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Céline Dion icône du cool : comment la diva ringarde des années 90 est devenue la reine du style

FreshMagazine - Céline Dion icône du cool : comment la diva ringarde des années 90 est devenue la reine du style

Céline Dion n’a pas toujours été une référence dans les cercles les plus exigeants de la mode et de la culture. Pourtant, en quelques années à peine, la chanteuse canadienne a opéré une transformation aussi spectaculaire qu’inattendue.

Avant le cool, il y avait déjà la passion

Dans les années 1990 et 2000, apprécier Céline Dion n’avait rien de distingué. Certains plaçaient cet enthousiasme au même niveau que l’amour affiché pour Michel Sardou.

Pourtant, ses fidèles savaient déjà ce que le grand public refusait d’admettre. Derrière l’image lisse de la chanteuse sage se cachait une personnalité maximaliste, fantasque, totalement assumée.

Dès 1995, le titre Pour que tu m’aimes encore s’installait dans les mémoires avec une force rare. Son clip épuré, où elle chantait entourée de figures évoquant des poupées vaudoues, portait déjà une étrangeté fascinante.

Par la suite, l’album D’eux devenait un rituel partagé entre amies à la sortie des cours. Car la diva canadienne réunissait, bien avant d’être adoubée par les cercles branchés.

Le tournant qui a tout changé pour Céline Dion

En 2014, le réalisateur Xavier Dolan intègre la chanson On ne change pas dans une scène du film Mommy. Cette séquence, où une mère et son fils partagent un moment de complicité explosive, change le regard du public.

Des spectateurs qui ne s’y attendaient pas ont alors mesuré la puissance émotionnelle de ce répertoire. Dès lors, Céline quittait définitivement la case « variété ringarde » pour entrer dans celle des artistes qui transcendent les milieux.

Deux ans après ce tournant cinématographique, elle reprend son image en main. Son mari et mentor René Angelil, qui l’avait façonnée depuis ses débuts, venait de disparaître.

Seule pour la première fois, elle choisit alors de devenir sa propre manageuse. Ce passage à l’autonomie marque le début d’une métamorphose stylistique profonde.

Law Roach, l’architecte d’une nouvelle image

C’est le styliste Law Roach qui orchestre cette mue vestimentaire. Il est par ailleurs connu pour accompagner Zendaya dans ses prises de risque les plus audacieuses.

Il range les robes pailletées vieillissantes et introduit une alchimie nouvelle entre glamour et humour. Ainsi, en 2017, il lui fait porter un sweat à capuche orné du mot Titanic en pleine fashion week.

Ce geste calculé, à la fois référentiel et ironique, place Céline Dion aux premiers rangs des défilés. Elle n’y est plus invitée par charité symbolique mais comme une vraie figure de style.

Par ailleurs, en 2024, Law Roach sort de la retraite qu’il venait tout juste d’annoncer. Il crée spécialement pour elle un look Valentino pour les Grammy Awards, confirmation que leur collaboration dépasse le simple contrat professionnel.

Les JO de Paris et la consécration mondiale de Céline Dion

Après une longue absence liée à sa maladie, la chanteuse réapparaît dans des circonstances extraordinaires. Elle interprète L’Hymne à l’amour au sommet de la Tour Eiffel lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris.

La planète entière regarde, et beaucoup pleurent. Ce moment dépasse la performance artistique pour devenir un fait de civilisation.

Cette prestation achève de faire d’elle ce que la culture pop anglophone appelle la GOAT, acronyme de « Greatest Of All Times ». La désignation n’est plus discutée.

Pour annoncer sa nouvelle série de concerts, des panneaux d’affichage apparaissent dans Paris. On y lit seulement des titres de chansons, sans nom, sans photo. Tout le monde comprend immédiatement de qui il s’agit.

Ce que la trajectoire de Céline Dion révèle sur la mode et la culture

Son parcours illustre un phénomène bien connu dans le monde de la mode. Ce qui paraît daté à un moment donné peut devenir une référence absolue quelques années plus tard.

Or, ce retournement ne s’est pas produit par hasard. Il résulte d’une série de décisions précises, du choix du bon styliste à la sélection d’une scène de cérémonie à hauteur de légende.

Ceux qui l’aimaient avant la consécration vivent aujourd’hui ce paradoxe savoureux. Ils peuvent se prévaloir d’une fidélité ancienne, antérieure à l’enthousiasme des convertis récents.

Car l’avoir vue en concert en 2013, alors que ni les cercles bobos ni les rédactions de mode ne s’y intéressaient encore, confère rétrospectivement une forme de prescience rare. Ce genre de loyauté précoce, dans un monde qui célèbre toujours l’enthousiasme du dernier moment, reste le seul luxe vraiment impossible à acheter.