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Beauté

Le flacon du N°5 de Chanel change en 2026 et Margot Robbie succède à Marion Cotillard pour incarner l’icône

Le flacon du N°5 de Chanel change en 2026 et Margot Robbie succède à Marion Cotillard pour incarner l'icône

En 1921, Gabrielle Chanel pose un geste sans précédent dans l’histoire de la mode et du parfum. À 38 ans, elle devient la première couturière à lancer une fragrance sous son propre nom. Plus d’un siècle plus tard, la maison Chanel réinvente l’écrin de son eau de toilette N°5, tout en conservant l’âme d’une création visionnaire.

Un parfum né d’une rupture avec les codes de l’époque

Le N°5 prend forme dans un flacon de laboratoire, carré et épuré. Sa ligne évoque la flasque de whisky de Boy Capel, le grand amour de Gabrielle Chanel. Ce choix formel tranche avec les flacons alambiqués typiques des années 1920.

Gabrielle Chanel qualifie elle-même ce parfum d’« artificiel », construit comme une robe. Ainsi, elle fait appel à Ernest Beaux, parfumeur des tsars, pour diriger la création. Le résultat est une fragrance abstraite, sans fleur identifiable, portée par des aldéhydes utilisées pour la première fois dans la parfumerie fine.

Olivier Polge, parfumeur créateur de la maison depuis 2015, décrit cette essence comme « opulente, mystérieuse, élaborée autour d’un bouquet de fleurs sans qu’aucune ne soit vraiment identifiable ». De plus, il souligne que l’usage des aldéhydes, ces molécules chimiques rehaussant les ingrédients naturels, fut « incroyablement moderne ».

L’eau de toilette, une naissance à part entière

Trois ans après l’extrait, en 1924, Coco Chanel et Ernest Beaux présentent le N°5 sous la forme d’une eau de toilette. Dès sa création, ce flacon possède son propre design, déjà profondément moderne. Il ne reprend pas la forme de l’extrait, qui deviendra l’icône absolue avec son modèle carré et son cabochon facetté rappelant un diamant taillé, proche de la géométrie de la place Vendôme.

Le flacon de l’eau de toilette est, lui, arrondi et rehaussé d’un bouchon orné d’un camélia. Sa silhouette évolue en 1960 pour se rapprocher du contenant actuel. Une modernisation complète intervient ensuite en 2007.

« Notre souhait était de retrouver le dessin originel et rectangulaire du flacon de l’eau de toilette », souffle Sylvie Legastelois, directrice de la création packaging et de l’identité graphique Parfums.

Un nouvel écrin pour une signature immuable

En 2026, l’eau de toilette N°5 est révélée dans un nouvel écrin. La signature olfactive reste identique : une version plus légère et boisée du N°5, avec en tête d’affiche le vétiver et le santal.

Les codes historiques sont conservés. Pourtant, des éléments de modernité viennent enrichir l’ensemble : un vaporisateur repensé, un bouchon aimanté et un rectangle plus compact, répondant à la gestuelle contemporaine de la haute parfumerie.

  • Flacon rectangulaire revisité pour retrouver le dessin originel de 1924
  • Signature olfactive boisée autour du vétiver et du santal
  • Vaporisateur repensé pour un geste plus précis
  • Bouchon aimanté, détail pratique et moderne
  • Rectangle plus compact, pensé pour un usage contemporain

Ainsi, la maison parvient à faire dialoguer l’histoire et le présent dans un seul objet. Par conséquent, ce flacon 2026 s’inscrit dans une longue lignée de refontes respectueuses, de 1924 à aujourd’hui.

Des visages qui traversent le temps

En parallèle, les égéries qui incarnent le N°5 se succèdent décennie après décennie. Catherine Deneuve, Candice Bergen, Ali MacGraw, Lauren Hutton, Carole Bouquet, Nicole Kidman, Audrey Tautou, Gisele Bündchen, Marion Cotillard et même Brad Pitt ont porté cette fragrance devant les objectifs.

Désormais, c’est Margot Robbie qui prend la relève. Elle propulse dans le temps une eau immuable, renforçant ainsi la capacité de Chanel à rester contemporaine sans jamais trahir son héritage.

Un siècle de vision, des traits toujours frais

De l’arrondi au bouchon orné d’un camélia : trois fioles jalonnent l’histoire du flacon de l’eau de toilette, de 1924 à 2007. Chacune reste fidèle à l’esprit du célèbre parfum. Un siècle plus tard, ces traits visionnaires conservent toute leur fraîcheur.

La maison Chanel démontre, par cette évolution mesurée, qu’un parfum abstrait peut traverser les époques sans perdre son identité. En revanche, chaque refonte apporte une réponse précise aux usages de son temps. C’est cette rigueur qui fait du N°5 bien plus qu’un parfum : un objet de mémoire vivante.

Aussi, la trajectoire du flacon illustre une méthode propre à Chanel : évoluer sans rompre, moderniser sans effacer. Des aldéhydes de 1921 au bouchon aimanté de 2026, la ligne reste droite.