une cuisine française ancrée dans les produits de qualité
- Un ancrage classique, sans renoncer à la modernité
- Une carte pensée pour donner envie de revenir souvent
- Une atmosphère joyeuse, où l’on rit et se régale
- Un lieu où les gens s’attablent dans le plaisir du Paris d’antan
Car l’objectif affiché n’est pas de créer un restaurant que l’on visite une fois par an pour une occasion spéciale. Le chef veut au contraire un endroit où l’on revient régulièrement, porté par une carte « joyeuse » qui « donne le sourire et le goût du bonheur ». Cette ambition de fidéliser une clientèle régulière change la nature même du projet.
La question du Michelin, tranchée sans détour
Inévitablement, la question des étoiles se pose pour une adresse de ce rang. Mais le chef est catégorique sur ce point. Il rappelle d’abord que le Lucas Carton n’est pas son restaurant : il appartient à Benjamin Patou et ses associés. Sa mission, à lui, se limite à la cuisine.
En creux, cette position traduit une liberté assumée. Plutôt que de courir après les distinctions, il préfère se concentrer sur ce qu’il appelle « faire revivre ce Paris où les gens s’attablent, rient, se régalent ». Une philosophie qui place le plaisir du convive au centre, avant toute reconnaissance institutionnelle.
Avec une ouverture fixée au 21 septembre, les amateurs de gastronomie parisienne n’ont plus longtemps à attendre pour découvrir ce que Cyril Lignac réserve à cette maison chargée d’histoire.




