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Matthieu Blazy réinvente le soulier bicolore de Chanel pour sa première collection

Matthieu Blazy réinvente le soulier bicolore de Chanel pour sa première collection

Le soulier bicolore de Chanel est l’une des chaussures les plus reconnaissables au monde. Intemporel, il traverse les décennies sans perdre son allure. Ainsi, pour sa toute première collection prêt-à-porter printemps-été 2026, Matthieu Blazy le remet au cœur de la maison en lui offrant une nouvelle jeunesse.

Une obsession du bicolore bien avant 1957

Gabrielle Chanel porte le goût du bicolore depuis les années 1920 et 1930. À Paris ou à Biarritz, elle arbore des souliers à talons bicolores très British, avec de fines brides sur le coup de pied et un bout fleuri.

Plus tard, en 1937, elle apparaît sur la plage du Lido à Venise avec des espadrilles compensées beige à bout noir. À ses côtés se trouve son ami proche, le danseur étoile des Ballets Russes, Serge Lifar. Ce moment précède de vingt ans le lancement officiel de son soulier culte.

Pourtant, la ballerine, phénomène de ces dernières années, n’est apparue qu’dans les années 1980. Le bicolore, lui, a une histoire bien plus ancienne et bien plus ancrée dans l’ADN de la créatrice.

1957, l’année où tout change

En effet, Gabrielle Chanel ne pose les fondations de son escarpin bicolore qu’en 1957. À cette époque, les chaussures pour femmes sont monochromes et assorties aux teintes des tenues.

La créatrice change la donne. Selon la légende, elle s’inspire des chaussures bicolores portées par le personnel du yacht de son ami, le duc de Westminster. Elle souhaite un modèle qui allonge la silhouette et fasse paraître le pied plus petit, avec un petit talon carré de 5 centimètres, maintenu par une bride arrière, élégant du matin jusqu’au cocktail du soir.

« C’est la chaussure la plus moderne et il fait de belles jambes. »

Massaro, l’artisan du premier prototype

C’est le cordonnier Massaro, créateur de bicolores pour homme, qui signe le premier prototype. Son bout rapporté noir est pensé pour remédier aux caprices de la météo et à la marche en ville, souvent salissante.

Par la suite, Karl Lagerfeld, successeur à la tête de la création de la maison, remet le bicolore à l’honneur lors du défilé automne-hiver 2015-2016. Ainsi, la chaussure confirme sa place de signature incontournable.

  • Création du bicolore en 1957 avec le cordonnier Massaro
  • Talon carré de 5 centimètres et bride arrière pour le confort
  • Bout rapporté noir pensé pour la marche en ville
  • Remis à l’honneur par Karl Lagerfeld au défilé automne-hiver 2015-2016
  • Revisité par Matthieu Blazy pour la collection printemps-été 2026

De plus, le bout rapporté noir répond à une logique pratique autant qu’esthétique. Cette dualité entre confort et élégance reste au cœur de la philosophie de la maison depuis ses origines.

Un soulier pensé pour la femme en mouvement

Gabrielle Chanel pense d’abord au confort. Elle veut une chaussure élégante du matin jusqu’au soir, adaptée à la vie réelle. Par conséquent, le bicolore devient une réponse concrète aux contraintes du quotidien féminin.

Ainsi, ce soulier ne se contente pas d’être beau. Il allonge la silhouette, fait paraître le pied plus petit et résiste aux aléas de la ville. Ces qualités expliquent sa longévité remarquable.

Matthieu Blazy réinterprète l’icône pour 2026

Pour sa première collection prêt-à-porter printemps-été 2026, Matthieu Blazy revisite le slingback bicolore, mondialement connu sous le nom de two-tone pump. Il remonte l’empeigne sur le coup de pied pour un décolleté en amande, affine le talon et réduit la largeur du bout rapporté en l’effilant comme s’il était finement trempé dans la couleur.

Toujours dans ce deux tons emblématique, d’autres escarpins ou mules à talons à bouts carrés comme des mocassins viennent ponctuer les 77 silhouettes de sa collection. Chanel affirme ainsi sa continuité créative tout en renouvelant son regard sur ses propres codes.

De cette manière, Matthieu Blazy joue avec les proportions des accessoires sans trahir l’esprit originel. Il effile, affine, recentre. La signature maison reste reconnaissable, mais elle respire différemment sous sa direction.

Par conséquent, le bicolore de Chanel prouve une nouvelle fois sa capacité à se réinventer sans se renier. De Gabrielle à Matthieu Blazy, en passant par Karl Lagerfeld, ce soulier reste le fil conducteur d’une élégance qui ne se démode pas.