Certaines lignes de train françaises ne servent pas seulement à relier deux villes. Elles sont, à elles seules, une raison de voyager. En 2026, cinq trajets ferroviaires se démarquent par la qualité de leurs paysages, des Pyrénées aux reliefs alpins, en passant par la Méditerranée.
Quand le trajet compte autant que la destination
La plupart des voyageurs pensent d’abord à l’arrivée. Or, certaines lignes de train renversent cette logique : le décor qui défile devient le cœur de l’expérience. Ainsi, la ligne de la Côte Bleue relie Marseille à Miramas sur une soixantaine de kilomètres en longeant la mer de très près. Le train s’accroche aux falaises et offre des vues directes sur les criques et les calanques, entre eaux turquoise et reliefs calcaires.
Le trajet dure un peu plus d’une heure. C’est court, mais chaque virage apporte un nouveau cadre. Vous pouvez aussi descendre à Niolon ou à Carry-le-Rouet pour une baignade.
De son côté, le Train des Merveilles suit une tout autre logique. En deux heures, cette ligne ferroviaire relie Nice à Tende, aux portes de l’Italie, en remontant la vallée encaissée de la Roya. Les falaises abruptes, la rivière aux reflets turquoise et la végétation méditerranéenne se succèdent derrière la vitre. Plus d’une centaine de tunnels et de nombreux viaducs ponctuent le parcours, construits au début du XXe siècle.
Un arrêt incontournable après le Train des Merveilles
Tende est la porte d’entrée de la Vallée des Merveilles, connue pour ses milliers de gravures rupestres. Le site n’est pas accessible directement en train : il faut poursuivre à pied ou en navette. C’est donc une belle occasion de prolonger l’aventure au-delà des rails.
Ces deux lignes de train côtières et méditerranéennes montrent bien que la durée du trajet n’est pas le seul critère. La richesse visuelle compte autant que la distance parcourue.
Les lignes de train de montagne, pour ceux qui cherchent le vertige
D’autres lignes de train misent sur l’altitude et l’exploit technique. Le Train Jaune relie Villefranche-de-Conflent à Latour-de-Carol dans les Pyrénées-Orientales. Le trajet dure 3 heures à bord d’un train d’époque, parfois en wagons découverts l’été, à 30 km/h. Le convoi gravit plus de 1 200 mètres de dénivelé et passe sur le pont Gisclard, classé monument historique. Il marque aussi un arrêt à la Bolquère, plus haute gare de France à 1 593 mètres d’altitude. Forêts, gorges, forteresses et monastères composent le décor catalan qui accompagne ce voyage.
Par ailleurs, le Mont-Blanc Express propose un autre type d’ascension. Au départ de Saint-Gervais, cette ligne ferroviaire remonte la vallée de Chamonix jusqu’à Martigny, en Suisse, en un peu plus d’1h30. Le trajet serpente entre torrents, forêts et parois abruptes, avec le massif du Mont-Blanc en arrière-plan.
Un arrêt à Chamonix permet de monter à bord du train à crémaillère du Montenvers. Ce court trajet de 20 minutes grimpe 1 000 mètres de dénivelé sur une pente de 22 % et conduit à la Mer de Glace. C’est, de fait, une ligne dans la ligne.
Ce qu’il faut savoir avant de choisir une ligne de montagne
Ces lignes de train de haute altitude demandent un peu d’anticipation. En été, les places sur le Train Jaune partent vite, car les wagons découverts sont très recherchés. De même, le Mont-Blanc Express attire beaucoup de voyageurs en saison. Il vaut donc mieux réserver à l’avance pour ne pas rater ces trajets d’exception.
- Train Jaune : Villefranche-de-Conflent – Latour-de-Carol, 3 heures, 1 200 m de dénivelé
- Mont-Blanc Express : Saint-Gervais – Martigny (Suisse), un peu plus d’1h30, massif du Mont-Blanc
- Train des Merveilles : Nice – Tende, 2 heures, plus d’une centaine de tunnels
- Ligne de la Côte Bleue : Marseille – Miramas, un peu plus d’une heure, 60 km de littoral
- Ligne du Cévenol : Clermont-Ferrand – Nîmes, 5 à 6 heures, inaugurée en 1870
La ligne du Cévenol, un voyage dans le temps au cœur de la France parmi les meilleures lignes de train
Parmi toutes les lignes de train du pays, la ligne du Cévenol occupe une place à part. Inaugurée en 1870, elle relie Clermont-Ferrand à Nîmes en 5 à 6 heures de trajet. C’est l’une des plus anciennes et des plus longues liaisons ferroviaires de France à travers des reliefs aussi marqués. Le train traverse les volcans d’Auvergne, longe les gorges de l’Allier, puis grimpe jusqu’à la Bastide-Puylaurent à 1 024 mètres d’altitude.
Des viaducs anciens ponctuent le parcours. L’un d’eux culmine à 409 mètres au-dessus du vide, ce qui en fait un passage particulièrement saisissant. Ces structures témoignent d’un chantier ferroviaire d’une ampleur rare pour l’époque.
Pour profiter au mieux de ce trajet, il existe une astuce simple : installez-vous du côté gauche du train en quittant Clermont-Ferrand. Vous bénéficierez ainsi de la meilleure vue sur la rivière Allier, ses falaises et ses viaducs. C’est un détail qui change beaucoup l’expérience sur cette ligne de train d’une telle durée.
En 2026, ces cinq lignes de train restent parmi les plus belles façons de traverser la France sans volant, en laissant le paysage venir à soi à chaque kilomètre parcouru.




