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J’ai testé le premier bateau de croisière Four Seasons à 21 000 € la suite

J'ai testé le premier bateau de croisière Four Seasons à 21 000 € la suite

Dépenser 21 000 euros pour une semaine en mer peut sembler vertigineux, mais le premier bateau de croisière Four Seasons attire précisément ceux qui n’auraient jamais mis les pieds sur un navire ordinaire. À bord du Four Seasons 1, la quasi-totalité des 195 passagers rencontrés confient la même chose : ils ne font pas de croisières, d’habitude.

Un tarif élevé pour une expérience pensée comme un superyacht privé

Le prix d’entrée pour une semaine à bord commence à 27 000 dollars par suite, soit environ 21 000 euros. Pour les plus fortunés, la suite Funnel, trois chambres réparties sur quatre niveaux, dépasse les 200 000 dollars la semaine. Ce positionnement tarifaire s’explique par des choix de conception très précis. Le navire mesure 679 pieds de long, compte 15 ponts et a coûté environ 330 millions de livres sterling à construire. Pourtant, il ne transporte que 195 passagers, ce qui garantit une densité humaine bien inférieure à celle des paquebots classiques.

Le ratio est d’un membre d’équipage pour un passager. Ce choix, directement inspiré des standards hôteliers de la marque, se ressent dans chaque interaction. Le design intérieur a été confié à Martin Brudnizki, designer hôtelier très en vue, et Prosper Assouline, connu pour ses livres d’art consacrés aux plus beaux établissements du monde, a également participé au projet.

La suite Seaview de milieu de gamme, à 710 pieds carrés, dispose d’une terrasse privée avec un lit de jour. La tête de lit en marqueterie inspirée des rayons du soleil, un meuble vitrine rempli d’objets marins et un téléviseur Bang & Olufsen monté au sol, qui devient transparent à l’arrêt pour ne pas obstruer la vue, composent un cadre que peu d’hôtels terrestres égalent.

Ce que le premier bateau de croisière Four Seasons propose concrètement à bord

Le navire compte 11 restaurants et bars, ce qui, sur 195 passagers, évite toute sensation d’attente ou de promiscuité. Parmi eux, le Terrasse propose une cuisine méditerranéenne côtière en bord de piscine, le Miuna offre un omakase japonais servi au comptoir, et le Sedna se consacre à une gastronomie créative plus élaborée. Des espaces plus détendus complètent l’offre : Le Salon, une salle de lecture animée chaque soir par de la musique live, le Horizon Lounge avec son grand bassin, et un bar à café baptisé Pistachio.

Le spa mérite une attention particulière. Il réunit sauna, bain de vapeur, bains froids, fontaines de glace et une chambre de cryothérapie. Le coach bien-être résident, Boban, anime des séances d’étirement matinales sur le pont et supervise les séances en chambre froide. La salle de relaxation propose des lits de jour face à de larges hublots donnant sur la mer.

  • Ratio d’un membre d’équipage pour un passager
  • 11 restaurants et bars pour 195 passagers
  • Suite de milieu de gamme à partir de 27 000 dollars la semaine
  • Stabilisateurs marins réduisant quasi totalement le roulis
  • Journée Marina avec piscine d’eau de mer, paddle, kayak et eFoils inclus

Pour les familles, le navire propose un club enfants, des défis quotidiens de construction en Lego et des tournois de tennis de table. La technologie marine embarquée inclut des stabilisateurs de dernière génération qui suppriment presque entièrement le tangage et le roulis, un argument décisif pour les passagers peu habitués à la mer.

La question des repas et des excursions, un modèle qui surprend

Contrairement à la plupart de ses concurrents directs, le premier bateau de croisière Four Seasons n’inclut dans son tarif que le petit-déjeuner, les en-cas et les boissons non alcoolisées du minibar. Tous les autres repas sont facturés séparément. Ben Trodd, directeur général de Marc-Henry Cruise Holdings, copropriétaire de Four Seasons Yachts, justifie ce choix par la liberté laissée aux passagers de décider au dernier moment où et quand ils souhaitent dîner, y compris à terre.

En pratique, ce modèle incite effectivement certains passagers à explorer les restaurants locaux lors des escales. Mais il peut aussi générer une addition finale inattendue pour ceux qui dînent chaque soir à bord.

Les excursions organisées suscitent des réactions plus mitigées. Une visite guidée de la ville d’Opatija, en Croatie, est proposée à 675 dollars par personne, un tarif jugé excessif par plusieurs passagers qui ont préféré organiser leurs propres sorties pour moitié prix. Une autre excursion vers l’île de Krk n’avait pas précisé à l’avance qu’elle impliquait une heure et demie de transfert en voiture dans chaque sens. Ce sont des ajustements que la marque devra corriger sur les prochaines rotations.

Le premier bateau de croisière Four Seasons face à ses concurrents de luxe

Four Seasons n’est pas la première enseigne hôtelière à se lancer en mer. Ritz-Carlton a mis à l’eau trois navires depuis 2022. Aman prévoit de lancer le sien en 2027. Ce marché de niche attire donc les grandes marques de l’hôtellerie de prestige, chacune cherchant à transposer son ADN sur l’eau.

Environ un tiers de l’équipage du Four Seasons 1 vient directement de chez Ritz-Carlton. Ceux qui ont effectué ce transfert indiquent que les deux employeurs sont appréciés, mais que Four Seasons propose une rémunération supérieure. Ce détail dit quelque chose sur la stratégie de recrutement et sur l’ambition de la marque de s’imposer rapidement comme la référence du secteur.

La clientèle à bord mélange des habitués des hôtels Four Seasons, des croisiéristes expérimentés en quête d’un niveau supérieur et des néophytes fortunés qui n’appartiennent à aucune de ces deux catégories. Doug, retraité de Chicago, résume bien l’état d’esprit général : il avait fait quatre croisières cette année, dont une sur un Ritz-Carlton qu’il avait beaucoup aimé, mais il considère ce premier bateau de croisière Four Seasons comme un cran au-dessus. Ce positionnement, entre l’intimité d’un yacht privé et le confort d’un grand hôtel, constitue précisément la promesse de ce navire pour ceux qui hésitent encore à franchir le pas.