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Rejoindre les icebergs du Groenland demandera bientôt une seule escale à Copenhague, avec cinq heures de vol jusqu’à Ilulissat

FreshMagParis - Rejoindre les icebergs du Groenland demandera bientôt une seule escale à Copenhague, avec cinq heures de vol jusqu'à Ilulissat

Des icebergs hauts comme des immeubles qui dérivent lentement dans une baie arctique, à portée de sentier depuis une petite ville colorée. Le Groenland vient d’ouvrir une nouvelle porte d’entrée sur ce spectacle rare, et les voyageurs européens devraient rapidement en ressentir l’effet concret.

Une piste qui change tout pour rejoindre le Groenland

Pendant longtemps, atteindre Ilulissat depuis l’Europe relevait du parcours du combattant. Il fallait atterrir à Nuuk ou à Kangerlussuaq, puis embarquer sur un petit appareil régional pour rallier la côte occidentale.

Ce détour s’expliquait par une contrainte simple. L’ancienne piste d’Ilulissat ne mesurait que 845 mètres, une longueur insuffisante pour les avions de ligne de taille standard.

Inauguré le 29 octobre 2026, le nouvel aéroport international dispose désormais d’une piste de 2 200 mètres. Cette différence permet d’accueillir des appareils beaucoup plus grands et, par conséquent, de multiplier les liaisons directes.

Pour marquer l’ouverture, Air Greenland a fait voler son Airbus A330neo depuis Copenhague. C’est le plus gros appareil de sa flotte, et sa présence sur cette destination signale clairement l’ambition derrière ce projet.

Cet aéroport s’inscrit d’ailleurs dans un programme plus large. Le Groenland avait déjà inauguré l’aéroport international de Nuuk en novembre 2024, puis celui de Qaqortoq, dans le sud de l’île, en avril 2026. La modernisation du réseau aérien avance donc méthodiquement.

Ce que la nouvelle desserte représente concrètement pour les voyageurs français

Dès novembre 2026, Air Greenland propose un vol hebdomadaire direct entre Copenhague et Ilulissat, chaque mercredi. Un Boeing 737-800 de la compagnie danoise Jettime, capable de transporter 180 passagers, assure cette rotation.

Des vols supplémentaires s’ajoutent pendant les fêtes de fin d’année et en mars. Puis, à partir de la mi-juin 2027 et jusqu’au début septembre, la fréquence pourrait atteindre six allers-retours par semaine.

Air Greenland prévoit d’exploiter ces liaisons estivales avec son nouvel Airbus A320neo, baptisé Unaaq. Depuis Paris, cela se traduit par une seule correspondance à Copenhague, sans vol intérieur supplémentaire au Groenland.

Il existe par ailleurs une autre option via l’Islande. Icelandair dessert déjà Ilulissat depuis Reykjavik-Keflavik et prévoit trois vols hebdomadaires durant l’été 2027. Cette solution reste possible, même si la nouvelle piste ouvre surtout la voie à une capacité bien plus grande via le Danemark.

Le temps de vol depuis Copenhague est d’environ cinq heures. C’est long, mais raisonnable pour rejoindre un territoire situé à 250 kilomètres au nord du cercle polaire arctique.

  • Ancienne piste d’Ilulissat : 845 mètres, réservée aux petits appareils régionaux
  • Nouvelle piste : 2 200 mètres, ouverte aux avions de ligne standard
  • Vol inaugural : Airbus A330neo d’Air Greenland depuis Copenhague
  • Dès novembre 2026 : un vol hebdomadaire, Boeing 737-800, 180 places
  • Été 2027 : jusqu’à six allers-retours par semaine avec l’Airbus A320neo Unaaq
  • Alternative via l’Islande : Icelandair depuis Reykjavik-Keflavik, trois vols par semaine en été 2027

Ilulissat et le fjord des icebergs, au cœur du Groenland arctique

Depuis les sentiers aménagés qui longent les abords du fjord, on observe les blocs de glace qui se détachent du glacier Sermeq Kujalleq. Ce glacier est l’un des plus actifs de la planète, et il libère chaque année des quantités considérables de glace dans la baie de Disko.

Le fjord d’Ilulissat figure au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004. Les icebergs qui en sont issus atteignent parfois des hauteurs comparables à des immeubles.

En été, le soleil de minuit prolonge chaque journée bien au-delà de ce qu’on imagine depuis l’Europe. Les excursions en bateau permettent d’approcher les blocs de glace à distance de sécurité, dans une lumière rasante qui ne disparaît jamais vraiment.

En hiver, le paysage bascule vers un autre registre. La banquise recouvre la baie, les étendues enneigées s’étendent à perte de vue, et les aurores boréales traversent le ciel nocturne.

Le Groenland face à la montée de sa fréquentation internationale

La progression est déjà visible dans les chiffres. Selon Statistics Greenland, les vols réguliers internationaux au départ du territoire ont transporté 114 431 passagers en 2025, contre 96 817 en 2024. Cela représente une hausse de 18,2 % en un an.

Ces chiffres ne reflètent pas seulement le tourisme. Sur l’île, aucune route ne relie les villes entre elles, et l’avion sert autant au quotidien des habitants qu’à l’accueil des visiteurs étrangers.

Cependant, la question des capacités d’accueil se pose. Les hébergements restent limités à Ilulissat, et les sites naturels du fjord sont particulièrement sensibles à une fréquentation accrue.

L’autorité danoise de l’aviation civile a d’ailleurs accordé son autorisation d’exploitation sous certaines conditions temporaires. L’activité du nouvel aéroport montera donc progressivement en puissance, sans ouverture immédiate à plein régime.

Ce Groenland plus accessible reste néanmoins un territoire exigeant. La météo arctique, les distances entre les sites et le coût global d’un voyage continueront de peser sur chaque organisation de séjour. C’est peut-être ce qui préserve encore la singularité de cette région du monde, même quand les pistes s’allongent.