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«Le cheval est un archétype universel» : Pierre Hardy dévoile sa vision de la haute joaillerie Hermès

«Le cheval est un archétype universel» : Pierre Hardy dévoile sa vision de la haute joaillerie Hermès

En marge de la Fashion Week haute couture automne-hiver 2026-2027, les grandes maisons joaillières ont dévoilé des créations qui tiennent autant du geste artisanal que de la vision artistique. Cette saison, la haute joaillerie repousse ses propres limites avec des chiffres vertigineux, des pierres rarissimes et des récits intimes qui se lisent pierre après pierre.

Des pierres qui racontent le monde : voyages et territoires en bijoux de haute joaillerie

Messika pose ses valises au Botswana pour ce nouveau chapitre de la collection Terres de Contrastes. La pièce maîtresse, baptisée Okavango Blue, réunit un diamant Fancy Deep Blue de 20,46 carats et plus de 500 diamants taille brillant pour un poids total de 139,21 carats. Ce diamant, découvert en 2018 dans la mine d’Orapa sous forme brute de 41,11 carats, est le plus grand et le plus rare jamais trouvé dans le pays, et c’est la première fois qu’il intègre une création de haute joaillerie.

Van Cleef & Arpels, de son côté, puise dans l’Égypte antique pour composer une fresque de 180 créations uniques. Scarabées précieux, fleurs de lotus et le plastron Beauté Légendaire – en or blanc et or jaune, orné d’un diamant jaune Fancy Vivid Yellow VVS2 taille coussin de 10,02 carats – incarnent cette épopée millénaire.

Hermès, par ailleurs, choisit le cheval comme fil conducteur. Pierre Hardy signe la collection Into the Horsescape, où chaque pièce oscille entre les grandes plaines et les récits mythologiques. La torque Centaure, son défi technique le plus ambitieux, porte deux sabots en jade noir sertis de diamants baguette.

« Le cheval est un archétype universel. C’est un animal mythique qui traverse pratiquement toutes les civilisations, toutes les cultures, jusque dans les peintures de Lascaux. C’est précisément cet imaginaire collectif, hors du temps, qui m’intéressait. » – Pierre Hardy

La nature comme source d’inspiration partagée en haute joaillerie

Chaumet, au 12, place Vendôme, traduit les saveurs en bijoux avec A Journey Through Nature. Le collier asymétrique Fleur de Vanille porte un diamant D FL de type IIa de 10,71 carats, parmi les plus purs au monde. Sa réalisation a nécessité plus de 1 350 heures de travail, car chaque relief de la gousse de vanille y est reproduit avec précision.

Graff, de son côté, libère douze papillons réalisés à partir des pierres précieuses les plus rares. Ces lépidoptères en broches jabot, transformables en pendentifs, s’inspirent de l’art, de l’architecture et des archives de la maison. Ils font partie des pièces de haute joaillerie les plus singulières de cette saison.

Le savoir-faire au cœur de chaque création : chiffres et prouesses techniques

Derrière chaque parure, des heures et des mains. Boucheron résume cet engagement à travers la collection Human Being : 14 000 heures de travail pour cinq parures conçues par Claire Choisne. Gouttes d’eau cristallisées, gravures glyptiques et micropeintures se dévoilent au fur et à mesure qu’on s’approche. La directrice artistique a d’abord interrogé l’intelligence artificielle sur la définition d’un collier, puis a choisi de placer l’être humain au centre de sa réponse.

Pomellato, avec la collection Stile Libero, affiche aussi des données saisissantes. Le collier Arabesque en or rose réunit 18 diamants taille rose-cut et 4 123 diamants taille brillant. Cette septième collection de haute joaillerie de la maison célèbre la liberté et la féminité, valeurs fondatrices depuis 1967, à travers 65 pièces aux couleurs vives et aux volumes affirmés.

Chez Tiffany & Co., les oiseaux imaginés en 1965 par Jean Schlumberger prennent une nouvelle forme avec Legendary Bird: The Sapphire Edition. Des colibris sertis de perles, de nacre, de diamants et de rubis entourent une fleur composée de doublets d’opale noire, couronnée d’un saphir non traité de 34,48 carats originaire de Madagascar.

Des pierres hors normes signées David Moriss, Harry Winston et De Beers

David Moriss place au centre du collier Riviera un saphir taille coussin non chauffé de 184,15 carats, originaire du Sri Lanka – le plus grand jamais serti dans une création de la maison. Cette pièce fait partie de Legacy of Colour : Volume II, une collection de douze créations uniques qui rassemble aussi des émeraudes colombiennes et des tourmalines Paraíba.

Harry Winston, de son côté, rend hommage à sa propre légende avec Talk to Me, Harry Winston. Parmi les pièces phares, on trouve un collier sublimé par une tourmaline Paraíba ovale de 29,09 carats et une rivière de diamants couronnée d’un saphir cabochon taille coussin de 65,61 carats. Marilyn Monroe chantait déjà « Talk to me, Harry Winston » dans Diamonds Are a Girl’s Best Friend en 1953.

De Beers enrichit sa collection Talisman, née en 2005, avec une nouvelle parure. Une manchette en or 18 carats sertie d’un diamant blanc central d’un carat et entourée de quatorze diamants bruts aux tonalités solaires dialogue avec une bague et une paire de boucles d’oreilles. Car ainsi, les brillants bruts conservent toute leur nature première.

  • Boucheron Human Being : 5 parures, 14 000 heures de travail, micropeintures et gravures glyptiques
  • Messika Okavango Blue : diamant Fancy Deep Blue de 20,46 carats, plus de 500 diamants, 139,21 carats au total
  • Pomellato Stile Libero : 65 pièces, 4 123 diamants taille brillant sur le seul collier Arabesque
  • Chaumet Fleur de Vanille : diamant D FL de type IIa de 10,71 carats, plus de 1 350 heures de travail
  • David Moriss Riviera : saphir taille coussin non chauffé de 184,15 carats
  • Tiffany Legendary Bird : saphir non traité de 34,48 carats originaire de Madagascar

Identités et héritages : quand les maisons se racontent à travers leurs bijoux

Chanel choisit de cristalliser la vie de Gabrielle Chanel dans Signes & Symboles. La collection de haute joaillerie rassemble 85 créations où les emblèmes de la fondatrice – le camélia, l’étoile, le soleil, le lion – se mêlent à des couleurs acidulées. La pièce maîtresse, le collier Lion en or blanc et or rose, porte un saphir taille octogonale de 20,66 carats et un diamant D Flawless taille triangle à pans coupés de 3,03 carats.

Fred célèbre ses 90 ans en intégrant, pour la première fois, son diamant jaune emblématique dans un collier transformable. Ce Soleil d’Or, acquis en 1977, dépasse les 100 carats et n’avait jamais quitté le patrimoine de la maison depuis cette date. Ainsi, quinze créations inspirées des paysages de la Riviera composent ce dernier chapitre dédié au fondateur Fred Samuel.

Bvlgari signe, de son côté, la collection Eclettica : 26 créations où les diamants jouent sur des structures ajourées et souples, inspirées de la sculpture, la peinture et l’architecture. L’or et les pierres précieuses forment des motifs fluides qui épousent le corps comme une seconde peau.

Dentelles, perles et Serti Vide : la poésie du geste artisanal

Buccellati rend hommage à Venise avec la collection Serenissima. La parure en or blanc et jaune, gravée à la main selon la technique du « rigato » et décorée d’un motif ajouré « nid d’abeille », s’impose déjà comme une pièce iconique de la haute joaillerie italienne.

Mikimoto, par ailleurs, fait dialoguer ses perles immaculées avec des diamants et des pierres aux couleurs hypnotiques dans la collection Éclat. Broches, bijoux de tête et colliers multi-rangs composent cet ensemble puisé dans les archives de la maison japonaise.

Repossi, enfin, joue sur le Serti Vide – emblème de la maison – pour treize nouvelles créations signées Gaia Repossi. Diamants et tourmalines taille poire semblent posés directement sur les doigts grâce à une structure invisible en or. La créatrice poursuit son exploration de la couleur avec des diamants fancy jaunes, roses et gris, prouvant que la haute joaillerie contemporaine sait aussi chuchoter là où d’autres proclament.