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Classement 2026 des villes les plus chères au monde : Singapour devant Zurich et Monaco pour les ultra-riches

FreshMagazine - Classement 2026 des villes les plus chères au monde : Singapour devant Zurich et Monaco pour les ultra-riches

Quand le coût de la vie des plus fortunés grimpe de 10,2 % en un an, la carte mondiale des villes les plus chères se redessine en profondeur. Le rapport 2026 de Julius Baer, réalisé avec l’institut Ipsos, livre un panorama inédit sur 25 métropoles et révèle des surprises notables dans le classement des destinations premium.

Les devises, premier moteur des hausses et des baisses

Avant même de regarder les prix locaux, il faut comprendre la mécanique des taux de change. Car c’est elle qui redistribue les cartes parmi les villes les plus chères pour les grandes fortunes en 2026. Les données ont été converties en dollars américains, ce qui amplifie ou efface mécaniquement les variations selon la monnaie de chaque ville.

Ainsi, les métropoles dont la devise s’est appréciée ont gagné des places, parfois de façon spectaculaire. En revanche, celles dont la monnaie reste corrélée au dollar ont reculé dans le classement, même si leurs prix locaux n’ont pas baissé. Ce filtre monétaire explique à lui seul plusieurs mouvements contre-intuitifs.

Sydney illustre parfaitement ce phénomène. La ville australienne réalise le plus grand bond de l’année avec +6 places, portée par un dollar australien fort et des coûts d’importation élevés. Londres, à l’inverse, perd 3 rangs malgré une inflation locale bien réelle, pénalisée par une livre sterling alignée sur un dollar faible.

Une mesure rigoureuse sur 25 villes et 20 postes de dépenses

Pour produire ce classement des villes les plus chères, Julius Baer et Ipsos ont comparé un panier de 20 éléments : 11 biens de consommation et 9 services. Ces postes couvrent l’immobilier, les voitures, la mode, les bijoux, l’éducation, la santé et les voyages, soit les dépenses types des particuliers fortunés, aussi appelés HNWIs.

Les données ont été collectées en deux vagues, entre novembre 2025 et mars 2026. L’immobilier représente 20 % de la pondération et les voitures 10 %, car ces deux postes pèsent le plus lourd dans le budget des ménages aisés. Par ailleurs, une enquête menée auprès de 360 individus fortunés, disposant d’au moins 1 million de dollars d’actifs bancables, complète l’analyse chiffrée.

Singapour, Zurich, Monaco : un podium qui dit tout sur les villes les plus chères

  • Singapour (1re) : n°1 pour la 4e année consécutive, portée par l’immobilier résidentiel, un parc automobile volontairement restreint et un dollar singapourien fort.
  • Zurich (2e, +3 places) : la hausse vient de l’appréciation du franc suisse, pas d’une inflation locale marquée.
  • Monaco (3e) : une première dans le top 3, grâce à un immobilier onéreux et un euro puissant.
  • Hong Kong (4e) : recule d’un rang, mais reste un hub mondial de la richesse, ayant dépassé la Suisse comme premier centre de gestion de fortune transfrontalière.
  • Londres (5e, -3 places) : pénalisée par une livre faible, malgré une inflation réelle pour ses habitants.

Singapour tient sa position de leader des villes les plus chères pour des raisons structurelles solides. La rareté foncière y maintient l’immobilier résidentiel parmi les plus chers au monde. De plus, le parc automobile est volontairement limité par les pouvoirs publics, ce qui fait flamber les prix des véhicules. Ces deux postes pèsent ensemble 30 % de l’indice, ce qui veut dire que Singapour part avec un avantage mécanique difficile à combler.

Monaco rejoint le podium pour la première fois. Son immobilier parmi les plus onéreux de la planète, combiné à la force retrouvée de l’euro, lui a permis de dépasser plusieurs capitales établies. Zurich, de son côté, grimpe de 3 places sans que les prix locaux n’aient particulièrement explosé. C’est donc bien le franc suisse qui l’a propulsée.

Paris, Milan et Sydney en progression dans les métropoles premium

Dans le groupe des villes les plus chères situées entre la 6e et la 10e place, les dynamiques sont variées. Shanghai reste stable en 6e position. Paris progresse jusqu’à la 7e place, portée par l’euro et la flambée des prix dans le secteur du luxe. Milan suit la même logique en 9e position, profitant des mêmes leviers.

Sydney, 8e, affiche donc la plus forte progression de toute l’étude sur ce segment. Enfin, Bangkok complète le top 10 avec une hausse modeste. Ces dix premières métropoles concentrent ainsi les marchés où le coût de vie premium reste le plus intense pour les grandes fortunes.

Le reste du classement : de New York à Vancouver, les villes les plus chères du bas de tableau

Au-delà du top 10, le classement des villes les plus chères réserve aussi quelques enseignements. New York recule à la 11e place malgré des prix locaux stables, simplement parce que le dollar américain n’a pas bénéficié des mêmes effets de change. São Paulo, en revanche, progresse à la 12e place grâce à une devise locale dynamique. Taipei fléchit légèrement à la 13e place.

Les positions 14 à 20 réunissent des marchés aux profils très divers. Dubaï (14e), Barcelone (15e) et Francfort (16e) précèdent Tokyo (17e), Mexico City (18e), Miami (19e) et Santiago du Chili (20e). Ces destinations restent des villes les plus chères pour les fortunes mondiales, même si leur niveau de coût premium reste nettement inférieur à celui du top 5.

Le bas du classement est occupé par Jakarta (21e), Mumbai (22e), Manille (23e), Johannesburg (24e) et Vancouver (25e). Ces cinq villes affichent donc les coûts de vie premium les plus accessibles parmi les 25 métropoles étudiées. Pourtant, elles restent des places financières ou résidentielles importantes pour les HNWIs de leurs régions respectives, car le classement ne reflète que le coût relatif en dollars, pas l’attractivité globale de chaque marché.