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Ces plages privées parisiennes font payer 50€ les trois heures de transat sur la Seine

Ces plages privées parisiennes font payer 50€ les trois heures de transat sur la Seine

Cinquante euros pour trois heures de transat au bord de l’eau, une piscine privée, un verre de rosé et une musique house en fond sonore : ce n’est pas la Côte d’Azur, mais bien Paris. Les plages privées s’installent durablement dans la capitale, portées par un regain d’intérêt pour la Seine et une clientèle prête à payer pour fuir les infrastructures municipales bondées.

Des tarifs élevés pour une expérience de plages privées haut de gamme

Le prix est la première chose qui frappe. À bord de Foil in Paris, une péniche ouverte en 2025 dans le 16e arrondissement, l’accès au solarium et à la petite piscine coûte 50 euros pour trois heures. Le lieu limite volontairement sa capacité à une trentaine de personnes, afin que chaque client dispose de son transat ou de sa chilienne. Cette exclusivité assumée rapproche l’endroit des établissements balnéaires du sud de la France, comme le Bistro Plage à Marseille ou le Moorea à Saint-Tropez, selon les habitués eux-mêmes.

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, Foil in Paris propose aussi une initiation au e-foil, un surf électrique qui se lève au-dessus de l’eau à pleine vitesse. La session est facturée 150 euros l’heure. Des clients réguliers, comme Lilian, cadre financier, et Patrick, architecte, en sont déjà à leur quatrième passage et jugent le tarif justifié.

Plus au sud, dans le 15e arrondissement, Annette K. propose un abonnement mensuel à 200 euros pour accéder à une piscine de 50 mètres de long installée sur le pont supérieur d’une péniche. Ce club, ouvert en 2022, se positionne comme un espace premium, sans enfants, ce qui constitue un argument fort pour une partie de sa clientèle.

Ce que ces lieux offrent concrètement par rapport aux espaces gratuits

La différence avec les sites de baignade publics est nette. Depuis la réouverture de la baignade dans la Seine après un siècle d’interdiction, près de 100 000 visiteurs ont fréquenté les zones gratuites en 2025. Cette année, trois sites ont été aménagés sur la Seine et un sur le canal Saint-Martin, sans frais d’entrée. Pourtant, les gestionnaires des clubs privés ne se considèrent pas en concurrence directe avec ces espaces.

Corentin Gireau, responsable communication d’Annette K., le dit clairement : la clientèle n’est pas la même. D’un côté, des nageurs qui cherchent à se baigner dans le fleuve. De l’autre, des personnes qui veulent bronzer, se reposer, consommer un cocktail et déjeuner au même endroit, dans une eau dont elles peuvent voir le fond. Anthony, chef d’entreprise de 41 ans et abonné chez Annette K., résume cet état d’esprit avec humour en soulignant qu’il apprécie de voir ses pieds quand il se baigne.

  • Foil in Paris : 50 euros les 3 heures, capacité limitée à 30 personnes, 16e arrondissement
  • Initiation au e-foil chez Foil in Paris : 150 euros l’heure
  • Annette K. : abonnement à 200 euros par mois, piscine de 50 m, 15e arrondissement, ouvert en 2022
  • La Beach : 1 000 m² de sable dans le bois de Vincennes, gratuit avec consommation, depuis 2021
  • Baignade publique dans la Seine : gratuite, 3 sites sur la Seine et 1 sur le canal Saint-Martin en 2025

La Beach et l’ambiance méditerranéenne au cœur du bois de Vincennes

À l’opposé géographique du 16e arrondissement, dans le bois de Vincennes, un autre modèle de plage urbaine s’est imposé depuis 2021. La Beach occupe mille mètres carrés de sable chaque été, avec transats et mobilier blanc. L’entrée est libre, à condition de consommer sur place. Ce lieu éphémère attire en majorité de jeunes adultes originaires de l’ouest parisien.

Son dirigeant, Michaël Fox, note que de nombreux clients acceptent de parcourir entre trente minutes et trois quarts d’heure en voiture ou en transports pour rejoindre le site. Car l’atmosphère méditerranéenne qu’il recrée constitue en elle-même la destination. Le lac de Saint-Mandé, situé à proximité immédiate, reste pour l’instant interdit à la baignade, ce qui renforce l’attrait de cet espace aménagé.

Un phénomène qui se confirme d’année en année à Paris

Ces plages privées ne sont pas un effet de mode passager. Chez Annette K., l’intérêt estival se confirme depuis environ deux ans, selon Corentin Gireau. La péniche, pensée à l’origine comme un club de sport premium, a progressivement élargi son positionnement pour répondre à une demande de détente en bord d’eau. Des clients comme Tatiana, habitante du 16e arrondissement, viennent ainsi se détendre après leur séance de sport, parfois tous les jours en période de forte chaleur.

De fait, la Seine joue un rôle central dans cette dynamique. Les Jeux olympiques de 2024 ont mis le fleuve sous les projecteurs, et les épreuves qui s’y sont déroulées ont contribué à changer son image auprès du grand public. Les clubs qui ont ouvert dans ce sillage bénéficient donc d’un contexte favorable, même si leur clientèle reste distincte de celle qui fréquente les zones de baignade gratuites. Ces établissements de plages privées parisiennes dessinent ainsi une nouvelle façon de vivre l’été en ville, à condition d’en avoir les moyens.