Choisir parmi les meilleures brasseries de Paris relève parfois du casse-tête tant la capitale regorge d’adresses mythiques, chacune portant en elle une part de l’histoire de la ville. De Montparnasse à Saint-Germain, de la Bastille aux Champs-Élysées, ces institutions incarnent un art de vivre que le monde entier nous envie.
Des institutions littéraires et artistiques parmi les meilleures brasseries de Paris
Certaines tables parisiennes ont vu défiler les plus grandes figures des arts et des lettres, et elles en portent encore la mémoire. La Closerie des Lilas, boulevard du Montparnasse, en est l’exemple le plus frappant. Ernest Hemingway y rédigeait l’essentiel de son roman The Sun Also Rises accoudé au comptoir du bar. Aujourd’hui, le style Art déco, les banquettes de moleskine rouge et la terrasse bucolique sont restés intacts. La carte célèbre les classiques : tartare exécuté dans les règles de l’art, sole meunière, escargots géants de Bourgogne et fruits de mer.
À deux pas, La Coupole (boulevard du Montparnasse, Paris 14e) déploie ses 800 m² de salle Art déco, ses pilastres peints et ses mosaïques d’inspiration cubiste. Camus y avait sa table attitrée, la 149. Depuis 1927, le curry d’agneau aux copeaux de noix de coco figure sans interruption à la carte, aux côtés du foie de veau en persillade, de la sole meunière et des plateaux de fruits de mer. De même, Les Deux Magots, place Saint-Germain-des-Prés, accueille les amateurs depuis 140 ans. Son chocolat chaud est considéré comme le meilleur de Paris, et son brunch du dimanche vaut le déplacement.
Au pied de la butte Montmartre, le Wepler (place de Clichy, Paris 18e) témoigne de l’histoire du quartier depuis 1892. Utrillo, Toulouse-Lautrec, Modigliani et Apollinaire y ont tous posé leurs coudes. Actuellement fermé pour travaux, sa réouverture est attendue en septembre 2026.
Brasseries historiques et décors d’exception
Parmi les meilleures brasseries de Paris côté patrimoine, Le Train Bleu (Gare de Lyon, Paris 12e) s’impose comme un monument à lui seul. Construit en 1900 pour l’Exposition Universelle sous la direction de l’architecte Marius Toudoire, il abrite 40 peintures aux plafonds et aux murs évoquant les destinations méditerranéennes. Aujourd’hui associé au chef Michel Rostang, il propose un gigot d’agneau servi à la voiture de tranche et un baba au rhum flambé en salle.
Bofinger (rue de la Bastille, Paris 4e), inaugurée en 1864, fut le premier établissement parisien à servir de la bière à la pression. Sa rénovation de 1919 lui a offert une immense coupole à motifs floraux, des miroirs biseautés et des luminaires en pâte de verre. La choucroute y règne en maître, de la version strasbourgeoise à la royale de la mer avec demi-homard. Lipp (boulevard Saint-Germain, Paris 6e), fondée en 1880, affiche quant à elle un décor classé monument historique depuis 1989 : carrelages floraux, miroirs et banquettes en cuir brun. Son menu du jour, inchangé depuis les années 30, propose cassoulet, vol-au-vent ou blanquette de veau.
- Bofinger : inaugurée en 1864, première brasserie parisienne à servir la bière à la pression, coupole Art Nouveau de 1919.
- Le Train Bleu : construit en 1900, 40 peintures murales, inauguré par le Président Émile Loubet en 1901.
- Lipp : fondée en 1880, décor classé monument historique depuis 1989, menu du jour inchangé depuis les années 30.
- La Closerie des Lilas : haut lieu des arts depuis les années 1900, décor Art déco intact, tartare star de la carte.
- Le Wepler : témoin du quartier Montmartre depuis 1892, réouverture attendue en septembre 2026.
Adresses incontournables pour la cuisine et l’ambiance
Le Fouquet’s (99, avenue des Champs-Élysées, Paris 8e), ouvert depuis 1899, reste la brasserie la plus célèbre de la capitale. Sa devanture rouge aux lettres dorées accueille les amateurs de grande gastronomie du monde entier. Les vendredis et samedis soirs, des musiciens live animent la salle jusqu’après 22 heures. La carte propose caviar Osciètre, Saint-Jacques en coquille, côte de cochon Duroc et entrecôte Angus de 300 grammes. Les entrées démarrent à 16 euros, les plats à 26 euros.
Terminus Nord (rue de Dunkerque, Paris 10e), face à la Gare du Nord, mêle Art déco et Art Nouveau dans un décor de comptoir en acajou, mosaïques d’époque et cuivres rutilants. Sa choucroute strasbourgeoise, ses gros escargots de Bourgogne et ses plateaux de fruits de mer en font une référence. Plus à l’ouest, Le Flandrin (place Tattegrain, Paris 16e), installé dans une ancienne gare de la Petite Ceinture depuis 1936, propose une salle de 150 couverts avec un comptoir à fruits de mer, un vol-au-vent de ris de veau aux morilles et une pavlova aux fruits rouges en dessert.
Pour les amateurs de viande, Le Bœuf Couronné (avenue Jean Jaurès, Paris 19e) est une adresse incontournable depuis la fin du 19e siècle. Dernier établissement du quartier spécialisé dans la viande après la disparition des abattoirs de La Villette, il propose 12 morceaux de bœuf différents, du pavé des mandataires de 250 g à la côte de bœuf de 1,2 kg.
Nouvelles tables et brasseries réinventées
Les meilleures brasseries de Paris ne sont pas toutes centenaires. Brass (131, boulevard Saint-Germain, Paris 6e), inaugurée au printemps 2025, s’est installée au carrefour Mabillon avec un décor signé Dorothée Meilichzon : plafond à caissons, sol en mosaïque, nappes blanches et un piano rouge promettant des soirées jazz. La carte assume ses classiques sans esbroufe : tartine d’os à moelle, soupe à l’oignon gratinée, noix de Saint-Jacques et crème brûlée flambée en salle. La cave propose 80 références à prix maîtrisés.
Dans le même esprit de renouveau, Maison François 1er (rue François Premier, Paris 8e), ouverte en 2025 dans le triangle d’or, réinterprète les classiques tricolores avec un décor signé Nathan Litera : bois précieux, marbre vert de mer et luminaires élégants. Son tartare de thon à l’avocat, généreux, peut se déguster en entrée ou en plat. La brasserie dispose d’une salle privée pour les dîners en toute discrétion.
Enfin, La Fontaine Gaillon (rue de la Michodière, Paris 2e), hôtel particulier du 17e siècle ayant connu mille vies, a rouvert sous l’impulsion de la maison Fitz Group avec un intérieur repensé par l’architecte madrilène Lazaro Rosa-Violá. Sa terrasse face à la fontaine éponyme constitue l’une des plus belles oasis de la Rive droite. Ces nouvelles adresses prouvent que les meilleures brasseries de Paris savent se réinventer sans trahir l’esprit du genre.




