Quand le thermomètre grimpe, la question revient comme une obsession : où trouver de vraies glaces artisanales de Paris, sans arômes artificiels ni colorants ? En 2026, la capitale offre un panorama riche, des adresses historiques aux nouvelles tables givrées portées par des reconvertis passionnés. Voici une sélection d’artisans qui turbinent avec soin et sincérité.
Les incontournables : des adresses qui font référence
Berthillon, rue Saint-Louis en l’Île, reste le glacier historique de l’île Saint-Louis, maître incontesté depuis 60 ans. Sa liste de parfums est longue comme la Seine : marron glacé, cassis, feuille de menthe, ananas rôti au basilic. À ne pas rater, le sorbet cacao extrabitter, un nectar outre-noir mêlant puissance cacaotée, amertume lumineuse et sucrosité millimétrée.
Rue du Nil, Plaq propose un bijou de sorbet chocolat noir dans sa fabrique vitrée. La composition est minimaliste : chocolat Maya Mountain du Bélize à 84 % de cacao, de l’eau et un peu de sucre. La délicate acidité, très longue en bouche, a un effet revigorant. Pourtant, le porte-monnaie souffre un peu, à 7,50 € le petit pot.
Chez Brigat Gelato, rue du Pas de la Mule, deux frangins italiens proposent des gelati à la texture dense et lisse, aux arômes aussi vrais que nature. La noisette est extatique, la fraise et la pêche sont des petites merveilles. De plus, des parfums millefeuille ou tiramisu attendent les fidèles.
Grands noms et reconversions réussies
Gérard Taurin, MOF et champion du monde de la glace en 2003, a ouvert sa boutique de « Designer Glacier » rue des Martyrs à 59 ans. Ses parfums s’inspirent de la Riviera italienne, produits dans son labo du Perche. La pêche de vigne au romarin, à 4,20 € la boule, est une splendeur vineuse et sauvage.
La Glace Alain Ducasse, rue de la Roquette, propose des glaces de dégustation texturées et cuisinées. Le sorbet pistache-fleur de sel-citron confit est une sphère verte d’une légèreté remarquable, relevée par des pépites de citron confit et une trame saline qui remet le sucre à sa place. Ainsi, même dans la glace, la signature gastronomique reste présente.
« Des artisans glaciers qui turbinent sans arômes artificiels, graisses végétales ni colorants chelous. »
Chez Une Glace à Paris, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, Emmanuel Ryon, Meilleur Ouvrier de France Glacier 2000 et Champion du Monde de pâtisserie 1999, fabrique 24 saveurs dans le labo sous la boutique, uniquement avec des produits de saison. La glace au baba au rhum, qui combine morceaux spongieux de gâteau et glace à la vanille fumée, est un moment à part.
- Berthillon : le sorbet cacao extrabitter, monument national de l’île Saint-Louis (Paris 4e)
- Plaq : sorbet chocolat noir Maya Mountain du Bélize à 84 % de cacao, rue du Nil (Paris 2e)
- Gérard Taurin : pêche de vigne au romarin à 4,20 € la boule, rue des Martyrs (Paris 9e)
- Une Glace à Paris : 24 saveurs maison par un MOF glacier, rue Sainte-Croix de la Bretonnerie (Paris 4e)
- La Glace Alain Ducasse : sorbet pistache-fleur de sel-citron confit, rue de la Roquette (Paris 11e)
Nouvelles adresses et profils atypiques
LaCrèma par Roberta Costa, rue Soufflot, est une proposition 100 % végétale. Roberta Costa Faria, ancienne du monde de l’art, a obtenu son CAP en 2025. Pas de lait, pas de crème, pas de plastique non plus : les cuillères sont comestibles. Les fruits français de saison, melon, prune, citron, abricot, et les pistaches espagnoles torréfiées sur place donnent des goûts francs et peu sucrés.
Dans le Marais, Fumo rue Charlot naît d’une association inattendue. Mélanie Rozencwajg, spécialiste de l’IA, s’est associée à la pâtissière Tessa Ponzo et aux turbineurs ardéchois de Terre Adélice. Les quatre parfums proposés, entre 7,5 et 8,5 €, sont peu sucrés et d’une grande finesse. Le sorbet au cornichon et wasabi mérite qu’on fasse le détour.
À Belleville, Glaster est l’échoppe jaune acidulée de Marc Flaster, qui concocte depuis 30 ans des préparations artisanales avec sa fille. Les cornets sont aussi fabriqués minute : pâte coulée dans un gaufrier, cuite 45 secondes, puis tournée en moule conique. Comptez 5,5 € les 2 boules plus 1 € pour le cornet. Glaster n’ouvre que le week-end, car la production est limitée.
Des univers inspirés d’ailleurs
Reÿs, rue du Bourg Tibourg, propose des mélanges inspirés des voyages de son patron Jean-Pierre Braun. La « Balade à Bangkok » mêle riz thaï, lait de coco et citronnelle. Les cornets sont généreusement garnis, à 4 € pour un parfum et 7 € pour deux.
Bachir, rue Rambuteau, est un spécialiste de la glace libanaise né en 1936 dans le village de Bikfaya. Ses glaces sont 100 % libanaises et 100 % bio. La glace ashta combine pétale de rose, pistache et crème de lait, surmontée d’une chantilly maison recouverte de brisures de pistache.
Chez Bältis, rue Saint-Antoine, on turbine des glaces de tradition libanaise aux textures veloutées et à base de produits bio. Le parfum star est la glace à l’achta, préparée avec une racine d’orchidée, de la sève de pistachier lentisque, de la fleur d’oranger et de l’eau de rose. Par ailleurs, la boule peut être enrobée de pistache concassée ou de barbe à papa artisanale.
Les spots qui font le buzz cette saison
Rue de Maubeuge, Rayonnance ouvre ses portes le samedi à partir de 15h. Yuki Hayato et Lumi Hachiya y montent des coupes glacées équilibristes. Le parfait matcha superpose panna cotta au sucre muscovado, mochi gélatineux à l’amidon de fougère, crumble au kinako et glaces maison au thé hojicha et matcha, pour 15 €. Le parfait pêche melba, lui, se compose d’une boule vanille, d’un sorbet yaourt-verveine et d’une pêche compotée entière à la sauce framboise au vin rouge (14,50 €).
Rue Bichat, JJ Hings est le spot de Julia Bell, ex-pâtissière de chez Ten Belles. La glace y prend l’accent américain : ice-cream sandwich au beurre de cacahuète, float, soft serve, ice pops. Les parfums ont des noms poétiques comme Fraise Dispatch ou Rhubarbe Ribot Ripple. Préparez-vous à faire la queue.
Chez Folderol, rue du Grand Prieuré, Jessica Yanga et Robert Compagnon du restaurant Rigmarole ont importé la tendance du bar à vins et glaces depuis les États-Unis. Les ice-creams sont enrobants et crémeux. Ainsi, la crème glacée à la cannelle s’impose comme un authentique câlin épicé. Du côté des glaces artisanales de Paris plus décomplexées, Glaces Glazed d’Henri Guittet joue sur des noms barrés comme Dirty Berry (framboise-lime-sumac) ou Sugar Sex Magic (choco-wasabi-gingembre), depuis deux adresses rue des Martyrs et rue Geoffroy-Saint-Hilaire.
Chez Grave, rue des Gravilliers, Nicolas Papadato, ancien notaire reconverti en coffee shop, sert un soft serve dense sorti d’une Carpigiani. La coco et charbon, noire comme la nuit et peu sucrée, vaut chaque centime des 4,50 € demandés. De son côté, La Combine, rue de Lancry, propose chaque semaine de nouveaux parfums de soft serve artisanale : fraise et baies de Timut, caramel et fleur de lait, abricot et amaretto. Ces glaces artisanales de Paris changent au rythme des saisons et des fruits bio. Enfin, Sucre Glace, quai de Valmy, mérite qu’on s’y arrête pour son caramel au beurre salé maison, préparé par Thierry Ménager, pâtissier de formation, dans une ancienne tannerie de cuir de crocodile reconvertie en boutique vitrée. La scène des glaces artisanales de Paris n’a jamais été aussi vivante qu’en cet été 2026.




