Ce dimanche 6 juillet 2026, sous la nef du Musée des arts déco à Paris, Hermès a frappé fort avec une collection de haute joaillerie qui ne ressemble à aucune autre. Quatre-vingt-dix pièces signées Pierre Hardy, directeur de création de la maison, ont révélé une vision singulière du bijou précieux, ancrée dans un imaginaire que le sellier cultive depuis ses origines.
Quatre-vingt-dix pièces autour du cheval : une ambition sans précédent
Ce soir-là, l’équitation n’était pas un simple décor. Elle était la matière même de chaque création présentée par Hermès. Pierre Hardy a puisé dans les archives de la maison pour concevoir des pièces d’une puissance créative rare, dont une manchette sellette en or jaune et titane satiné reprenant les formes d’une selle historique du XVIIIe siècle.
« J’ai voulu voyager dans l’imaginaire cavalier. »
Cette phrase de Pierre Hardy résume bien l’esprit de la collection. Car il ne s’agit pas simplement d’illustrer un thème. Il s’agit de le transformer en bijou, de le faire vivre dans la matière, avec la précision artisanale qui caractérise Hermès.
Ainsi, chaque pièce devient un objet de désir à part entière. La collection confirme que le sellier a désormais pleinement intégré les codes de la haute joaillerie, tout en leur imposant sa propre grammaire visuelle.
Un thème de prédilection travaillé avec cohérence
L’équitation est, pour Hermès, bien plus qu’un héritage marketing. C’est un fil conducteur créatif que Pierre Hardy exploite avec une liberté croissante. De collection en collection, la maison a su bâtir un langage joaillier reconnaissable, puissant et totalement singulier.
Par conséquent, cette nouvelle présentation ne surprend pas ceux qui suivent la maison. Elle les confirme dans leur intuition : Hermès n’imite personne dans ce domaine, et c’est précisément ce qui rend chaque nouveau dévoilement aussi attendu.
De 14 pièces en 2010 à 90 créations en 2026 : une trajectoire Hermès remarquable
Pour mesurer le chemin parcouru, il faut remonter seize ans en arrière. En 2010, Hermès faisait ses premiers pas en haute bijouterie avec seulement quatorze pièces mêlant or rose, jade noir et diamants. La maison avançait prudemment sur un territoire que d’autres occupaient depuis des décennies.
Depuis, le secteur de la haute joaillerie a profondément changé. Il s’est imposé comme un moteur de croissance majeur pour le luxe, avec une clientèle plus jeune, plus internationale et moins attachée aux codes traditionnels. Les acteurs se sont multipliés, les collections sont devenues plus ambitieuses.
Dans ce contexte, Hermès a prospéré de façon spectaculaire. Son chiffre d’affaires est passé de 2,5 milliards à 16 milliards d’euros, porté par ses sacs, ses chaînes en argent et ses rouges à lèvres. La joaillerie précieuse, elle, a suivi cette dynamique avec une identité de plus en plus affirmée.
Un sellier devenu acteur incontournable du bijou précieux
Ce que cette soirée au Musée des arts déco a démontré, c’est qu’Hermès ne joue plus dans la catégorie des nouveaux entrants. La maison s’est imposée avec ses propres règles. Elle ne cherche pas à concurrencer les joailliers historiques sur leur terrain, mais à occuper un espace qui lui est propre.
De plus, la cohérence thématique de la collection autour de l’équitation renforce cette singularité. Peu de maisons peuvent revendiquer un ancrage aussi fort entre leur ADN originel et leur production joaillière. C’est précisément ce lien qui donne aux créations d’Hermès leur force narrative.
Pierre Hardy incarne cette continuité depuis les premières heures. Son regard de directeur de création nourrit chaque collection d’une cohérence rare, et la présentation de ce soir en est la démonstration la plus aboutie à ce jour.
La haute joaillerie Hermès face à un marché en pleine mutation
Le marché de la haute joaillerie a changé de visage depuis 2010. Les clients d’aujourd’hui sont plus curieux, moins figés dans des habitudes d’achat. Ils cherchent une histoire, un point de vue, une créativité qui dépasse la seule valeur des pierres. En ce sens, l’approche d’Hermès répond parfaitement aux attentes d’une nouvelle génération d’amateurs de bijoux précieux.
Car la collection présentée ce dimanche ne se contente pas d’assembler des matières nobles. Elle raconte quelque chose. Chaque pièce porte en elle une référence, un geste artisanal, une intention claire. C’est cette dimension narrative qui distingue Hermès dans un paysage joaillier de plus en plus concurrentiel.
Ainsi, avec quatre-vingt-dix créations d’une telle densité créative, la maison envoie un signal fort à tout le secteur. Le sellier ne se contente plus d’imposer sa petite musique. Il joue désormais en plein orchestre, avec une partition entièrement originale signée Pierre Hardy.
Cette collection marque donc une étape décisive dans l’histoire joaillière d’Hermès. Elle prouve que seize ans de travail patient, de prises de risque créatives et de fidélité à un univers singulier peuvent produire quelque chose d’aussi puissant qu’un vrai coup de fouet.




