Menu
mode

« La haute couture, pourquoi pas » : Hermès dévoile les coulisses de sa première collection Couture

FreshMagazine - « La haute couture, pourquoi pas » : Hermès dévoile les coulisses de sa première collection Couture

La maison du Faubourg Saint-Honoré s’apprête à franchir un cap inédit dans son histoire. Hermès va présenter sa toute première collection de Haute Couture lors de la Semaine de la Haute Couture Printemps/Été 2027, et les enjeux de ce projet dépassent largement le simple exercice de style.

Un ancrage financier solide pour une ambition couture chez Hermès

Avant de parler de podiums, il faut regarder les chiffres. L’année dernière, Hermès a enregistré un chiffre d’affaires total de 16 milliards d’euros, en progression de +9 %. La catégorie vêtements et accessoires a, de son côté, généré 4,5 milliards d’euros de ventes, soit une hausse de +6 %, ce qui en fait le second pôle de la griffe derrière la maroquinerie-sellerie (7 milliards d’euros, +13 %).

Ces résultats montrent donc que la Maison dispose d’une assise commerciale réelle pour financer ce projet. Ainsi, la Haute Couture ne ressemble pas ici à un pari risqué, mais plutôt à une extension naturelle d’une dynamique déjà bien installée.

Par ailleurs, Hermès rassemble aujourd’hui 16 métiers distincts. Ajouter la Haute Couture à cet ensemble, c’est enrichir un savoir-faire déjà reconnu sur tous les continents.

Ce que révèle la stratégie de la Maison

Pour la griffe du Faubourg Saint-Honoré, entrer dans la Haute Couture ne vise pas à construire une notoriété supplémentaire. Son prêt-à-porter et sa maroquinerie remplissent déjà ce rôle depuis des décennies. L’objectif est, en revanche, d’offrir un nouveau niveau d’artisanat et d’exclusivité à une clientèle de collectionneurs et de VIC adeptes du sur-mesure.

Axel Dumas, gérant d’Hermès, avait lui-même résumé cette logique avec clarté début 2026, en confirmant le recrutement de couturières au sein d’ateliers parisiens dédiés et en confiant avoir « déjà vu des choses ».

« Ce qui nous intéresse dans la Haute Couture, c’est le savoir-faire. Nous avons déjà un niveau très, très élevé et une qualité de cuir incroyable donc nous nous sommes dit, la haute couture, pourquoi pas ? »

Cette déclaration place donc le geste artisanal au centre du projet, bien avant toute considération de prestige symbolique.

Janvier 2027 : le rendez-vous parisien à ne pas manquer

Selon une information de WWD, Hermès fera partie des maisons invitées à défiler lors de la Semaine de la Haute Couture Printemps/Été 2027. Cet événement se tiendra à Paris du lundi 25 au jeudi 28 janvier 2027. C’est donc dans quelques mois que la Maison lèvera le voile sur ce premier opus couture.

L’idée de cette entrée officielle sur les podiums Couture avait été évoquée pour la première fois fin 2024. De la réflexion à la réalisation, le chemin a donc été relativement court, car les ateliers et les équipes sont déjà en ordre de marche depuis le début de l’année 2026.

Nadège Vanhée et Léa Peckre, un binôme créatif pensé pour durer

Deux noms pilotent ce projet. D’abord, Nadège Vanhée, directrice de création du prêt-à-porter féminin d’Hermès depuis 2014, qui apporte une connaissance intime de l’ADN de la Maison. Ensuite, Léa Peckre, créatrice lauréate du Grand Prix du Festival international de mode et de photographie d’Hyères en 2011, recrutée spécialement pour développer cette ligne couture.

Ce duo a ainsi pour mission de traduire le minimalisme élégant de la griffe dans un format qui est, par nature, souvent plus spectaculaire et théâtral. C’est un exercice d’équilibre délicat, car il s’agit de rester fidèle à une signature tout en acceptant les codes propres à la Haute Couture.

De plus, l’un des défis techniques majeurs réside dans la capacité à hybrider le travail du flou – propre à la couture – avec l’expertise maroquinière historique de la Maison. Car c’est précisément cet alliage qui pourrait rendre la collection Hermès unique sur ce nouveau terrain.

Un défi technique autant qu’éditorial pour Hermès

La question du geste artisanal est centrale dans ce projet. Hermès possède une culture du cuir et de la sellerie qui n’a pas d’équivalent dans le monde de la mode. Intégrer ces techniques dans des vêtements de Haute Couture suppose donc d’inventer de nouveaux gestes, ou d’en adapter d’anciens à des matières et des silhouettes différentes.

Les ateliers parisiens dédiés, déjà actifs, accueillent des couturières recrutées pour ce projet spécifique. Cela montre qu’Hermès traite cette ligne comme une structure à part entière, avec ses propres ressources humaines et son propre espace de création.

Par conséquent, cette première collection ne ressemble pas à un test ou à une opération de communication ponctuelle. Elle s’inscrit dans une logique de long terme, portée par une Maison qui a pris le temps de construire les fondations avant de monter sur scène. Les amateurs de la griffe et les passionnés de Haute Couture attendent désormais janvier 2027 avec une curiosité bien légitime.