Menu
mode

« Tous les romans sont de la réalité habillée en rêve » : Matthieu Blazy signe un premier défilé Chanel haute couture envoûtant

FreshMagazine - « Tous les romans sont de la réalité habillée en rêve » : Matthieu Blazy signe un premier défilé Chanel haute couture envoûtant

Le 7 juillet 2026 au Grand Palais, Matthieu Blazy a signé son tout premier défilé Chanel haute couture. Pour cette collection automne-hiver 2026-2027, il a choisi un angle inattendu : puiser dans les contes de fées pour réinventer les classiques de la maison.

Les codes de la maison Chanel revisités par un regard d’enfant

D’abord, c’est le tailleur emblématique qui révèle la nouvelle vision du directeur artistique. Sa veste s’inverse en blouse, et sa doublure peinte devient un trésor caché. Ce geste rappelle, avec malice, qu’il ne faut jamais juger un livre à sa couverture.

Ensuite, les chaînes – à l’origine conçues pour lester les doublures – se transforment en ornements amassés, semblables au butin d’une pie voleuse. Ainsi, ce principe d’accumulation vient border des cols ou garnir des robes brodées de boutons et d’or. Le vestiaire gagne en richesse par ses ornements, mais jamais par sa coupe.

De plus, des ponctuations ludiques viennent rythmer l’ensemble : des détails farceurs nichés sur les talons des escarpins, sur des boutons ou sur des sacs en forme de personnages. Car chez Chanel, la créativité s’exprime aussi dans les plus petits détails.

« Tous les romans sont de la réalité habillée en rêve. »

Des détails qui racontent une histoire

Matthieu Blazy procède par évocation précise. Des pousses de haricots brodées parsèment les robes, une fève se mue en minaudière, et un ensemble jaune paille coiffé d’un chapeau ébouriffé convoque le personnage du petit paysan. Chaque silhouette porte donc en elle un fragment de fable.

Par moments, ce sont des références directes à Gabrielle Chanel elle-même qui surgissent. Ainsi, le look 1 présente un petit livre porté à la main, emprunté à la bibliothèque de Mademoiselle rue Cambon. Ce clin d’oeil rappelle la passion des livres que nourrissait la fondatrice, décrite comme une lectrice vorace dans L’Allure de Chanel.

Un Grand Palais changé en forêt de conte

Pour comprendre la collection Chanel automne-hiver 2026-2027, il faut d’abord imaginer le décor. Dans la nuit précédant le défilé, des végétaux géants ont poussé dans les salons du Grand Palais : lianes tortueuses, fleurs merveilleuses et inquiétantes, tiges qui tapissent les murs et emportent les chaises dorées.

Ce décor botanique onirique s’inspire directement de Jack et le Haricot Magique, parmi d’autres contes de fées. La narration commence en réalité dès l’invitation : un pendentif en forme de petit livre glissé dans les mains des convives. De l’objet à porter aux silhouettes défilant sur le podium, chaque élément participe à un même récit.

Par conséquent, les invités se retrouvent plongés dans une enfance réinventée. Deux défilés se sont tenus ce matin-là, l’un à 9h et l’autre à midi. Parmi les convives figuraient Pedro Pascal, Alexa Demie, Catherine Deneuve, ainsi que Jeannie Longo, citée comme l’une des idoles de jeunesse du directeur artistique.

Matthieu Blazy, un conteur aux ateliers de haute couture

Ce premier défilé Chanel haute couture signé Matthieu Blazy révèle une méthode claire. Il construit des ponts naturels entre le monde des livres et celui des petites mains des ateliers. Car pour lui, coudre et raconter relèvent du même geste fondamental.

Le directeur artistique ne cherche pas à bouleverser la coupe. En revanche, il transforme chaque ornement en signe narratif. Ainsi, un vernis féérique s’applique sur le réel sans jamais l’alourdir. La haute couture Chanel garde sa légèreté tout en se chargeant de sens.

Quand l’invitation devient le premier chapitre du défilé Chanel

Rarement un défilé Chanel aura commencé aussi tôt, avant même que les premières silhouettes paraissent. Le pendentif-livre envoyé en guise de carton d’invitation pose d’emblée le registre : celui du conte, de la fable, du récit à rebondissements. Dès lors, chaque pièce de la collection s’inscrit dans cette logique narrative.

La collection haute couture automne-hiver 2026-2027 de Chanel s’adresse ainsi à celles et ceux qui croient encore au pouvoir des histoires. Car une doublure peinte, une fève transformée en sac ou une chaîne devenue collier ne sont pas de simples détails techniques. Ce sont des chapitres cousus dans l’étoffe.

En définissant son langage créatif dès ce premier défilé, Matthieu Blazy ancre la griffe dans une tradition de l’émerveillement. Les classiques de Chanel – le tailleur, les chaînes, les ornements – restent présents et reconnaissables. Pourtant, ils se chargent d’un supplément d’âme que seule la haute couture sait offrir.