Au Costa Rica, certaines maisons ne se visitent pas, elles se vivent comme une expérience sensorielle totale. Sur les hauteurs d’Uvita, dans le sud du pays, une villa contemporaine surgit de la jungle pour offrir un panorama vertigineux sur le Pacifique.
Quand la jungle costaricaine devient décor de vie
Paul, d’origine américaine et passionné de nature, a choisi le Costa Rica pour sa biodiversité hors du commun. Le pays figure parmi les territoires les plus riches de la planète en termes de faune et de flore.
Sa maison émerge au détour d’un chemin de terre abrupt. Une végétation dense et sauvage l’enveloppe de toutes parts, la rendant presque invisible depuis la vallée.
Construite sur une colline dominant la station balnéaire d’Uvita, elle offre une vue à couper le souffle sur la forêt tropicale et la baie. De larges baies vitrées percent l’ensemble de la structure pour connecter chaque pièce à l’environnement.
Dehors, une terrasse suspendue, un balcon et une piscine en porte-à-faux s’organisent sans garde-corps. Le regard glisse alors librement vers l’horizon sans aucun obstacle visuel.
L’art au service de l’architecture, un fil conducteur radical
L’architecte d’intérieur Cheyenne Rubens, à la tête du studio Adobe Design, a travaillé avec une idée centrale. Plutôt que de concurrencer la nature, l’intérieur devait l’encadrer et la valoriser.
Elle a ainsi fait appel à l’artiste belge Johanna Van Parijs, installée au Costa Rica. Ses sculptures monumentales en marqueterie de bois traversent la maison comme un langage visuel cohérent.
Dans le salon, une bibliothèque de 5 mètres de hauteur accueille ses portes en marqueterie contemporaine. Deux tables sculpturales aux teintes vertes signées par la même artiste complètent l’ensemble.
Dans les chambres, des bas-reliefs en bois peint occupent la tête de lit. Dans les salles de bains, des miroirs en bois ajourés matérialisent la frontière entre intérieur et extérieur avec subtilité.
Matériaux bruts et savoir-faire local au Costa Rica
Cheyenne Rubens a sélectionné des matériaux choisis pour leur capacité à résister au climat humide du pays. Les murs, à l’intérieur comme à l’extérieur, reçoivent un enduit de microciment teinté.
Les plafonds sont entièrement revêtus de bois de laurier. Cette essence apporte chaleur visuelle et continuité d’un espace à l’autre.
La cuisine s’appuie sur des volumes généreux et un marbre Calacatta Viola. Ce matériau introduit un contraste fort avec la chaleur organique du bois de laurier.
Par ailleurs, le mobilier a été dessiné par Cheyenne Rubens et fabriqué artisanalement sur place. Les fauteuils des chambres, réalisés en bois de laurier par des artisans locaux, prolongent cette logique de production ancrée dans le territoire.
Cinq expériences sensorielles que cette villa rend possibles
- Se doucher face à la jungle dans une cabine en verre et travertin, les bruits de la faune et les odeurs de la forêt parvenant jusqu’à l’intérieur.
- Observer l’océan Pacifique depuis une piscine en porte-à-faux, sans garde-corps pour interrompre la ligne de vue.
- Dormir dans une chambre suspendue entre ciel et végétation dense, avec un balcon ouvert sur la forêt.
- Cuisiner dans un espace en marbre Calacatta Viola face à un panorama de forêt tropicale.
- Contempler les portes en marqueterie de Johanna Van Parijs dans le salon, depuis une pièce ouverte sur la baie d’Uvita.
Un équilibre entre démesure et précision du détail
La maison coche les attributs d’une résidence de prestige, avec ses volumes XL, ses aménagements sur mesure et ses œuvres d’art intégrées à l’architecture. Pourtant, rien ne verse dans l’ostentation gratuite.
Cheyenne Rubens a reçu carte blanche pour l’ensemble du projet. Dès lors, chaque choix, des céramiques d’Allegra Pacheco aux coussins Élitis, répond à une cohérence globale plutôt qu’à une accumulation de pièces.
Le vocabulaire géométrique de Johanna Van Parijs parcourt la maison de pièce en pièce. Il relie ainsi la bibliothèque du salon aux salles de bains, en passant par les chambres, sans jamais répéter le même motif.
Ce reportage sur cette villa du Costa Rica a été publié dans le numéro 566 de juillet-août de Marie Claire Maison, photographié par Frenchie Cristogatin. La demeure incarne une vision du luxe tropical où la discipline du détail prime sur la surenchère des matériaux.




