Au cœur du Bastille Design Center, les étudiants de la promotion 2026 du Mastère Créateur de mode de l’Atelier Chardon Savard ont dévoilé leurs collections de fin d’études. Sous les projecteurs, quinze jeunes créateurs ont proposé une vision de la mode qui dépasse le simple vêtement pour devenir un langage politique, émotionnel et architectural. Ce cru 2026 se distingue par une profondeur thématique rare, oscillant entre quête identitaire, résilience post-traumatique et innovation structurelle.
L’identité au cœur de la création
Plusieurs collections ont exploré la notion de territoire et de racines. Mine-Ki Han, avec Born Under The Yellow Rose, a ouvert un dialogue entre Berlin, Paris et ses origines à travers une silhouette fusionnant le hanbok traditionnel, le vestiaire français et l’univers biker.

Born Under The Yellow Rose
Cette quête de soi se retrouve également chez Zoé Lacroix, dont la collection Mémwa an nou utilise le Carnaval martiniquais non comme un folklore, mais comme un véritable « langage de résistance » face à l’histoire de l’esclavage.

Mémwa
Pour Sohyeon Lee, c’est le déplacement entre Séoul, Saigon et Paris qui façonne une Transfiguration du corps vers un état animal et libéré des codes sociaux.

Transfiguration
Le vêtement comme armure et acte de résilience
Le défilé a également été marqué par des propositions fortes autour du pouvoir féminin et de la reconstruction. Claire Delage a réinterprété le mythe de Méduse dans Dans ses yeux, transformant le monstre en une figure de puissance indomptable.

Dans ses yeux
Dans une veine plus sombre et revendicatrice, Kalvin Rhodes a présenté Lésions Dangereuses, une collection qui transmute la violence subie en une esthétique dominatrice où le glamour devient une « stratégie » et une menace souveraine face au patriarcat.

Lésions Dangereuses
Alexandrine Sipple, quant à elle, a exploré l’objectification du corps féminin à travers l’imaginaire BDSM et organique pour créer des « poupées insectoïdes » maîtresses de leur environnement.

La Volonté de la Poupée
Innovation technique et déconstruction structurelle
Sur le plan technique, la modularité et l’expérimentation textile ont impressionné le public. Achraf Saidi a bousculé les codes avec SUPER STRUcT, une collection basée sur un système d’assemblage sans couture, permettant au vêtement de se démonter et de se reconfigurer une veste pouvant ainsi devenir une jupe.

SUPER STRUcT
La matière a également été un terrain d’expérimentation pour Valentine Bouzats, dont la collection Sillages fait dialoguer la maille et le feutre pour créer des volumes organiques inspirés de l’univers marin.

Sillages
Enfin, Laetitia Bourgeois clôture cette réflexion par une note sensible avec The Last Closet, explorant la disparition du corps et la mémoire imprégnée dans les tissus, transformant le vêtement en un dernier témoin d’une présence passée.

The Last Closet
Ce défilé 2026, soutenu par les équipes techniques de Novelty et les maquilleuses de l’école ITM, confirme le rôle de l’Atelier Chardon Savard comme incubateur de talents capables de marier virtuosité technique et engagement sociétal.
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