Saint-Tropez attire depuis longtemps les regards, mais la destination cache bien plus que ses yachts et ses clubs de plage. Le peintre Paul Signac fut l’un des premiers à saisir cette lumière méditerranéenne, arrivant par voilier et écrivant : « Je viens de découvrir le bonheur ». Aujourd’hui, les producteurs de The White Lotus ont choisi ce cadre pour leur prochaine saison, confirmant ainsi l’attrait durable de la péninsule.
Plus d’un siècle après Signac, les pins parasols, les criques secrètes et les sentiers littoraux ont peu changé. En été, les marchés regorgent de tomates mûries au soleil, de basilic parfumé, de figues et de citrons aussi gros que des balles de tennis. Cet itinéraire de deux jours propose un parcours précis, avec des adresses sélectionnées par des inspecteurs, pour vivre la Côte d’Azur avec sophistication.
Où séjourner à Saint-Tropez
Le choix de l’hébergement conditionne le rythme du séjour. Le Byblos et La Ponche placent le voyageur au cœur du village, tandis qu’Arev, La Tartane et Sezz Saint-Tropez, près de la plage des Salins, offrent un cadre plus paisible à quelques minutes en navette. Le Cheval Blanc Saint-Tropez, lui, s’élève directement sur la plage de Bouillabaisse.
Plus haut dans les collines, l’Airelles Saint-Tropez Château de la Messardière et la Villa Marie s’épanouissent au milieu des pins parasols. Plus à l’ouest, La Réserve Ramatuelle domine la Méditerranée dans un cadre préservé. Ainsi, chaque option propose un rythme différent, de la baignade matinale à la promenade au marché.
Jour 1 : du village aux criques
La journée commence tôt, avant l’arrivée de la foule. Les ruelles aux teintes sorbet s’éveillent doucement, et le duo Cédric Grolet x Airelles mérite un détour pour un café accompagné d’un croissant ou d’une création du chef pâtissier. Un mardi ou un samedi, le marché de la Place des Lices permet de s’offrir du nougat et de la tapenade avant de grimper jusqu’à la Citadelle.
De là, la vue panoramique s’étend sur le Golfe jusqu’aux Maures au loin. Le Musée d’Histoire Maritime, non loin, offre un aperçu fascinant du passé maritime de la ville. Ensuite, le Sentier du Littoral depuis la Plage de l’Escalet suit l’un des tronçons côtiers les plus escarpés de la Côte d’Azur en direction du Cap Taillat.
« Je viens de découvrir le bonheur »
À 13h30, la plage de Pampelonne accueille le déjeuner. La Réserve à la Plage, club de plage boho chic conçu par Philippe Starck, propose la cuisine méditerranéenne du chef Éric Canino. Les beignets de fleurs de courgette, le tartare de poisson et la tarte tropézienne dans sa version raffinée comptent parmi les temps forts de la table.
Plus bas sur la plage, le Byblos Beach excelle dans la cuisine provençale, de la salade Niçoise au poisson entier grillé au charbon. En revanche, pour une atmosphère plus feutrée, le Jardin Tropezina, plage privée du Château de la Messardière, mise sur le jazz, les plateaux de homard frais et le rosé maison Roseblood, loin de tout ostentation.
- Musée de l’Annonciade : ancienne chapelle du XVIe siècle surplombant le port, collection permanente et expositions temporaires
- Bar sur le toit de l’Hôtel de Paris Saint-Tropez : vue plongeante sur les toits et le Golfe, cocktail Le Mépris à base de tequila
- La Vague d’Or au Cheval Blanc : seul restaurant trois étoiles MICHELIN de la région, menus d’Arnaud Donckele et desserts de Maxime Frédéric
- White 1921 sur la Place des Lices : restaurant saisonnier d’Arnaud Donckele et Maxime Frédéric, installé dans un cadre Louis Vuitton
- Les Caves du Roy au Byblos : club légendaire qui prolonge la fête jusqu’à l’aube
En fin d’après-midi, le Musée de l’Annonciade retrace comment Paul Signac, arrivé par bateau en 1892, encouragea Matisse, Derain, Bonnard et Cross à peindre ici. La collection permanente est complétée par des expositions temporaires consacrées à des artistes provençaux moins connus. Puis, à 18h30, le bar sur le toit de l’Hôtel de Paris Saint-Tropez offre une vue plongeante sur les toits du village et sur le Golfe.
Le soir, La Vague d’Or au Cheval Blanc Saint-Tropez propose les menus dégustation d’Arnaud Donckele, qui célèbrent le rouget, les crustacés et les produits provençaux dans des sauces veloutées. Les desserts saisonniers de Maxime Frédéric, du vacherin à la pêche et à l’amande du Luberon au soufflé à la noisette avec une glace à la vanille de Tahiti, comptent parmi les temps forts.
Jour 2 : vignobles, marchés et shopping
La seconde journée débute dans les collines de Ramatuelle, ancienne forteresse sarrazine aux ruelles voûtées dessinées en labyrinthe en spirale. Un jeudi ou un dimanche, le marché provençal propose lin, lavande et osier d’olivier. Les boutiques d’artisans et les galeries méritent une halte avant la pause café sur la place centrale.
De là, les routes entre Ramatuelle et Gassin serpentent parmi des domaines viticoles réputés : Château Minuty, Château Barbeyrolles, Château Volterra et Château Saint-Maur proposent des dégustations sur rendez-vous. Ainsi, la matinée se transforme naturellement en promenade viticole au cœur de la péninsule.
Pour le déjeuner, Gassin, l’un des « Plus Beaux Villages de France », accueille le restaurant Bello Visto. Sur sa terrasse ombragée, le chef Sylvain Humbert propose une cuisine provençale élégante, du bar de Méditerranée au gigot d’agneau rôti, avec une vue sur le Golfe de Saint-Tropez et le Massif des Maures. Par ailleurs, La Part des Anges, bistrot décontracté à côté de l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, honore les produits de saison avec des tomates anciennes, des dorades royales grillées et une brioche perdue au caramel au beurre salé.
Shopping et dîner en soirée
Le shopping dans ce village représente un véritable marathon : près de 230 enseignes internationales et boutiques indépendantes, traversables à pied en un peu plus de 15 minutes. Rondini fabrique ses Tropéziennes iconiques depuis 1927. Blabla propose la mode bohème, Maison ST Parfum les fragrances inspirées de la Riviera, et Mana des sacs en paille brodés à la main.
La boutique Dior, installée dans un hôtel particulier du XVIIIe siècle, organise maroquinerie, couture et objets décoratifs comme une collection privée. Dans le jardin de Monsieur Dior, Mauro Colagreco du restaurant Mirazur, triplement étoilé, sert une tour de petites pâtisseries florales accompagnées d’amuse-bouches. Pour une alternative active, un vélo électrique permet de rejoindre la Plage des Salins.
En soirée, La Ponche surplombe la petite crique où Roger Vadim tourna Et Dieu créa la femme, dans un quartier qui évoque encore l’âge d’or des années 1950. Le chef Simon Pinault propose une carte méditerranéenne allant du thon rouge cru avec tomate marinée et mousse burrata au rouget flambé dans un bouillon de bouillabaisse. Pour une ambiance différente, le restaurant Colette de l’hôtel Sezz, nommé d’après l’écrivaine française qui vivait à proximité, célèbre la Riviera avec des menus dégustation du chef Philippe Colinet, des agrumes et des fleurs comestibles aux associations inventives.




