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Chanel vise 3,0 kg CO₂ par kilo d’aluminium pour ses emballages beauté d’ici 2030

Chanel vise 3,0 kg CO₂ par kilo d'aluminium pour ses emballages beauté d'ici 2030

Chanel n’a jamais dissocié la beauté de la matière. Or, derrière chaque flacon, chaque boîtier de maquillage, se cache un métal dont la production pèse lourd sur le bilan carbone mondial.

Quand l’aluminium devient un enjeu stratégique pour Chanel

La division Parfums et Beauté de Chanel a annoncé un accord de cinq ans avec le groupe norvégien Hydro. Ce partenariat cible directement les émissions de gaz à effet de serre liées à l’aluminium utilisé dans les emballages de parfums, de maquillage et de soins.

L’aluminium n’est pas un matériau anodin dans ce secteur. Flacons, boîtiers, étuis : ces éléments définissent l’expérience du produit autant que son contenu.

Dès lors, agir sur ce matériau revient à agir sur l’identité même du produit de luxe. Par conséquent, le choix de s’engager sur cinq ans signale une ambition de transformation profonde, pas une simple opération de communication.

Un aluminium produit en Norvège, trois fois moins émetteur

L’aluminium fourni par Hydro provient de Norvège. Sa production repose sur des énergies renouvelables, ce qui lui permet d’afficher une empreinte carbone inférieure à 4,0 kg d’équivalent CO₂ par kilogramme.

Pour saisir l’ampleur de ce chiffre, il faut le comparer à la moyenne mondiale. Cette dernière dépasse trois fois ce niveau, ce qui place l’aluminium Hydro dans une catégorie à part.

Cependant, Chanel et Hydro ne s’arrêtent pas à ce niveau. L’objectif commun est d’approcher les 3,0 kg d’équivalent CO₂ par kilogramme d’ici 2030, soit une réduction supplémentaire significative sur la décennie.

Par ailleurs, le partenariat explore l’intégration accrue de matière recyclée dans la fabrication. Ainsi, la trajectoire carbone ne repose pas uniquement sur la source d’énergie, mais sur l’ensemble de la chaîne de production.

La chaîne de valeur au cœur du dispositif

Julien Garry, Directeur des Opérations de Chanel Parfums et Beauté, précise que rendre la production et la transformation de l’aluminium plus responsables nécessite d’agir tout au long de la chaîne de valeur. Cette déclaration cadre l’ambition du partenariat au-delà du simple approvisionnement.

En effet, la traçabilité de la matière fait partie des axes de travail communs. Chanel et Hydro entendent donc couvrir chaque étape, de la fonte du métal jusqu’au packaging fini.

Les pistes explorées comprennent notamment l’usage accru de matière recyclée, en complément des énergies renouvelables déjà mobilisées. Chaque levier activé réduit mécaniquement l’empreinte du produit final.

Ce que Chanel a déjà changé dans ses emballages

Cet accord s’inscrit dans un programme plus large, baptisé Chanel Sustainability Ambition. La maison y déploie depuis plusieurs années des choix concrets sur ses matériaux d’emballage.

Dès septembre 2021, le parfum N°5 intégrait du verre recyclé dans son flacon. Il devenait alors la première fragrance de la marque à franchir ce pas.

Ensuite, la ligne Les Eaux de Chanel a adopté des bouchons fabriqués à partir de matériaux biosourcés. Certaines gammes de soin ont également reçu des couvercles en plastique recyclé RPET.

  • Verre recyclé intégré au flacon N°5 dès septembre 2021
  • Bouchons biosourcés pour la ligne Les Eaux de Chanel
  • Couvercles en plastique recyclé RPET sur certaines gammes de soin
  • Partenariat aluminium bas carbone avec Hydro sur cinq ans
  • Objectif de 3,0 kg CO₂ par kg d’aluminium à horizon 2030

Une ambition concrète, mesurable et datée

Ce qui distingue cet accord de nombreuses annonces sectorielles, c’est la présence de chiffres vérifiables. L’objectif de 3,0 kg d’équivalent CO₂ par kilogramme à l’horizon 2030 offre un repère mesurable dans le temps.

Or, dans la beauté de luxe, les engagements environnementaux restent souvent formulés en intentions. Ici, la collaboration avec Hydro ancre la démarche dans des données techniques précises et un calendrier défini.

La maison française avance ainsi sur plusieurs matériaux simultanément, du verre au plastique recyclé, et désormais à l’aluminium bas carbone. Chaque catégorie de packaging fait l’objet d’une réponse distincte, construite sur des partenariats industriels ciblés plutôt que sur des déclarations générales.