Paris en novembre 2026 se révèle bien plus généreux qu’on ne l’anticipe, et la cheffe Kelly Jolivet en offre la preuve la plus savoureuse depuis les banquettes en velours rouge de Benoit Paris. Ce mois de feuilles mortes et de nuits précoces cache en réalité une programmation culturelle et gastronomique d’une densité rare, à condition de savoir où regarder.
Le lièvre à la royale chez Benoit, sommet gastronomique de Paris en novembre 2026
Kelly Jolivet, cheffe du seul bistrot parisien étoilé portant le label Ducasse, ressort chaque novembre un monument de la cuisine française. Son lièvre à la royale n’est pas un simple plat de saison.
Sa préparation témoigne d’un travail de longue haleine. Un lièvre sauvage désossé, farci de foie gras et de truffe, confit pendant des heures dans un jus lié aux abats et au sang, puis rehaussé d’un miroir de vin rouge pour la brillance finale.
Ce plat traverse les siècles. Façonné à l’origine pour la dentition fatiguée de Louis XIV et théorisé par Antonin Carême, il revient ici dans un cadre intimiste, rue Saint-Martin dans le 4e arrondissement.
Les portions quotidiennes restent très limitées, ce qui rend la réservation obligatoire. L’accord suggéré avec un verre de N°3 d’Angélus, Saint-Émilion, transforme l’assiette en rituel. Compter 70 euros par personne, jusqu’à fin novembre 2026.
Paris Photo au Grand Palais, 29e édition sous la verrière restaurée
Florence Bourgeois et Anna Planas orchestrent cette édition anniversaire du 12 au 15 novembre 2026, avenue Winston-Churchill dans le 8e arrondissement. La nef restaurée du Grand Palais retrouve son rôle de capitale mondiale de la photographie.
Cette année, un accrochage inédit puise dans les collections du Centre Pompidou pour célébrer le Bicentenaire de la photographie. Une centaine d’œuvres d’artistes historiques et contemporains dialoguent autour des thématiques du faire, de l’infini et des identités.
Par ailleurs, la commissaire Aldeide Delgado dirige cette édition le parcours Elles × Paris Photo, dédié aux artistes femmes. Ce fil rouge bousculant les perspectives traverse l’ensemble des galeries présentes.
Le billet est affiché à 28 euros. Des visites guidées animées par des historiens et critiques d’art sont proposées par Artstorming. Viser l’après-midi pour profiter de la lumière naturelle sous la verrière.
Le Bal 1900 à l’Hôtel de la Marine, une soirée hors du temps
Le vendredi 27 novembre 2026, l’Hôtel de la Marine, place de la Concorde dans le 8e arrondissement, remonte le temps jusqu’à la Belle Époque. L’association Carnet de Bals anime ce Bal 1900 consacré aux danses animalières.
Au programme, le Turkey Trot, le Grizzly Bear et d’autres pas sautillants d’époque font revivre une gestuelle oubliée. Les salons d’apparat, avec leurs miroirs et leurs dorures, forment un décor difficilement concurrençable pour ce genre de soirée.
Deux formules coexistent. L’accès à la cour d’honneur, gratuit et ouvert à tous, permet de participer aux danses improvisées. L’accès aux salons intérieurs, à 9 euros, donne à voir les démonstrations en costume d’époque de plus près.
La soirée se tient de 17h30 à 20h30, ce qui laisse toute la nuit devant soi pour dîner dans les environs de la place de la Concorde.
Les Misérables au Châtelet et Panayotis Pascot au Dôme, deux rendez-vous scéniques de novembre à Paris
Le metteur en scène Ladislas Chollat signe une nouvelle production en français des Misérables, comédie musicale de Claude-Michel Schönberg et Alain Boublil. La Grande Salle du Théâtre du Châtelet, place du Châtelet dans le 1er arrondissement, accueille ce spectacle dès le 11 novembre 2026 et jusqu’au 10 janvier 2027.
La production précédente avait décroché les Molières et les trophées de la comédie musicale. Celle-ci fait le pari d’une scénographie épurée pour laisser résonner le texte retravaillé et les envolées symphoniques. Les billets partent à partir de 40 euros, et les matinées du week-end s’épuisent vite.
Le Salon Diaghilev ouvre ses portes 45 minutes avant chaque lever de rideau les mardis et jeudis, sans supplément. Cet espace offre une introduction aux secrets de l’œuvre avant d’entrer en salle.
Les 6 et 7 novembre 2026, Panayotis Pascot investit quant à lui le Dôme de Paris, boulevard Victor dans le 15e arrondissement, pour les ultimes représentations parisiennes de son seul-en-scène Entre les deux. Après un best-seller tiré à plus de 200 000 exemplaires, une tournée des Zénith et plusieurs tournages pour Quentin Dupieux, il transforme ses angoisses de trentenaire en matière comique vive et précise.
Son spectacle ausculte la peur de basculer dans l’âge adulte, l’absurdité des relations et la vanité des comportements contemporains. Les places restantes sont à sécuriser rapidement, à partir de 25 euros.




