Menu
Gastronomie

Le petit-fils de Berthillon fait partie des meilleures glaces de Paris avec une signature à l’oursin givré

Le petit-fils de Berthillon fait partie des meilleures glaces de Paris avec une signature à l'oursin givré

Quand le bitume parisien capitule sous la chaleur, la quête des meilleures glaces de Paris s’organise avec une exigence nouvelle. Loin des textures standardisées et saturées de sucre, une poignée d’artisans travaillent la matière brute à la manière de parfumeurs ou de grands pâtissiers. On vient chercher chez eux la pureté d’une gousse rare, la vivacité d’un fruit cueilli à point nommé, ou l’audace d’un accord qui bouscule en douceur les habitudes du palais.

Glaster, l’échoppe familiale du 19e qui turbine à l’ancienne

Sur les hauteurs de Belleville, dans le 19e arrondissement, Marc Flaster, fondu de glace depuis trente ans, s’est associé avec sa fille pour donner vie à cette discrète échoppe jaune acidulée. Ici, on turbine sans colorants ni conservateurs, et la production limitée impose une ouverture restreinte au week-end. Ce gage de rigueur ne trompe pas la clientèle du quartier, déjà fidèle au rendez-vous.

La carte, volontairement courte, privilégie la clarté des saveurs. Le sorbet à la menthe verte affiche une pâleur d’une grande honnêteté et restitue avec vivacité le goût de la feuille fraîche. Associé au sorbet citron, il compose un duo désaltérant fort bien vu.

Pourtant, la véritable signature du lieu se joue sous nos yeux : une pâte maison coulée dans un gaufrier, cuite quarante-cinq secondes et façonnée à chaud pour offrir un cornet minute d’un croustillant remarquable. La conscience verte s’invite aussi grâce à un système de contenants en plastique consignés. Prix : 4,50 euros le cornet. Adresse : 66, rue de la Villette, Paris 19e.

« La sincérité des parfums et la tiédeur de ce cornet façonné à la minute justifient amplement de programmer sa balade dominicale dans les hauteurs du 19e. »

Enzo & Lili, le petit-fils de Berthillon trace sa propre voie dans le 16e

Lionel Chauvin, petit-fils du légendaire Raymond Berthillon, a quitté le giron familial de l’Île Saint-Louis pour ouvrir son échoppe dans le 16e arrondissement. Installée depuis 2021 dans une ancienne boulangerie, Enzo & Lili s’impose comme un laboratoire d’expérimentations jubilatoire. La dégustation s’effectue exclusivement au pot, un choix technique lié à la densité remarquable des crèmes, très peu foisonnées.

La charte est d’une rigueur absolue : pas de stabilisants, pas de conservateurs, pas de colorants, ni le moindre gramme de glucose ou de fructose industriels. Sur cette base de grande pureté, le chef place la glace salée au cœur de son manifeste créatif. Ainsi, l’oursin glacé s’impose comme une signature forte, mariant mer, umami et texture crémeuse.

Les puristes trouvent aussi d’impeccables classiques comme le Caramel au beurre salé ou l’Ananas basilic. En revanche, les nouveautés bousculent le palais avec technicité : vanille révélée par la puissance minérale du caviar, huître givrée sublimée par une glace fine et poivrée, ou œuf mayonnaise agrémenté d’épices et de moutarde. Prix : à partir de 5 euros le pot de 0,25 l. Adresse : 2, rue Auguste Maquet, Paris 16e.

  • Glaster (Paris 19e) : cornet façonné à la minute, sans colorants ni conservateurs, ouvert le week-end, 4,50 euros.
  • Enzo & Lili (Paris 16e) : glaces salées signature dont l’oursin givré, vente au pot uniquement, à partir de 5 euros.
  • Folderol (Paris 11e) : glacier artisanal et caviste de vins nature, sorbets d’auteur en coupes vintage, 5 euros la coupe.
  • À la Mère de Famille (Paris 9e) : esquimaux façonnés à la main dans un atelier en Touraine, plus de trente recettes, 6,50 euros l’esquimau.
  • Isotope (Paris 3e) : cinq glaces et cinq sorbets préparés chaque matin, sans additifs, 4 euros la boule.

Folderol et À la Mère de Famille, deux visions des meilleures glaces de Paris

En décembre 2020, Jessica Yang et Robert Compagnon, le couple à la tête du restaurant Le Rigmarole dans le 11e, ont imaginé Folderol : un lieu hybride, à la fois glacier artisanal et caviste de vins nature. Formés auprès de Guy Savoy et passés par le Jules Verne et de prestigieuses tables new-yorkaises, ils appliquent à la turbine la rigueur de la haute gastronomie. Jessica Yang insuffle sa sensibilité pâtissière à des crèmes et sorbets travaillés à partir de fruits frais sourcés avec soin.

La carte change au gré des saisons, jonglant avec des créations florales comme le sorbet pomelo-jasmin, une menthe choc’ chips d’une rare élégance, ou des associations plus audacieuses à l’instar du maekjeolli, du parmesan ou de l’huile d’olive. Le tout se déguste dans des coupes vintage dénichées aux puces ou dans un cornet de soja au sucre rapadura. Une seconde adresse a par ailleurs ouvert rue Faidherbe, à l’autre bout de l’arrondissement. Prix : 5 euros la coupe. Adresses : 10, rue du Grand Prieuré et 40, rue Faidherbe, Paris 11e.

De son côté, À la Mère de Famille élabore l’intégralité de sa gamme, forte de plus de trente recettes, dans son propre atelier en Touraine, sous l’œil d’un chef glacier Meilleur Ouvrier de France et Champion du Monde. Aucun colorant, aucun arôme artificiel, ni aucun conservateur. Ce sont les esquimaux maison qui s’imposent depuis plus de quinze ans comme les véritables icônes de la saison chaude.

Façonnés à la main, ils profitent d’une synergie parfaite avec la chocolaterie. L’esquimau vanille-pépites de praliné offre une attaque crémeuse, bousculée par des éclats de praliné sous une couverture de chocolat noir au claquant impeccable. La déclinaison au lait d’amande, escortée de ses craques chocolat-amande-caramel, s’avère d’un équilibre remarquable pour ceux qui cherchent une alternative végétale. Prix : 6,50 euros l’esquimau. Adresse : 35, rue du Faubourg Montmartre, Paris 9e.

Isotope et Jade Genin, deux nouvelles adresses parmi les meilleures glaces de Paris

Après un galop d’essai sous forme de pop-up, Isotope a pris racine en 2026 dans le 3e arrondissement. À sa tête, Matthieu Meisse, Clément Hu et Frances Leech, ancienne cheffe pâtissière britannique reconvertie au monde du froid. Tout est pensé, sourcé et exécuté chaque matin, garantissant des textures d’une fraîcheur absolue.

La carte se concentre sur cinq glaces et cinq sorbets, sans additifs ni excès de glucose. Les clins d’œil aux origines britanniques de Frances Leech se savourent à travers une glace menthe-chocolat ou un sorbet au concombre désaltérant. Des associations plus complexes, comme la framboise façon cheesecake avec ses éclats de biscuit sans gluten, témoignent d’une vraie sensibilité de pâtissière. Le chocolat, quant à lui, provient de chez Nicolas Berger, travaillé en sorbet onctueux au lait de coco. Prix : 4 euros la boule. Adresse : 8, rue Dupetit-Thouars, Paris 3e.

Ainsi, parmi les meilleures glaces de Paris, Jade Genin occupe une place à part. Fille de Jacques Genin, elle combine rigueur technique et sensibilité contemporaine dans son écrin de l’avenue de l’Opéra, autour du kakigori, ce dessert ancestral japonais composé de glace râpée comme de la neige. Sa collection de granités-neige comprend le « Comme une pavlova », mangue-passion avec cœur de crème glacée à la vanille sous une meringue italienne aérienne, ou le « Shiso meringué », mariant citron vert et shiso pourpre couronné d’une meringue végétale. La cheffe pousse par ailleurs l’audace sur le terrain salé avec un granité-neige tomate-stracciatella et un électrisant citron-roquette. Prix : 7,50 euros la coupe. Adresse : 33, avenue de l’Opéra, Paris 1er.

Pourquoi ces six adresses redéfinissent les meilleures glaces de Paris en 2026

Ces six glaciers partagent un point commun : le refus des arômes criards et du glucose industriel au profit d’ingrédients sourcés avec soin. De plus, chacun apporte une identité propre, qu’il s’agisse du cornet minute de Glaster, de la glace salée d’Enzo & Lili ou du kakigori de Jade Genin. Ce renouveau artisanal confirme que la glacerie parisienne se pense désormais avec la rigueur d’un laboratoire de pâtisserie.

Par conséquent, dénicher les meilleures glaces de Paris n’est plus un parcours du combattant. Ces artisans ont redéfini les codes, en plaçant la pureté du goût avant le marketing. Chaque adresse propose ainsi une expérience cohérente, du sourcing des matières premières jusqu’au contenant.

En revanche, ces lieux exigent parfois de s’adapter : Glaster n’ouvre qu’en week-end, Enzo & Lili ne vend qu’au pot. Ces contraintes sont pourtant le signe d’une production maîtrisée, qui fait des meilleures glaces de Paris un plaisir à planifier autant qu’à savourer.