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Vos vacances aux Maldives ne baisseront pas de prix malgré le recul de Malé sur cette taxe de 17 % imposée aux voyagistes

FreshMagParis - Vos vacances aux Maldives ne baisseront pas de prix malgré le recul de Malé sur cette taxe de 17 % imposée aux voyagistes

Rêver des Maldives en 2026, c’est encore envisageable, mais un récent coup de théâtre fiscal a failli compliquer la donne pour tous ceux qui revendent cette destination de sable blanc et de lagons turquoise depuis l’Europe. Heureusement, le gouvernement maldivien semble avoir entendu la grogne des professionnels du voyage.

Une taxe qui a mis le secteur touristique en ébullition

Depuis le 1er octobre 2026, les agences de voyages, voyagistes et plateformes de réservation établis à l’étranger se voyaient soumis à un prélèvement de 17 % sur les prestations touristiques vendues aux Maldives. Concrètement, cela concernait tout opérateur vendant un séjour dans l’archipel depuis Paris, Londres ou Berlin, sans y avoir de bureau local.

Le président Mohamed Muizzu avait ratifié cette réforme le 31 août. Or, les professionnels du secteur ont immédiatement contesté le calendrier imposé.

Le problème central tenait à la temporalité des réservations. Les séjours aux Maldives se vendent souvent plusieurs mois à l’avance. Intégrer une nouvelle charge fiscale dans des forfaits déjà finalisés relevait donc de l’impossible.

La fédération allemande du voyage DRV a notamment dénoncé les formalités administratives auprès du fisc maldivien. Elle a aussi pointé les zones d’ombre juridiques du dispositif, rendant son application difficile à appréhender pour les opérateurs étrangers.

Comment la taxe fonctionnait concrètement sur les Maldives

Contrairement aux apparences, le taux de 17 % ne s’appliquait pas au prix total d’un voyage. Il portait uniquement sur la marge commerciale de l’intermédiaire.

Un exemple publié par l’administration fiscale maldivienne (MIRA) en septembre illustre ce mécanisme. Un voyagiste britannique achetant six nuits d’hôtel pour 2 457 dollars et les revendant 3 194,10 dollars devait reverser 107,10 dollars de taxe, calculés sur sa marge, non sur le prix client total.

  • La taxe portait sur la marge de l’intermédiaire, pas sur le prix de vente total.
  • Le gouvernement estimait les recettes annuelles à 1,61 milliard de rufiyaa, soit environ 90 millions d’euros.
  • Les sommes collectées depuis le 1er octobre devaient être remboursées si l’abrogation était adoptée.
  • La réforme restait légalement en vigueur tant que le Parlement n’avait pas voté définitivement le texte.
  • Le projet d’abrogation a été déposé au Parlement le 19 octobre, soit moins de trois semaines après l’entrée en vigueur.

Le recul rapide de Malé face à la pression des distributeurs

Face à la levée de boucliers, le gouvernement a choisi de reculer. Le projet d’abrogation a donc été déposé dès le 19 octobre, et il était encore en discussion à la date du 26 octobre 2026.

Ce revirement s’explique par la dépendance structurelle de l’archipel vis-à-vis des distributeurs étrangers. Car ce sont eux qui remplissent les resorts maldiviens, en acheminant les clientèles européennes et asiatiques vers ces îles accessibles uniquement par avion.

Les chiffres de fréquentation illustrent cet enjeu. L’archipel avait accueilli 2,25 millions de touristes en 2025, soit une progression de 9,8 % par rapport à l’année précédente, selon la Maldives Monetary Authority. Les recettes touristiques avaient alors atteint 5,57 milliards de dollars.

Or, 2026 s’annonce moins favorable. Entre le 1er janvier et le 14 octobre, le ministère maldivien du Tourisme enregistrait 1,65 million de visiteurs, soit 3,9 % de moins qu’à la même période en 2025. Ce ralentissement précédait pourtant l’entrée en vigueur de la taxe.

Maldives en 2026 : ce que les voyageurs paieront vraiment

Le recul du gouvernement ne signifie pas pour autant des séjours moins coûteux. La taxe visée par l’abrogation concernait uniquement les intermédiaires de vente, pas les taxes acquittées directement sur place par les touristes.

Dans les établissements de l’archipel, la TVA touristique (dite Tourism Goods and Services Tax, ou TGST) reste fixée à 17 % depuis juillet 2025. Par ailleurs, la Green Tax s’applique à hauteur de 12 dollars par personne et par nuit dans les resorts, ou de 6 dollars dans les petites maisons d’hôtes des îles habitées. Seuls les enfants de moins de deux ans en sont exemptés.

La France occupait en 2025 le huitième rang des marchés émetteurs vers les Maldives, avec 58 078 visiteurs, en progression de 6,3 %. Pour les voyageurs français ayant déjà réservé leur séjour, aucune réduction automatique n’est donc à attendre sur la note finale.

Ce que ce feuilleton fiscal révèle avant tout, c’est la fragilité d’un modèle touristique entièrement dépendant des canaux de distribution étrangers. Les Maldives ont choisi de préserver ces partenariats commerciaux plutôt que de sécuriser 90 millions d’euros de recettes supplémentaires, un arbitrage qui dit beaucoup sur l’équilibre délicat entre fiscalité et attractivité pour cette destination.