Quand une maison de joaillerie choisit Paris pour sa toute première exposition, l’événement mérite qu’on s’y arrête. Pomellato investit le Palais de Tokyo jusqu’au 20 juillet 2026 avec une rétrospective immersive intitulée Le Joaillier Révolutionnaire, et ce rendez-vous promet bien plus qu’un simple étalage de pièces précieuses.
Une philosophie de création née à Milan en 1967
Pino Rabolini fonde Pomellato à Milan en 1967 avec une idée alors peu ordinaire dans la haute joaillerie : les bijoux doivent être choisis par celles qui les portent, et non offerts par d’autres. Cette conviction traverse toute l’exposition et lui donne sa colonne vertébrale. Car le parcours ne présente pas seulement des créations belles à regarder – il donne à voir une manière de penser le bijou comme un geste personnel.
La griffe milanaise construit son identité à contre-courant des codes classiques. Son style, plus coloré et plus libre que celui des grandes maisons françaises, s’incarne dans des volumes sculpturaux, des pierres de couleur vives et des lignes immédiatement reconnaissables. Des collections Gemelle aux pièces Nudo, chaque création porte cette signature d’une élégance moins institutionnelle, plus incarnée.
Car Pomellato a toujours vu le bijou comme un langage personnel. Cette vision irrigue chacun des 191 pièces présentées au Palais de Tokyo, dont 139 issues des archives de la maison et 52 créations contemporaines qui illustrent l’évolution du savoir-faire milanais.
Ce que les chiffres révèlent de l’exposition
La répartition entre archives et créations récentes n’est pas anodine. Elle montre comment la marque assume son histoire sans s’y enfermer. Les chaînes iconiques, les volumes sculpturaux des collections historiques et les pierres de couleur côtoient des pièces actuelles, créant un dialogue entre les époques.
Voici les données clés de cette rétrospective à retenir :
- 191 pièces au total présentées dans l’exposition
- 139 créations issues des archives de la maison milanaise
- 52 pièces contemporaines illustrant l’évolution du savoir-faire
- Exposition ouverte jusqu’au 20 juillet 2026 au Palais de Tokyo
- Entrée gratuite sur réservation, 13 avenue Président Wilson, Paris 16e
Ces chiffres traduisent une ambition claire : offrir une monographie complète, pas un simple florilège de pièces phares.
La photographie de mode au service du bijou avec Pomellato
Dès les années 1970, la maison saisit la puissance de l’image et fait un choix inédit : confier ses campagnes publicitaires à de grands photographes de mode. Gian Paolo Barbieri, Helmut Newton, Albert Watson, Herb Ritts ou encore Horst P. Horst contribuent à bâtir une identité visuelle forte et reconnaissable. Pomellato devient ainsi la première maison de joaillerie à emprunter ce chemin.
En 1982, Helmut Newton photographie à Paris une féminité libre et assumée, loin des représentations figées du secteur. Trois ans plus tard, Albert Watson prolonge cette narration avec des portraits où les bijoux semblent faire partie de la personnalité de celles qui les portent. Ces campagnes ne mettent pas en scène des pièces précieuses : elles racontent des femmes.
Des visages qui incarnent la pluralité féminine
Lors de la soirée de Gala d’ouverture, la nouvelle collection de Haute Joaillerie de Pomellato a été présentée en avant-première. Catherine Deneuve, Philippine Leroy-Beaulieu, Carla Bruni, Kerry Washington, Farida Khelfa et la mannequin Amelia Gray étaient présentes, incarnant chacune une facette différente de cette féminité plurielle que la maison célèbre depuis ses débuts.
Cette présence résonne avec l’attention que Pomellato porte aux femmes de toutes générations. La marque met notamment en avant celles de plus de 60 ans, souvent absentes des représentations dans le luxe. Les photographies d’archives dialoguent ainsi avec des clichés contemporains et avec ces visages familiers, créant une continuité entre hier et aujourd’hui.
Un engagement culturel qui dépasse le bijou avec Pomellato
La révolution portée par Pomellato ne se limite pas au design. En 2017, la maison lance Pomellato for Women, une plateforme dédiée à l’égalité des genres et à la lutte contre les violences faites aux femmes. Cette initiative ancre la marque dans un engagement culturel qui complète sa démarche créative.
Car parler de bijoux, chez Pomellato, a toujours signifié parler des femmes qui les choisissent. L’exposition au Palais de Tokyo restitue cette cohérence sur près de soixante ans. Elle montre comment une maison peut construire une identité forte sans jamais trahir son point de départ.
Dans les murs du Palais de Tokyo, avenue Président Wilson, cette rétrospective offre au visiteur une lecture rare : celle d’une griffe qui a su faire du bijou un acte d’affirmation, et de la publicité un terrain artistique à part entière. L’entrée est gratuite sur réservation, et l’exposition reste accessible jusqu’au 20 juillet 2026.




